‹ AustricheChapitre 73 sur 179 · LIMITES DE FLANDRES · texte numérisé non relu

LIMITES DE FLANDRES

I traiter de ces affaires, le baron de Wordcn qui avoit Hé un lies conimi»8airL*s aux confùrcnces do Lille, cnlra en négocialion avec lui, mais sans aucun suocî»». Le prince Eugcne a tlrpuis, dans plusieurs occasions, lémoipné quelque empressement h ce que Ton terminai les afTaires des limites de Flandres, et Ton s'est conlenlé de répondre simplement qu'ausKilAl (jne les ministres de l'Empereur le désireroieul. il ne s'y Irouveroil nulle difficulté d(? la part de Sa Majesté. Le sieur duc de Richelieu n'aura point h traiter directement h Vienne de cette alfaire des limites de Flandres; mais il faudra qu'aussitôt que les mînisltes do l'Enqu-reur lui en parleront, il fasse connoUre que le Iloi, désirant de prévenir tout ce qui pourroil donner lieu à quelques méslnlelligcnces entre Sa Majesté et l'Empereur, elle verra avpc plaisir que ce prince Se porte h entrer dans les moyens de terminer des discussions dout la fin rencontrera d'autant moins d'obstacles qu'elle fiera moins différée; qu'en général l'on espî-re que ceux que TErape- H reur voudra charger de ses ordres à cet effet, agiront avec plus cl'c«pril de conciliation qu'ils n'ont fait dans les premiers temps; fjuc ce doit être naturellement le fruit dv la durée de la bonne intelligence qui subsiste entre les deux Etats; et que comme les intentions du Roi sont bonnes, il ne faut pas douter que I*Kmpereur n'y réponde par di-s dispositions pareilles. Du reste, le ftieur duc de Richelieu évitera d'entrer dans la discussion pariiçulit;rr des points qui sont tniités dans Ips six mémoires oi-joinls. en sorte qu'il ne donne point aux ministres do VEmficreur lieu d'espérer d'attirer h Vienne une négociation qui De peut être continuée f|ue par des commissaires de part et H'autrtv

Il reste à prévenir le duc de Richelieu sur la méthode que les

liiînistres allemands en général observent en traitant, et de celle

ic|u'il faut suivre avec eux. Accoutumés h avancer des faits dont

Ih r<innoîss*'nt souvent la fausseté, ils ne savent point rougit

oi"squ*en leur répondant ou leur fait voir qu'ils ont falsifié

jusqu'aux actes les plus authentiques et aux articles de traités

io» plus solennels, ainsi que le comte de Kœnigseck fit sur un

Licle des traités de Rastadt et de Bade concernant la restitution

de Mortagne ' au Roi, et que les ministres de TEmpereur firent eux-mêmes à Vienne en produisant au comte du Luc une déclaration du sieur Obrecht et une autre du sieur de Chamois sur les affaires d'Alsace dont ils avoient retranché une partie, sans doute pour induire le comte du Luc en erreur.

Obligés ensuite d'abandonner ce qu'on leur fait voir qu'ils ont soutenu sans fondement, ils savent retraiter plusieurs fois la même matière qu'ils ont abandonnée, comme si elle étoit absolument nouvelle, et qu'il n'en eût jamais été question. La seule manière de traiter avec eux est de s'armer de beaucoup de patience, de répondre par les mêmes raisons autant do fois qu'ils traitent la même matière, et surtout il faut avoir attention de ne laisser passer aucun trait de hauteur comme ils leur sont ordinaires : ils en tirent avantage lorsqu'on n'y a point répondu, et ils donnent après cela des réponses dures et même injurieuses pour des raisons.

Telle est la méthode que suivent les ministres allemands et même souvent ceux de la Cour de Vienne.

Rien n'est plus difficile à connoître et à démêler que les différentes intrigues et les cabales particulières de ces derniers, et comme elles changent souvent, le sieur duc de Richelieu, instruit de la situation actuelle de cette Cour, ne doit pas être moins attentif à s'instruire des variations qui peuvent y arriver.

Le prince Eugène que l'on peut avec raison regarder comme un de ceux qui a rendu le plus de services à l'Empereur, est devenu aussi le principal objet de la jalousie de tous les autres ministres; mais son crédit avoit paru tellement prédominant qu'il étoit difficile d'attaquer le prince Eugène directement, en sorte que le comte de ZinzendorfT qui s'étoit séparé de ses intérêts pour se lier avec ses ennemis : le marquis de Perlas et le comte Savaglia, Catalans, jugea n'avoir point d'autre parti à prendre que celui de faire naître des plaintes continuelles contre le marquis de Prié que le prince Eugène soutenoit. Le der-

1. Mortagne, département du Nord, sur la rive droite de l'Escaut, canton de Saint-Aniand, arrondissement de Valencicnnes. — L'article xx du traité de Bade du 7 septembre 1714, confirmant celui de Rasladt, restituait Mortagne à la France, à condition qu'on ne pourrait y élever des fortifications, ni faire des écluses.

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