‹ AustricheChapitre 67 sur 179 · L'EMPEREUR ET L'EMPIRE · texte numérisé non relu

L'EMPEREUR ET L'EMPIRE

rôl8, elle itait fie réilimer de quelque légère complaisance ou

donnant aux traités, aux conslilutions do l'Empire, vl même aux

capilulaticms impériales, les atteintes les plus coulraires aux

liroitH du corps germanique. Le rè^ue de l'empereur Léopold a

été fréquent en pareils exemples ; et il est vraisemblable que la

cour de Vienne, agissant sur les mAmes priucipes, anroil fait

depuis la conclusion du traité de Bade des profçrès considérahles

si I« romle de Schœnborn, vice-chancelier de l'Empire, et les

xiulres ministres de cette cour n'avoient pas voulu porter trop

loin l'aulorilé de l'Empereur et cesser d'observer toutes sortes

de ménagements; mais les diflicultés que ces ministres ont faites

de laisser jouir les princes de l'Empire du droit d'appel qu'ils

ont au tribunal de la Diète, les contraventions qui ont été faites

nux traités de Westphalie dans ce qui a regardé les tribunaux de

l'Empire, qui dévoient être mi-partis entre ceux des diiïérenles

religions, enlin le peu de justirt^ que l«'S protestants prétendent

Avoir U'ouvé dans le conseil auiique, ne leur eût pas permis de

idisvHÎmuler plus longtemps'. Les électeurs d'HanoNTe ot de Brandebourg se sont élevés les premiers et sr. sont mis à la tète du parti protestant. Ils ont présenté à la Dièle uu nombre considérable de griefs dont Us ont demandé la réparation do la tnanière qu'elle devoil être faite eu vertu dos traités de Wesljïhali©. La cour de Vienne a prétendu que l'examen se fît devant sa commission impériale h Rutisbonim '. Los protestants ont

,rogardé cette proposition comme monstrueuse et tendante à la

line de leur religion. ïls ont demandé qui^l'Empercur, confor-

lent aux traités de Westphalie, envoyât des commissions

[Çàrticulitres sur les lieux mêmes où il y avoit des griefs k

fax'parer. La cour do Vienne, ne pouvant éluder une stipulation lossi précise que celle des traités de Westphalie à cet égard,

t. h^» tnhunnux d'Empire, dont \es appels ôtniant portés à la Diète, et qui con-

'"•■'"fit lins ilifTérends entre les princRS et Etats de rAUemngne étaient : 1* la

itn{H>riiil«, établJA en 14!>5, cr^trnne commun du corps germanique, com-

tr" lu- membres noinra<ia par l'Kmpcreur, les clecteurâ ot les Btn(s; elle siégeait

r*txlftr ii«pui« 1690; — 2* lo Conseil auiique, nommti par l'Enipereur, déj>en-

> nt lie lui et siégeant auprès de lui.

: l'ur rtlAtt représente À t.i Diète pnr un commissaire cl un conooui-

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a demandé que préalablement les prolesUals retira»eel àè h Diète plusieur» mmiairas qu'Us r^ardoiaot «a effai eoBne le principal soutien de leur religion; el eoom» eelle coadilîm m

poovoil pas être admise, les griefs de religion ne sooi |iainl rép«ré«, et la cour da Vienne n'a encore pris aocane luiion.

L'exéeation récente de la sentence de Ibom*. qooîqiie gère à TEmpire. a encore augmenté lea alannea an parti fVQteslanl. et les embarras de la cour de Vienne ; eo aorte que Poti peut dire que c/est en effet une des plus grandes affaires ^ eeile cour puisse avoir à terminer.

Les diiïérentâ pjints que Ton vient de traiter ne que l'intérieur de l'Empiro. Mais comme les affaires du di ne peuvent manquer d'influer aussi sur les résolutions de la cour do Vienne, le sieur duc de Richelieu ne doit pas i^Bonsree qui s'est passé jusqu'à présent à cet égard.

La situation de la cour de Vienne par rapport à TAngletcrnt , est tellement relative aux affaires intérieures de l'Empire, qui ■ toucbenl particulièrement le roi de la Grande-Bretagne coranif " électeur de Hanovre, que l'on peut compter que, tant qar ces affaires ne seront pas terminées, et que d'ailleurs on ne donnera pas aux Anglois de justes défiances des intentions du Roi, lïsapereur trouvera toujours de la résistance de la part du roi d'Angleterre. Ces affaires se réduisent à deux principales : l'une esl celle des investitures de Brème et de VerJea ' que l'Eropereur a toujours refusé d'accorder sans des conditions très onéreasw. L'autre cM celle de la religion, qui influe supérieurement surb résolutions du roi d'Angleterre, électeur de Hanovre.

l. Les traités (l'OUva, oonelos en ift60 entre U Saède, U Polo^e. l'Autncht et le Bramlebotirg, établissaient l'Inde pendiuice de la Pnu«e duc&Ie tous la sout*raineté de l'électaur de Brandebourg. Un incident sQrreno â Thorn a«ititmi»'° qoeMion l."i yalidité de ces traites. Lorsque la France, la Prusse et l'.Vngl'i*''* Mgniraat, le 3 seplcmbre 1725, on traité d'alliance, il y fat ajoute an soliclt! ^9*** pour 1» garantie du traite d'Olira. — Voir J. Rocssrr : Iterueit liittoiiqve iftfith négociât iotu, mémoires el Irailéa depuis la paix ifVtrecht Jusqu'à ceUe if.lii^-lo-ChopelU, 1728-1755, t. IL p. 19;,

2. Le ducbû de Brème et la principauté de Verden, aoqiùi par ('«^lecteur u< Hanovre (roi d'Anjjleterre) en 171 î, du roi de Dau>*inark qui les arait comnu»*" la Saéde. La paix de Stockholm, en 1719, recoimut cette annexion.

