Dictionnaire histonque, nrlicie Louis XI
de I
CHARLES-QUINT, existence même do l'Étal français. Philippr le Beai
(s (le Maximilicn ol de Marie de Bourgogne, épousa, en 149G, Jeiuinc la Folle, hérilière des couronnes d'Espagne, el leur fils CharIcSf qui leur sucr/'da, réunit en ses mains fEspagne, Naples et la Sicile, les Pays-Bas, la Franche-Comté, les Indes. Il y joignit la rouronnf impériale. Charles -Quint possédait une partie de l'Europe, et visait à la monarchie universelle. Non spulrmenl il arrêtait la France, mais il l elreîgnait de taules [larts, et prétendait la ruiner. La Frunee chercha partout des alliés. Elle en trouva dans l'empire d'Allemagne, où les piinces, menacés dans leur indépendance, se lignèrent contre Charles- Quint. Les luttes religieuses s'ajouteront aux hittes juilitiques. Choi'lcs-Quint, qui prétendait établir son autorité sur l'Empire, prétendait y maintenir l'unité de la foi. Les princes qui adoptèrent la Réforme défendaient à la fois contre lui leur indépendance religieuse et leur indépendance politique. La France les soutint. Elle soulint les hahiUiuls des Pays-Bas qui se révoltaii'ut pour les mêmes motifs. Une nouvelle extension de la maison d'Autriche, qui se fit k cette époque, fournit à la France un nouveau moyen d'attaque contre celte maison et im nouvel allié.
Le frère de Charles-Quint, Ferdinand, régnail sur les Etats lléréilitâires de sa maison en Allemagne. En lo2G, il se lit élire roi de Bohème et roi d«' Hongrie. Par la Hongrie, ii tout hait aux Turcs, alors dans loul l'éclat dr leur puissance et dans fouir la force do leur offensive contre l'Europe chrétienne. Ha parurent devant Vienne en 1529 et en 1532; forcés de reculer, ils s'arrétërent en Hongrie, el devinrent pour l'Autriche une menace constante, pour la France un auxiliaire toujours prêt aux diversions.
Charles-Quint échoua dans ses desseins. Il laissa l'Empire divisé, une ligue redoutable formée contre lui, les Pays Bas méronlent.H, l'Espagn*' anViililic, la Fraucti menaçante i>l accrue des trois évêchés de Lorraine, acquis par elle pour avoir soutenu contre rompercur rindépendunce des princes d'Allemagne. H abdiqua en t856. La maison d'Autriche eut dès lors deux branche» : Tespagnole, avec l'Espagne, Naples et la Sicile, les pos-
INTRODUCTION
sessions italiennes, les Indes, la Franche-Coralé, les Pays-Bas; rallemaiule ou rautriehionuc iiropr^ment ilile, avec l'Alsace, lo8 pays hérédilaires, la Bohème^ la Ilougric et la couronne impériulo que des élections successives rendireul quasi hérédilidiv. Ces deux branches demeurant unies, elles menaçaient la France d'une ligue fonuidable. La politique française se proposa naturcllemenl de les diviser et de les alTaiblir.
La branche espagnole ùlait celle qui menaçait le plus direclomonL la France; c'étiiit celle aussi contre laquelle la Franco avnil le plus à prétendre. Poursuivie sous Henri IV, la lutte se continua sous Louis XIJI, Philippe II laissa l'Espagne très aiïaiblie ; Philippe III la vit constamment déchoir. Lorsque Philippe IV lui succéda on 1621, TEspagric ne semblait plus vraiment redoutable que par ses alliances. Ce fut de ce côté que Richelieu l'attaqua. La branche espagnole étant contenue et repoussée, il se tourna vers rullemandc. Il intervint dans la guerre intestine do rAJlemagne, et commença la grande lutte que MiiZiirin continua après lui contre les deux branches coalisées de la maison d'Autriche.
L'allemande cédn la première. Les traités signés en IGiSâ Munster et k Osuahruck, cl connus sous le nom de traités do Wostpbalie, consacrèrent les principes de la politique française à l'égard de l'Autriche et de TEmpire. Il se dégage de ces traités deux faits essentiels, dont les conséquences se déroulent pendant toute la période historique qu'embrasse ce recueil.
Les traités de Westphalie conféraient à la France les trois évôchés, Metz, Toul et Verdun, les landgraviats de Haute et de M Basse-Alsace, l'avouerie de Basse-Alsace ou préfeclure de naguenau. Les termes des lraité.s laissaient dans une certaine confusion les droits de souveraineté de la Franco sur ceux des territoires d'Alsace qui n'appartenaient pas à la maison d'Autriche. De là pour la France un moyen dont elle usera pour étendre sa souveraineté sur tous les territoires, seigneuries et villes du pays cédé; de là aussi pour rAulriche, qui, la "cession faite, vise aussitôt à la reprendre, un moyen do contester les droits du Roi, d'ébranler son autorité et d'attirer l'Enipiro dans sa cause, en soutenant contre la France les préloutions des princes allemands
LES TRAITÉS DK WESTPHAIJE. 8
qui sonl établis en Alsari' ou y possèdent des terres. La France, ivec une léuacilé exlièmc, poursui%T(i la réunion tolalc et rassimilation de ce pays. Les réclamations des princes do l'Empire contre ra])olilion des droits féodtiux, qui furent un dei» prétextes de la guerre do 1792, ne seront que le dernier épisode de ce procès séculaire.
Les traités de 1648 règlent l'organisation do rAllemagnc. Ils jvosenl le principe de la supériorité territoriale ou quasi souveraineté des princes, ils leur confèrent le droit d*alliancc» ils mettent fin ainsi aux vues ambitieuses de rAutriche qui tendaient à uiiilier l'Empire comme les Capétiens avnienl unifié la France. La France est garante de ces Imités, et cette j^arantie devient un de» fondements de sa politique. Il en résulte avec l'Autriche une nouvelle série de conOîts. On lit dans une instruction du commoDOoment du xvni* siècle ' :
Lors de la conclusion des traités de Westi)halie, ceux qui y eurent la principale part rcgardiVent comme un point essentiel à réquilîLre r[ il h balance en Europe, les privilcp^'^s et les droits que l'on procura au\ Princes cl Ktats de rErn[nre, el qui, lix;mt les droits de la cour dft Vienne, empôchoroienl à jamais que le corps germanique et cette cour, qui no pourroient agir (lue sur des jyrincipes et des înl«'réts communs, ne formassent uu seul et même corps, «[ui seroil en etfil devenu formidable à toutes les puissances de l'Europe. C'est aussi par cette raison que le feu Roi 01 depuis avec plusieurs Princes de l'Empïxv un ^^rand nombre do traités fondés principahunent sur la praranlio et la manutention dos traités de Westphalie, et que dans ceux que l'on conclut mâmc à présent, on y rappelle toujours les mômes traités comme une b;u>e nécessaire h la tranquillilt' [)ublique.
D'un nuire côté la cour de Vienne, génr-e par les bornes étroites ^e ce traité avoit mises à son autorité, a toujours cherché les moyens éluder l'effet, en alt«^rant l'esprit de ses stipulations par des inter- Halions conformes h .ses vues ; elle a protité ûv toutes les occasion.^ p«>ur par\'enir à ce but, et, obligée pendant les teui|»s de guerre à des snienls pour les Prinres do rEmpIre, tjuil lui iiuporle alors attaches à ses intérêts, plie sait se redimer di» tpjelque b'gère complaisance en donnant aux traités, aux constitutions do l'Empire H uiôm^ aux cnpitulations imp«'riales les atteintes les plus contraires aux droits du corps germanique.