‹ AustricheChapitre 58 sur 179 · H. MANDAT · texte numérisé non relu

H. MANDAT

qu'elle veut observer ponctuellemeut ce qu'elle a promis, maintenir une intelligence paKaite avec l'Empereur, et qu'elle croit cette union également conforme aux intérêts de ce prince et de sa maison et au bien de la religion en Allemagne ; que Sa Majesté s'assure aussi que le prince Eugène se servira de la confiance que l'Empereur prend en ses conseils pour le confirmer dans les sentiments de paix et dans la pensée de rejeter toutes les propositions qui pourroient tendre au renouvellement de la guerre.

Comme il est nécessaire que le sieur Mandat ait accès auprès du prince Eugène et qu'il ne soit pas regardé à Vienne comme suspect, il sera porteur d'une lettre du sieur comte du Luc qui le mettra en état de parler d'affaires dans les occasions, soit au prince Eugène, soit aux autres ministres de l'Empereur, et dans ces mêmes occasions il leur fera connoître à tous sans affectation les véritables intentions du Roi soit pour l'exacte observation de la paix, soit pour l'établissement d'une parfaite intelligence entre Sa Majesté et TEmpereur.

Il s'attachera particulièrement à connoître le caractère de ces ministres, en sorte qu'il puisse en informer fidèlement le sieur comte du Luc à son arrivée à Vienne.

Il lui rendra compte aussi du crédit que les Espagnols retirés à Vienne ont présentement auprès de ce prince. On prétend qu'il est fort diminué, qu'ils lui sont présentement à charge et que le seul point d'honneur l'empêche d'abandonner des gens qui se sont sacrifiés pour lui.

Si les dispositions de l'Empereur à leur égard sont telles qu'on le rapporte, la paix entre ce prince et le roi d'Espagne en sera plus facile à faire. Ainsi le sieur Mandat doit avoir une extrême attention à découvrir la vérité sur ce sujet et à la faire savoir au sieur comte du Luc, en sorte qu'il puisse prendre les mesures qu'il jugera le plus convenables pour exécuter ponctuellement les ordres du Roi.

Il doit être fort attentif aux engagements que l'Empereur pourroit prendre en faveur des Vénitiens, car il peut arriver que ce prince, après avoir fait à la Porte des offices en leur faveur, se trouve obligé à prendre les armes, soit pour défendre

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