L'EMPEREl R ET LA HOLLANDE.

!gariï (le la HollainU'. l'iiiïain' irOsfcndc ', qui est née

depuis quoique temps, jointe au sujet île méeonteiitcmeiit que

celle république a eu «les hauteurs exlmordiuuires de la cour de

^enne, et aux dilTérends que les détails île l'exécutiuii du traité

Barrioro' font naître chaque jour, peuvent faire juger que

iffirilement la confiance se rétabliroit entre celte cour et la

loi lande.

L'étahlissemenl du commerce des Indes h Oslende ayant fait kindre avec fondement aux Hollaiidois la perle h venir de leur unmoree des Indes, ils ont représenté que eel élahlissenient oit contraire au traité de Munster el au traité du la Barrière, li eon&rme le premier ; ils ont eu recours en même temps au li de la Gninde-Brelagne comme garant du traité do la Barrière, oonune intéressé d'ailleurs, pour les biens de ses sujets, k ce If» la Compagnie établie à Osleud»' neùt point Heu; ils ont en effol obtenu, en 172H, une déclaration du roi d'Angleterre portant qu'il regardoit rétablissement de la Compagnie d'Oslende comme un «les cas du traité de la Bairière. Les llnllandois ont ilemaiidé au Boi une dérlaraiion pareille, se fondant prtncipalemcDl 8ur le traité de Lu Haye, du 4 janvier 1717, qui stipule au nom du Boi la garantie de leurs possessions el droits ; mais Sa Majesté n'a pas cru pouvoir condescendre à ce que les lîollandois désiroient d'elle, parce |que sa garantie étnit restreinte, un article séparé du même traité, aux possessions el droits do République en Europe : en sorte que Sa Majesté s^est conmiée de faire écrire au sieur du Bourg, au mois d'octobre 1723, leltre dont elle fait joindre ici la copie, et qui contient en veur de la BépubHque les offices les plus forts et les plus pres- \. Comme ILmpereur ne peut pas supposer que les Hollanéoh intéressés aussi particulièrement qu'ils le sont au maintien 4e leur c-ommerce, ne prennent t'iiHu (|uelques mesures jMutr

1712. l'Ëmporeur accorda des leUres patentes pour rétaliltaseraent d'une kM du conuucrc« aux lodirv, 8ie^N<:inl A Ostciule. Les Compnguiesdes Indas, ft|j«M* mi boUnncimiM*, cruiKuntil la coix-urrcHCc, «"icitéreot leur» gouvernemontA èrvri "'ur la aii|>|ire6Biuu de la compa^ie d'Osteuiie.

S. i '^-i'<^c, ronclu de Li novembre 1715, ou raison ilos stipulattnns

4m traite» ij Ltmlit i|ui ikiuunicut aux Uoll.indais le droit de gm-nisOD dans uu Bomlir« de pUcee fortes des Pays-Buji autrichiens.

meltrc leur navigalioii duiis une enliëre sûreté, il nVsl pas possible que les ministres de ce prince ne bOÎent dans une sorte de peine el d'embarras, d'aulant plus considérable qu'ils counoi»sent les engagements de l'Angleterre et qu'ils ignorent muï dans lesquels le Roi pourroît être ou que Sa Majesté pourroil coutracter dans la suite sur celte affaire.

A l'égard du Nord, Ton n'ignore pas que du cûté de la Suèdfl, r£mpereur, peiné de n'avoir eu aucune pari aux derniers Iraitès du Nord ', a profité de la circonstance des cessions considérables que la couronne de Suède a été obligée de faire en celle occasion pour rattacher à ses intérêts, en lui laissant croire quo l'opposiliou que la cour de Vienne avoit paru avoir dans les temps précédents à la puissance de la Suède dans TEmpire, étoit cessée. D'un autre côlé. Ton sait rattonliou des ministres de l'Empereur à tenir la cour de Danemark dans une espèce de servituile qui ne lui permette pas de se livrer à d'autres întérèU. L'on est instruit aussi des efforts qu'ils ont faits pondant longtemps pour s'assurer contre les desseins du feu Czar'de l'iiDedc trois maniènrs : ou en formant une alliance avec ce prince, ou en assurant la couronne de Pologne après la mort du roi Auguste au prince électoral, son fils, ou à tout autre prince sur les intentions de qui ils pussent compter dans tous les temps, ou eniiu eu fomentant les divisions naissafites entre le Czar el la Porte pour pouvoir mettre en même temps hors d'état de lui nuire les deux puissances qu'ils croyoient devoir regarder comme Ibs ennemis naturels de leur mjiître ; ainsi il est k présumer que la mort du Czar, qui vient d'an'iver, a été regardée par la cour de Vienne comme un événenient heureu.\ pour elle.

L'on ne pounoiroit qu'imparfaitement^ l'instruction du siour duc de Richelieu si, après avoir donné une conuoissance général** de ce qui intéresse la cour do Vienne, ou un lui domioil pas de

i. Charles XII ayant ét^ tuë en dëcembra 1718 au »iège de Friedrich aball* ' sœur L'Irique-RIéonore lui succéda : son époux, Frédéric I"*'. de la maison de Ile*^ lui fut associé t-a iliO, el lui succéda en 1721. Sur la médiation de U Franc»-, paix avait élc conclue entre la Suéde et le Hanovre le 28 novembre 1719: cntr* 8uèd« el h\ Pnisifo le 21 janvier 1720; entre In Suède et le Danemark le 3 juin entre l.i Siiédr et la Russie ]»• 30 noût 1721.

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