‹ AustricheChapitre 49 sur 179 · EMPEREUR ET S · texte numérisé non relu

EMPEREUR ET S

point de temps à se rendre à Vienne, la présence d'un ambassadeur do sa part éUiui nt'ressaire ponr cimenter ruiiion qu^jlle %ful ôlahlir el ponr empêcher ïeiïvi des arliiices employés pour la traverser.

Ils seronl sans eiïi't si ce prince est véritablement persuadé qn«* sfm intén'^t demande qu'il vive désormais avec le Roi dans une [uirfaile uninn. 11 siiilaver jier.sévérance les sentiments qu'il a une fois embrassés, el sa fermeté k les soutenir va souvent jusqu'à l'npiniAtreté. Elle osl fondée sur Tnpinion qu'il a que personne ne pense mieux que lui sur les affaires les ptus importantes ; il y donne toute son application, et sans être touché d'aucun des plaisirs el des amusemenls qui occupoienl ses prédéreaspurs, il paroit qu'il n'a d'autre goût que celui d'augmenter sa puissance. Il regarde comme autant d'usurpalions faites sur lui les btats dont il n'est pas le maître, et la priviition de l'Espace rtde» Indj'.s lui cause rncore plus de prine qu'il n'a de satisfaction d*aToir ajouté la possession du royaume de Naples, celle du Mîlaïuiis el celle des Pays-Ras à la succession qu'il a recueillie de

pèreji.

Il commence loulefois à connoître (jue ses vues sur rEspajLiiie deviennent ciiiinériques; que la paix ayant séparé la dernière ligiie^ il n'est plus en étal de soutenir ses prétentions sur cette rounmne ; qu'il n'est pas même do l'intérêt de TEurope de les appuyer; et M*aisemhlablement il se seroit montré facile h traiter avec le roi d'Espa«,'ne isî la ronfiance qu'il a prise en quelques Italiens cl en quelques Espagnols attachés à sa fortune, iw [\>ùl jusqu'à présent détourné d'entrer en négociation avec le Roi

holique. Ils ont <'U le talent de lui persuader qu'ayant tout lié pour lui. il ne doit jamais les abaiidnmH'r, et qu'il est do non honneur de consener avec leurs intérêts ses prétentions sur rEspaj^ie .

(*elui d'entn? eux en qui rEm[H'reur prend encore le plus de runnance est le comte Stella, Njqiofitain', lîont k crédit s'esl

I. Le ootnUi 8tflla : ■ C«liii-ci enl «ans contredit, de tous l«g minislrps d« ma ^•AticNi et mhn» drt All«tiuind«, le plus accrédite. Il «»t ap)>uyë du comte d'AIgnuiil «ciijrvr <•! fiivor) ; tout If iuond4>, «nns exceptioD, le méaajie, à coin* par le pnnc« h^iigvur. On a heaii chercher en lui \es raÏAons qui engii(,'ent

aaccfitt. tMta ntUTRCor. birLOMAT. i. — il

LE COMTE nu LUC, Kl y.

relevo nprf'S avoir reçu qufiqiio altérai ion; ses niviciix no lin conlcstenl pas la (im-sse crespril. lui utlribuant d'ailleurs beaucoup fie défauts et i'atiaqiiant principaiemonl sur Tintért^t el sur la facilité h w. laisser séduire.

Les autres Espaj^nols et Italiens admis dîins le conseil d'Italie que l'EmpertMir a nouvellement foiiné' soûl l'archevéquo de Valence, le duc d'Ucejla. le marquis Loflraao, le marquis Romeo el le sieur Olinazzi, sénateur de Milan, ce dernier haï du comte Stella, mais toutefois assez agréable à l'Empereur et retrardc comme capable.

Ce conseil, indépendant des ministres allemands, est Tobjel de leur aversion, et les maximes de ces deux miiiistëres sont absolument opposées.

Les Allemands, considérant l'état présenl de la maison d" Autriche, répuisement des fmanres de l'Empereur, celui des paya héréditaires, la disposition des princes d'Allemagne et Tinlérêl de la relig;ion, désiroient la paix comme absolument nécessaire pour remédier aux maux qu'ils prévoyoiont si la guerre n'eùl pas élé terminée.

Les étrangers, surtout les Espagnols bannis de leur pays, sans autre ressource que les grâces qu'ils reçoivent de l'Empereur, frappés de leur état, ont toujours soubaité la conliiuiation de la guerre, comme l'unique moyen pour eux de conserver et leurs pensions el leur faveur auprès dr r-u prince,

La paix élant faite, les Allemands suivant les mêmes maximes désirent de hi con.server. ■

Les étrangers, au conlraîre, emploient toute sorte d'artifices pour la troubler, et Ton a remarqué en différentes occasions que

Aon mattre k Ini donner sa conflance. Sa ligure et sa physionomie sont des plus rebutantes. Il traite, pour l'orditinire, avec beaucoup de hauteur tous ceux qui ont affaire à lui. Il ne sitit ce qu'il dit dans aucune afTaire dont il parie. 8a marotte est de passer pour homme de i^ualité et çrand gueri'ier. Son premier métier était de conduire des mulets. Il deviat ensuite heiduque, qui est parmi les valets l'emploi le plus vil, el il parviut dans k> militaire saus trop savoir comment. 11 est généralement reconnu pour incapable et poltron; mais il est persuadé du codtrain. » — Mémoire concernant t'ttmbaisndf de ViennCy par le comte du Luc, 1717. Autriche, Mémoires, t. IH et Correspondance, t. CXX.

I. Ce consi-il, eutiéremt'nt com}K>sé d'Espagnols el d'Italiens, devait s'occuper du royaume de Naples, du Milanais et des Pays-Bas.

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