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LES PARTIS A L\ COUR DE VIENNE

PEmpcreur étoil pacifique avec les uns, et se laissoit ensuilo

Ienlrulner par h'S autres à fonmer de nom eaux projets do guorre. ilv^ derniers ont été très assidus auprès du sieur Sluiihope pendant le séjour qu'il a fait à Vienne. Ils fomloient de grandes espérances sur les vxliorlatioos el sur les offres que faisoll lo nouveau tninislre d'Angleterre pour engager l'Empereur k recommencA^r la guerre. Comme la eonquète de TEspagno en auroit êlé Tobjet. ils n'oublioicnt rien pour flatter ce prinre et pour lui persuader que la conjoncture étoit favoruble pour satisfaire son ambition.

Mais les ministres allemands fuil su lui représenter que le

irli dominant en Angleterre son^^eoitbieu moins aux inlérèts do

lia maison d'Autriche qu'à se venger de rcux qu'il venoit de faire

[dépouiller de leurs charges; que la guerre lui étant nécessaire

ïour conserver son crédit, it vouioit engager l'Empereur à la

renouveler» ce même parti se souciant pou des suites «[u'elle

auroil, el content s'il assuroit son autorité en excitant une guerre

qui meltroit entre les mains de ceux qui le composent, le com-

^Bfnandemenl «le toutes les forces du royaume et l'administration

^^ il»'s fonds puljlies: qu'il étoit au contraire de la prudence et do

l'inlérél de rEmj»ereur de réjiarer ses forées par la [taix; et

juiM]u'â préseul, il paroîl que ces rcpréscnlatioiis ont eu leur

Elle« sont conformes aux discours que le prince Eugène a tuft à Ilastadt et k liade, et te comte du Luc est témoin de la lière dont il s'en est expliqué. H connoîl aussi par lui-méu>e 1ère du prince Eugène; son crédit, con-sidérable àla cour Hcnno sous le règne de rompercur Josepli, mais fortement iqué après la mort de ne prince, est augmenté depuis la uégo- ^^ciation de Rasladt, et lorsque ses ennemis espéroient que ses ^pSd^rnières campagnes le diminueroienl. Il paroît persuadé que le maintien d'une bonne paix avec le Roi convient également nux inlérélfi île la maison d'Autriche et à ceux de la religion en ^—Allemagne. Que si l'Empereur veut s'agrandir el ne pas laisser ^Mk*« troupes oisives, il doit les occuper h faire ja guerre contre ^■c» Tur«!a; que c'est sur les Infidèles qu'il faut conquérir, exercer ^^à lutin dépens les officiers cl les soldats qui désirent cette guerre

idi

avec ardeur, enfin soulager les pays héréditaires en faisj les troupes impériales dans les provinces de l'einpire Otlomaii. Les autres ministres du TEmpereur, qu'on appelle de la Conférence, pensent sur cet article comme le prince Eugène, quoique souvent opposés à ses scnlimonls en d'autres affaires. Ces ministres sont : le prince Antoine de Lichtcnstein, autrefois gouverneur de TEmpereur et maintenant grand maître de sa maison \ — le prince de Trautson% — le comte de Starhemberg*, jjrésident de la chambre des finances, — le comte Philippe de Dielrichstein, grand écuyer, Irt-s bien auprès de l'Empereur. — le comte de Seileni, chancelier d'Auliiche, employé depuis longtemps dans les affaires, — le comte dUerberslein, \iceprésidenl au conseil de guerre, entièrement dépendant du prince Eugène, — le comte Sclm'ithorn, neveu de rélecleurchi Mayi^uce et vicu-chaucelier do !"Empire\ — le comte Zinzendorf ', qui

1. " Le prince Antoine de L)cbten<itein, grand-maitre de la maison, <jtii 4 é(< gouverneur d<* rErapcreur el qui l'a suivi dans tous ses voyages, est. par ta charge, à la t^le de tous les cunseila qui, }>our Tordinuire, doivent se tenir chez lui; mzit il R si bien fait qu'il n'est plus de rien, et que le prince Kuifène exerce le plus l>caa (le cette charge... Il ne paroit fiaa que le prince Antoine ait beaucoup de geme; il pasKe pour un primd menteur, mais ce n'est qu'en des fait* indifférents. » — Mimoire concamant l'amlasnatle de Vienne, par du Luc.

