‹ AustricheChapitre 74 sur 179 · LE PRINCE EUGÈNE · texte numérisé non relu

LE PRINCE EUGÈNE

nier voyage de l'Kmpfireur h Prafrwe où le prince Eugène n'alla point, fut une occasion favorable pour le comte de Zinzendoriï, et raffair»^ qui sumnt ensuite au comte de Bonneval avec le maris de Prié ' donna aux ennemis du prince Eugène dos moyens in'enir à leurs fins. D'un autre cAtô ils suggérèrent k TEm- ►crour le dessein d'envoyer une archiduchesse dans les Pays-Bas, el de Pantre ils firent passer au prince Eugène différents discours |tii lui firent croire que le comte de Bonneval étoil le plus grand inemi qu'il eût. Le prince Eugène, trompé par ces fausses appu- ?iices, crut qu'en remettant à TEraporeur le gouvernement des *ays-Bas, ce prince refuseroil de recevoir sa démission, en sorto (ue par là il acquéreruit plus de crédit que jamais et pourroit isémont rendre inutiles les c^ibales de ses ennemis; mais l'Em- *reur ayant reçu la démission el ayant ensuite clé forcé, pour ainsi dire, par le prince Eugène, k signer la condamnation du ►mie do Bonneval, ce ministre s'est perdu par les moyens qu'il roil cru le devoir mettre k l'abri de tous les revers de la fi»rme ; en sorte que Ton doit regarder le prince Eugène comme un homme qui n'a plus pour lui auprès de son maître que le soutenir des services qu'il lui a rendus; et quoique Ton puisse ►ire que dans les délibérations importantes, son avis prévauroil sur celui des autres ministres, l'on ne doit cependant point •garder son canal comme un moyen de réussir auprès de TEmtreurdont il n'a pas la confiance ni l'amitié véritable. L'on peut pulomenl s'en servir utilement pour empocher les délibérations [iii pourroient tendre à la guerre, paire qu'on effet le jïrince lu|^vno ne la désire pas et qu'il paroit résolu de ne pas e.\poser réputation aux caprices de la fortune et aux hasards de giicrre. En général, les dispositions personnelles du princo jène poin* la France n'ont pas paru mauvai.«îes; il est poli, se int aiséiin'iii U des prévonlions dont il ne revient qu'aven

i. "Le comt« de fionnernl, ne eu 1675, débuta cLins I.i innrme Crançiuae, entra !dAO> rarméc, combattit »ou3 Catinnt, passa nu service de l'Ëinpereur arec le grado ia fti^ncrnl -major et «^rvit »ou« le priuc« Eupè-ne coutre la France. En 1720, il ida raiAon au tnurqui» de rri«j, gouverneur des Pays-Bas autrichieoi, d'dti >s in,juri<>ui contre la reine d'Espagne. Il fut condamné h la prison, partit, m tmt pachn, combattit rAutriche en 1739 et ui«

beaucoup de peine. Il a d'ailleurs une confiance enlièn» di comlesse de Badiani ' ; mais comme elle est exti'êmemenl int^ ressée et qu'*'lle a timassé de grands biens, il faudroil .haiiî doute, pour lui faire f.iire des démarches, la tenter par des objcU beaucoup plus considérables que ne seroit peut-être TutiliU qu on en retireroit.

Le comle de Zinzendoriï, second ministre de laCoufciviici*'. est agréable dans la conversalioii, fort spirituel et ne manqui' pas de talents en alîaires; mais il est regardi^ comme un homme plein d'amour-propre, de foiblesse et d'inégalité, peu sincère cl peu vrai dans les affaires, rempli de préventions et de jalousie contre la France. ontiL'romimt dévoué aux inlénMs du duc de Hijtsiein, dont on prétend qu'U reçoit uni* pension, et confiileiil des vues du duc de Lorraine.

Le comte de Stai^hemberg , troisième ministre de la Coûlérence, brouillé avec le prince Eugëne, méprisant les autres ministres, et no les ménageant pas, ne se môle presque plus que des affaires de finances dont il est char^^é; il passe pour un homme orgueilleux, dévot; il n'a nul crédit dans la Confércnor.

Le manpiis de Perlas, quatrième ministre de la Conférence. intimement lié avec U> comte de Ziiizx'ndorff, est peu capable datTaires, zélé pour le service de son maître qui a de la cm-

1, » Dame, écrivait l'agent anglais Saînt-Saphorin, pour laquelle il avait htwicoup d'atlachemenl. « Coxk, trad., IV, p. 3*8. — Du Bourg i^eril à c« sujet, <>»Bi sa relation du 13 Janvier 172S : « 11 (I« princt^ Engène) ne croit pas que M** !■ comtesse Badiani le gouverne, et il regard» comme une vraie calomnie tout ce qi se dit h ce sujet. A la vérité, à l'exception de ce qui est peraoïxnel pour lui, je w bien persuadtÇ qu*l évite avec soin de lui parler de la moindre affaire ; cette (Uni» évite la m4me chose de son côté ; mais elle dispose absoluroeui de tou» cent ijui travaillent avec ce prince, et par ce moyen elle fait tout ce quelle vtut f»»* paroître. La comtesse Badiani passe ici pour avoir de l'esprit, ailleurs elle pi;»»«R»>l tout au plus pour une cailtelle de quartier. Elle est intéressée au delU de cei]uOB peut dire; cette passion l'a rendue intrigante et assez habile dans ce mëti«r p*"' étr« parvenue à conserver la coutinnce du prince Eugène, »

