‹ AustricheChapitre 51 sur 179 · L'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

L'ANGLETERRE

sur TEspague, Tassurant que les secours de la GranJt^-Brotagin» IIP lui manqueroitTil pas s'il voiiloU encore faire valoir sus préteiilious par h>s armes.

Quoique ces instances n'aient pas eu le succès quo s'en étoit

promis lo négoriatour flatté de la confiance dont P^mpereur

J'avoit honoré on Espa|;n<\ îl y a cepondant lieu de croiro que

iU'8 ennemis de la paix ne seront pas n'hiilôs par colle premiî^re;

trnlalive; leur nombre n'est pus le plus grand, mais ils sont

[K'pandus de lous côtés : il s'en trouve en Hollande comme en

fleterre, et quoique cette république en général souhaite

lôur son intérêt le mainlîen de la paix,, plusieurs [larliculiers

Bouhaiteroient pour eux-mêmes, pour Faug^mi'ntation de leur

fortune et de leur crédit, de voir encore l'Europe ag^itée par de

nouvelles gueiTes.

IMusieurs princes d'Allemagrne se flatteroienl d'en profiter

I pour leur agrandissement; et, quelqtie avantage que le roi de

^icile' ait retiré de la paix, ii ne refiisrroit pas de reprendre les

les, s'il pouvoit, à cette occasion, confirmer les acquisitions

qu'il a faites par ses traités ou bien ajouter de nouveaux États

à ceux dont il est devenu maître.

La sincérité des inlenlions du Roi est si généralement connue

qu'il n'y a plus lieu de rabattre les déclamations que ses ennemis

ont tant de fois employées pour décrier la bonne foi de la France,

H r#*» invectives usées ne persuaileroirnl à qui que ce soil que

Sa Majesté ne veuille pas observer ponctuellemeni la paix. Ce ne

iBonl plus aussi les annes dont se servent ceux qui désirent le

lifenouvellement de la guerre; ils publient au contraire que le

n veut, à quelque prix que ce .soit consener la paix absolument

Tcssaire ii son royaume ; et sous une idée de foiblesse qu'ils

khent de répandre, ils s'elforrent de faire croire qu'on peut

liment tout demander à Sa Majesté, qu'elle accordera tout

)lalôt que de reprendre les armes.

Cette raison est une de c<'lles dont le sieur Slanhope s'est lem pour animer l'Kmpereur à profiter d'une conjoncture cju'il lui représcnloit comme heureuse pour faire valoir ses prétm-

I. Vïetor'Amiâitf duc d* Savoitf, roi de Sicile en rertu des traités d'Uuvcht.

m LE COMTE DF LUC. l7fS.

tions sur la monarchie d'Espagoe. Mais ce prince, coiiDôisf«!)t TéUi de ses forces, ne pouvoil être persuadé qnc par uuc assurance 'réelle et positive des secours que FAngieterre lui donneroit. Il n'a pas été satisfait des réponses du sieur Stanliope lorsqu'il a voulu savoir en détail ce qu'il pouvoit attendre de la part du roi de la Grande-Brelaja^e.

L'Empereur a même sujet d'être personnellement offensé des instances que le sieur Slanhope a faites avec peu de ménagement, pour obtenir en faveur du Roi son maître, conune électeur d*Hanovre^ la conser\'ation du rang dans le collège élecloral avaoït Télecteur de Bavière. Car il ne s'agit pas en cette occasion d'une affaire qui regarde l'Angleterre, mais d'une affaire particulière de l'Empire où le dernier des électeurs, élevé depuis peu d'années à cette dignité, prétend se servir de la considération que lui donne la couronne d'Angleterre pour obtenir une chose injuste et contraire à la disposition d'un traité sol^'niiel, qu'il a lui-même ratifié conmie électeur et prince de l'Empire. Il paroU en même temps qu'il ait voulu faire connoitre à l'Empereur qu'il n'éloil pas maître de rétablir à son préjudice l'électeur de Bavière dans le rang de premier électeur et de faire le même lori à l'électeur palatin, dont le roi d'Angleterre a pris en cette ocm- 8Îon les intérêts, de manière à faire croire qu'il porte ses Mies h se faire désormais considérer dans l'Empire comme le défenseur des princes qui auront sujet de se plaindre des entreprises de l'Empereur.

Ces nouveaux ennemis que lu maison d'Autriche voit s'élever contre elle, ri qui deviennent plu» dangereux à mesure que leur puissance augmente» seront attentifs à profiter des coiijoncluivs de s'enrichir à ses dépens, cl leur premier soin sera d'empêcher, autant qu'ils le pourront, qu'elle ne s'unisse parfaitement avec le Roi, prévoyant que celte intelligence sera le seul moyen de faire échouer leurs desseins. Comme il arrivera donc qu'ils mollronl tout en usage pour traverser cette union, il faut aussi que, do la part du Roi et de celle de lEmpcreur, rtilteution soit égale pour affermir l'amitié réciproque, et pour éclaircir tout sujet ou fl*' soupçons ou de plaintes ù mesure qu'il en naîtra quelqu'un do celLo espèce.

CONDITinNS DK L'ENTENTK.

i(* j»rcmi*^r pas h faire pour les haiiiiir. t'sL d'aiToniplir ponc-

»lueth'ment de purl vl d'aiiltc lus coinlitions dos doruii'is Irailrs, et sur ce fonderaenl de prendre des mesures justes el solides pour ajçir do concert h raveiiir.