2. u Le prince de Trautaon... entre dans toutes les confèrenceB. Il me p»n>U un bonhomme, mais d'un génie assez l)ornë. Sa femme le gouverne, «i — llrmoin concernant l'ambassade de Vienne, par du Luc.

3. > L« comle de Starhemberg, jadis président de la Chambre, est de tout ti tire parti de tout. Je lr< tiens le plus capable de tous les ministres de cette couf'i mais il veut s'enrichir, quoiqu'il ait déjà des biens immcnsef^. C'est là son but principal. » — Mémoire coTicernanl l'amùassadc de Vienne, par du Luc.

4. L'électeur de Mnyence était arcliichancelier de l'Entpire. Il y avait un ritechancelier près de l'Empereur. « Le comte de Scbœnltorn... est le seul avec iKjUfl il est agréable de traiter; il est très poli, a beaucoup d'esprit et s'explique Ik* agre.iblement; mais il est accuse de beaucoup d'invidité pour le bien et de a'»""' pas un autre objet en tête... Sa famille a jadis incliné pour la France; elle est anjourd'bui une des plus élevées de TEmpirc. (.'ette même inclinaison revieadrwt « le Roi étoit en état ou en volonté de le combler de biens. •» — Métuotre coneemant l'ambassade de Vienne, par Du Luc.

1^. u Le comte de Zinzendorf est chancelier d'Autriche... Il a été employé ilsn* les pays étrangers et s'est fait une roulin<' de toutes les affaires, auuaal qii' *o^ tempérament a pu le ha permettre, Il est bonhomme; il voudroit faire pUistf» mais il ne finit rien. J'ai lieu de croire qu'il n'est pas parfaitement instruit. Il »"'* l'ancien esprit de sa cour. Son teroperam'Mil le porte a éluder toute conclusion* pour s'epurgncr de la fatigue et jouir uniquement de la vie qu'il aime el ddOl i^ fait usagw. Sa table est sans contredit la meilleure et la plus délicate de View» — Mémoire concernant l'ambassade de V tenue, par du Luc.

LA COUR DE VIENNE

sartage avnr. le comtf de Seilem roxercice do la rhfirgc do chancelier d'Atilriche et le comte de Windischgraetz'. présidi-iil Viu conseil aulique.

Comme le rnmle du Lucconnoîtra bientôt par lui-même leurs «!iimctëres ol que les relations de leurs (ulenls et de leurs défauts, litos dans un temps où la correspondance avec la cour do 'ienne étoil interrompue, ne peuvent être qu'imparfaites, il loroit inutile «le les dépeindre cl dangereux d'en faire des porlils peu rcssemblanls. C'est à l'ambassadeur de Sa Majesté à les Ini faire connoitre lorsqu'il sera sur les lieux et ipi'il en lura jugé par lui-même.

Il en Irouvera peut-être quelques-uns qui ne seroienl pas m nsensitdes aux nuirques île ronliance dont le Roi voudroil les honorer, surtout connoissant quj» Sa Majesté n'a pour objet que ~S.e maintien de la paix, ri que désormais elle désirera vérilabb'- «-nent de contribuer aux avantages particuliers de la maison ^'Autriche.

