‹ AustricheChapitre 71 sur 179 · L'AUTRICHE ET LA RDSSIE · texte numérisé non relu

L'AUTRICHE ET LA RDSSIE

iM^e^ft'iléfi ne feroient peut -être quo rt'iulro los inlonlions du ^Boi ftuspecteB. surtout lorsqu'elles seroient truilécs avec un miniÂtr<? dont l^s disposilions porsonuclles ue sont pas assez connues pour juger de l'usage qu'il en feroit; eu sorte que le sieur duc de Rirhelieu doit seulement se borner à faire counoître eu giî'nt'ral au ministre de Su^de que les raisons naturelles d'union cl d'aniitié qui subsistent entre Sa Majesté et la couronne de Suède, porteront toujours le Hoi à désirer de lui faire sentir des effets de ses heureuses dispositions.

Si avant la mort du Czar le Roi avoit des raisons de croire que

ce prince pourroit avoir recours à l'Empereur, comme à un des

gmmnts du traité de Travendal ', pour procurer au duc de Ilolstoîn,

sou gendi'e, peut-être la restitution du duché do Sleswig, ilparoît

aussi vraisemblable à présent (jue la Czarine *, étant «lepuis ia mort

du ilstar déclarée impératrice, et ayant pour le duc de Llnlstein une

afTecliou particulière, cette princesse fera agir auprès de la cour

de Vienne non seulement par principe d'amitié pour le duc de

IloUleia, mais peut-être aussi par la nécessité de se ménager uu

appui dans un temps ou son autorité ne petit être encore que foi-

blo. Ainsi il sera nécessaire que le sieur duc de Richelieu observe

avec attention los démarches du ministre moscovite à Vienne et

qu'il fasse en sorte d'être instruit de ce qui pourra s'y passer à

cet égard.

Il est vraisemblable, à en juger par ce qui a été marqué précédemment de l'intérêt de la cour de Vienne relativement au feu Cxar. que l'Empereur profitera de l'événement de la mort de ce prince qui vient d'arriver, pour all'oiblir autant qu'il dé-

1. En 1700, Fr^di^ric IV, roi de Danemark, avait confirmé, par le traité de Tnivi^uilftl, la Rouvi.<ruiiieté «lu duc Frédéric do HoUtein-Goltorp. Li; ftU de ce duc, * ■<?, fut d'.<pouillé on 1713, et la p&rlîe la plus iniport&nte de ses biens,

1 du iSI<>8vig. Tut nttrilmôti nu roi de Danemark, nous la garantie de In

^i>'ïi,n«é, «U l'Auglf-terre et de la Suéde (traiti^ de Stockholm, 9 juin 1720/. Le duc de f^tHtorp, qui MiH)U]wi, eu 1723, l.'i pnncessc Anne, tille du czar F'ierre le Grand, ne ««•AA d» protïjater, L Empereur avait g^iiranli le lrajt*> de Travendal, et la déf^nau jàa% {>r<''i4«ulioii>f du duc de tloUorp était l'un dea article» du traite d'alliance qu'il ïiaii alorn avec la Russie et qui nbouùt au traite de 1726 : alli&nce entre la li», Iji S>U«id>» et l'tnipereur.— Voir Martans». Traités lie l'Autm/it; cl de lu HtiM^ii;

S. Ceuberine I'*, vduve de Pierre le Grand.

pendra de lui la puissiuice qu'il a laissée; et l'on j>oul ci que, dans celle vue, il prolitcra do deux moycus priucipaux : 1* eu inspirant à la couronne de Suède le dessein de prendre des mesures pour recouvrer les principales cessions qu'elle a été obligée de faire par le traité de Niustadt*; — 2* en suscitant, à celto occa.sion, hi Porte pour la porter h entrer dans quelque engagement de guerre avec la Czarine. Poul-êlre même quo pour soutenir les droits du jeune t'zarevitz, son neveu *, qu'il prétendra avoir été lésé par Télévation de la Czarine au troue, il cherchera à former un parti, soit dans le Sénat de Sainl- Pétersbourg, soit parmi les grands ou dans le militaire, pour, en donnant des sujets d'inquiétude à la Czarine sur le muinliou de son autorité, l'empêcher de prendre au dehors des mesures ou des engagements dont la cour de \'i(»nne pourroit craindre les suites. C'est sur ces différentes considérations que le sieur duc de Richelieu doit chercher les moyens de s'instruire des vues de cette cour pour en rendre compte à Sa Majesté qui ne peut être informée par trop de voies différentes d'un point qui mérite tant d'attention.

Comme il est important aussi que lo sieur duc de Richelieu soit instruit, au moins eu général, sur les affaires qui pourroicnt être remises sui* le tapis entre le Roi et l'Empereur, Sa Majesté a jugé à propos de lui faire part de ce qui s'est passé sur celles qui ont rapport aux derniers traités de paix et qui sont encore indécises, moins pour qu'il en "fasse usage de lui-même que pour êlro en éUit de ne rien dire qui puisse être contraire aux intentions et aux intérêts du Roi. Telles sont les choses qui ont rapport aux limites do l'Alsace et ceUes qui regardent les limites de Flandres.

A l'égard des premières lorsqu'après la conclusion des derniers traités entre le Roi d'une part et l'Empereur et l'Empire

1. Par le traita de Ninstarit (1721}, 1& Russie avait acquis la Lironie, l'Esthonie, ane partie de l'Ingrie et de la Kiolaotle.

2, Pierre Alesiévitch, pt*lit-fi!s de Pierre le Grand, fils d'Alexis cl de Charlotte de firunsw'ick. L'Empereur avait *»pousé Elisabeth-Caroline de Brunswick. Fierr« Alexiëvitch succéda en 1727 à Catherine I^* et mounit en 1730, Âgé de dix>M{i|

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