^ Ces conditions ne sont jusqu'^ présent sujettes à auruno interpr<''lation; il s'ag^it d'exéruler les restitutions slipulres rériproquemenl : delà purl du Roi. relli-s des p!,(«'»'S que Sa Majesté n promis de rendre k l'Empereur et k TEmiiire; «le la part de l'Emperoar, celles des EU»ts de Haviere et W rétnMissemoul total de

Kcet électeur dans son rang, ses difçuités et ses pays héréditaires.

" Suivant les articles X" et XVII' du traité de Bade, eetle re-stiliition réciproque devoit être faite trente jours aprîjs l'échange de» ralificalions du traité; rélerteur de Baviiire devoit rendre eu

tmèmo temps la partie des Pays-Bas qu'il pnssédoit defiuis <juet- <jues années, en vertu de la cession que le Roi d'Espagne lui en avoit faite ', Les troupes haviiroises, sorties de cette partie des Pays-Bas, ont passé lo Rhin il y a déji'i longtemps, pour se rendre en Bavière. Mais l'électeur palatin, insislant h la cour de Vienne pour obtenir un équivalent du haut I''alaliuat\ déclare encore qu'il ne retirera le peu de troupes qu'il a dans le [lays el y dans la ville capitale, qu'après avoir obtenu la satisfaction qu'il demande et que l'Empereur lui a jusqu'à présent refusée. Car on

• prétend à Vienne que lorsque le haut Palatinat fui donné dans CPlU*. dernière guerre à l'électeur jtalatin, il no le re<;ul que pour en jouir aussi lon^'temps que l'état des affaires générales permel- Iroil qu'il piU le garder; qu'il promit par cette raison de le reniire MUS prétendre aucun dédommagement, si quelque jour cette

» restitution duvenoit nécessaire au bien de la paix. L'électeur palalin ne convient pas de cet engagement de sa part; mais la contost^ition ne regarde ni le Roi ni Félcctour do Bavière : il s'agit de l'exécution du traité de Bado, et comme

kl.

i. Par on traita du S ].invi«r 1712, Philippe V avait c«cl« à Max Emmanuel, b&tta «t proscrit, de la Fraace cl de l'Espagne, les Pays-Bas eapagnoli i d'ùidemnitc.

1, Ka 1706, r«lect«ur dtr Bavière, Max-Emmanuel, ayant ^t^ mtM a» dan Ae rSiBpir*, JoMph I" avait aurihuè à Jeaa-Guillaumo de Noubourg, ùloctour palatin, im Palatinat »up<?ri<<ur. L>e8 lrait«ft de Raitadt et do Bude le realilu^rcnt n l'élvcteur

— HMtt.T, II, 1Û8.

LE COMTE DU LI'C, 17<y.

l'Empfreur a pruiiiis ijiii^ l;i njKlituliun lolalc des Ktals appai uuiiL aux d<mx élcclours do Cologne ol de Ba\-it»re soroiL failo dans le terme limité pour Févacuiilion des lieux que Sa Majesté doil rendre h TEmperour eL à l'Empire, CC8 reslitulious de part l't »riiiitre doivent, pour ainsi dire, marcher d'un pas ♦'•gai.

C'est aussi par celle raison que le Roi ayant d«^jà rendu presque tous li's lieux et postes considérables que ses troupes occu poieut dans l'Empire, a fait savoir à l'Empereur que les places dfl Frîbourg, Brisach et Kehl no lui seroieat remises qu'à mesura que le traité s'cxéculeroit de sa pari à l'égard des resLilulions è faire k Télecteur de Bavière.

Los difQcultés sur ce sujet seront apparemment aplanies et loi conditions du traité accomplies avant que le comte du Luc arrivi! à Vienne. S'il reste encore quelque embarras, il parlera conformément k la ronnoissanee t[ne le Roi lui donne de ses intentions, d'autant plus équitables, que Sa Majesté no prétend qua l'exécution d'un traité qu'elle veut elle-même accomplir en loua] ses points.

Il y a lieu de croire qu'il ne sera plus question des inventaire^ à produire pour la restitution des nveubîes. artillerie et g<''néra Icmcnt de tous Ivs effets appartenant à l'électeur de Bavière spécifiée par l'article XV" du traité de Bade; car il parolt que, do- [uiis qut'lqne tenqis, ce jn'ince a farilité rnrcomplissement de ce article, comprenant rinlérôt qu'il a de ronlrcr promptement dam son pays, que le séjour des troupes impériales achève de ruiner Les ministres de l'Empereur ont de leur côté fiiil voir assez de justice dans la liquidation de ces inventaires.

Enfin l'électeur de Bavière, retournant dans ses Etats, croi qu'il est do son intérêt de ménager l'Empereur et pour le préscu et pour l'avenir, fondant sur ses liaisons avec ce prince ce qu'i peut faire et de plus agréable pour lui-même et de plus gram pour sa maison.

Le premier do ces deux objets a donné lieu k l'articlo XVIII du traité de Bade; l'électeur palatin souhaitant de conserver h haut Palalinat, Ilalloil alors l'électeur de Bavière de l'espéranca d'engager l'Empereur h faire un échange des Pays-Bas avec un€ partie de lu Bavière; TaHaire a été pendant quelque temps traitée

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