Autrefois nulle famille en Aliemagne n'étoit pins attacliée CBUX intérêts du Roi que celle de Schcenhorn. il, luinobstant les inds engagements que ceux qui la composent encore ont pris voo la cour de Vienne, il est impossible (ju'ils aient oublié les i>l»ligations qu'ils ont à Sa Majesté. Il y a des momens oii lo 'ircM'hancelier de VEmpire s'en souviendroit d'autant plus vivenicnt, qu'il n'est pas toujours content de la manière ddul. » Knqiereur le Imite. Le Hid.ne veut rien prnpnser aux ministres 'le r«« prince qui soit contre leur devoir, mais U\ comte do fSfhcenborn étant ministre de l'Empire et d'ailleurs coadjuteur ['le Bnmherg, il est à propos que le comte du Luc le ménage n•lictlli^^ement, évitant toutefois d'augmenter les soupçons ipio f^mpereur lui témoigne en plusieurs occasions.

Ce prince n'a laissé nul crédit à l'Impératrice sa mère'. Il a

L« conito d* \Vindi«chgnrti,... entre dans les conWrence» qui ont le

aitf rapport A l'Kmpire. C'est un homme féroce, d'une impolitesse extrême;

f <nt que ft'il ne tendit qtt'& lui, In juMicc seroit mieux rendue dsms !»

i" et !*»s affaires ne seroienf pn« éternelles comme elles le «nul.»

Wfiiirtire nncfrtinnt V amhatsadfi de Vienne. f»jir du Luc.

-^ Eleonoro-XIadeleine-Tliér^so do NeuhiJurL'. ti'ni.Mi'm.' fi-niitic tic l,i'0|iiilil. Klln I i7l9

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déclaré à l'Impératrice sa femme' qu'elle lui feroîl plaisir de ne 8(^ mêler d'aucune affaire; elle lui obéit ponctuollemonl.

I! lémoii^iit' beaucou|> de coullîmce pour T impératrice Amélie sa belle-sœur' et content de Tespril de celte princesse, il paroît qu'il lui parle et qu'il reçoit ses avis sur les plus imporlaiiles affaires.

Celle qui demande la principale attention de l'ambassadeur du Roi est la conservation de ta paix, et c'est â ce point que doivent tendre toutes ses démarches. Illllo sera le fondement (]« l'union nouvelle qu'il convient d'établir entre la maison de Franc4î et celle d'Autriche ; car il est certain que si la paix ne subsislo. on tnivailleroit vainement k former entre le Iloi et l'Empereur des liaisons aussi nécessaires h leur propre grandeur qu'elles le sont aux intérêts de la religion et au bonheur général de la chrétienté. Il faut donc veiller continuellement aux artifices que leurs ennemis communs emploieront pour troubler éetle bonne intelligence; éclaircir et écarter mutuellement tous les sujets de défiance; accomplir exactement do part et d'autre les conditions des traités et travailler de concert à pacifier le reste do l'Europe.

De tous les pays qu'elle renferme, il n'y en a point où les maximes du gouvernement varient plus souvent qu'eu Angloterrû : la feue reine de la Graude-Bretagife concourroil au maintien de la paix; à peine étoit-elle morte que le parti des whigs a prévalu k celui qui étoit sn|y'rieur sous le règne de celli' princesse, et les nouveaux ministres auglois, animés contre leurs prédécesseurs, ont soufflé de tous côtés le feu de la guerre avec plus de véhémence que les autres n'avoient employé de soins el de diligence à travailler au rétablissement du repo.s public.

Ainsi l'inclination pacitique du duc d'Hanovre, parvenu uu trône d'Angleterre, a cédé à la passion du parti auquel il s'est livré en recevant la couronne, et sa première démarche a él^ d'envoyer à Vienne le sieur Stanhope, qu'il venoit de faire secrétaire d'Etat, pour exciter TEmpereur à reprendre ses espérance»

1, KlUtibpth-Camliive de Rriinswick, née eu lUflt, mafi«-e à Charles VI en ^^^°•

2. Wilhelmine-Araélie de Brunswick, tille du Juc de Hanovre, née en 1B73, niarit« à Joseph l*r. Elle mourut en 042.

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