2. En 1725, la Conférence se composait du prince Eugène, du comte de 7Âai*&àDn< du comle de Starhemberg et du marquis de Perlas. Quand il s'agis&ajt des nffaiw*''* l'Empire, on y admettait le comte de Windisgnetz, président du Conseil anliq"'' et le comte de Scbœnbom, vice-chancelier de l'Empire. Dans chaque Andin" <l'" ** traitait à la Conférence, le té/'àenrl/tire dans |y département duquel rentrait l'ïi'*'f* était admis,' il tenait registre de la délibération et en dressait la cottciusioQ *^"' forme de referai, qu'il présentait A l'Empereur pour le signer.

f.A rOtm DE VIENNE.

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fiance en lui, bonnèlt* hoinmo. pou solide dans ses projets, crai* gnant la guerrr plus qu'aucune autre chose, el cepeuilaul Taisanl «ouvenl par inca|»acilé ce qui peut y conduire le plus milurellenicnl; ennemi de la France et s'élanl pour ainsi dire lnujours alUché à faire manquer les affaires qui ont été sollicitées au nom du Rut.

Toiles sont les ronnoissanccs que l'on a jusqu'à présent sur lf« quatre ministres qui composent la Conférence; Ton n'y en admet point d'autres, excepté dans les cas où Ton y porte des affaire» de l'intérieur de. l'Empire; alors on y admet le comte de Wînilisgra'lz comme prési<lenl. du Conseil auli<]uc, et le comto lie Sclurnborn, comme vice-chancelier de rEmjiiro.

Le premier passe pour un hommo droit, rempli de probité et d'esprit de justice, mais portant quelquefois trop loin l'opinion qu'il a de la grandeur de son maître, et c'est par ce faible que le comto de Schœnhorn, dont il est d'ailleurs le plus grand ennemi, le fait entrer dans toutes les vues qu'il veut faire réussir.

Le r^mte de Schœnhorn, vice-chancelier de l'Kmpire, est un

[.homme d'esprit, fort poli, avec qui il est fort agréable de traiter,

1^ conduite qu'il a tenue dans la dernièro alîaire des investitures

m'a j»as pennis de croire que ses intentions fussent bonnes, et

autant que sa famille a eu autrefois d'attachement pour la France,

-autant puruit-il éloigné de ces sentiments. Le parti qu'il prit

de »'éli)if.aier de Vienne lorsqu'il vit que l'alTaire des investitures

[ne* tournoit pas comme il l'auroit désiré, lit jujj^er dès lors que

[son crédit n'éloit pas supérieur. Il a le plus nuitrihué à mettre

iea affaires de la religion au point de fermentation où elles sont.

|C'eftt une opinion presque générale que le conile de Scbœnborn

le résiste pas h la tentation de l'argent. Il est brouillé avec tous

\vn ministres, hors le prince Eug«>ne, sacriliant volontiers tout

pour donner an comte de ZiniendorlT des marques de son inimitié.

U a des espions chez tous les ministres, il est zélé partisan de la

dum palatine et dévoué aux intérêts du Czar qu'il a bien servi

idant longtemps.

Le ftieur duc de Richelieu doit encore observer que sur

pie affaire différente qui se porte à la Conférence, le réfé-

iH le département duquel elle est, y assiste, ot dresse

DE RICH£LTl

le résultat qui doit être si^é par TEinporeur, Ces référendôtn^T profitent aisément île la division qui règne entre les minislrcs pour augmenter leur autorité.

Le sieur Inscn, secrétaire de l'Empereur, parott avoir ass»»: do faveur auprès de son maître, mais il passe pour un hominc de peu de talents.

L'on ne parle point ici du Conseil espagnol parce que, pd effet, son influence dans les affaires est aussi légère à préîwnl qu'elle a été considérable autrefois ; mais le marquis de Perlas. que l'on doit regarder comme représentant lui seul tout ce Conseil, est, pour ainsi dire, le seul ministre qui soit écoulé l'I qui ait du crédit auprès de son maître; en sorte que l'on peut croire que les maximes des Espagnols de Vienne prévaudront, quoique ce Conseil soit sans crédit.

Outre ce que renferme cette instruction, l'intention de Sa Majesté est que tous ses anibassadem's et ministres nu dehors lui rapportent au retour de leurs emplois une relation exacte de ce qui s'y sera passé dans les négociations de Tétat du pays où ils auront servi; dos cérémonies qui s'y observent soii dans les audiences ou en taules autres rencontres; enfin de tout ce qui peut donner une connoissance particulière des lieux où ils auront été employés et des personnes avec qui ils auront négocié. Ainsi, indépendamment du compte que le duc de Rich»^ lieu rendra à Sa Majesté, tous les jours d'ordinaire régulièremrnl, de ce qui pourra avoir rapport à son service, il aura soin de préparer un mémoire de celte sorte pour le remettre à son retour entre les mains de Sa Majesté.

Fait à Marly, le 28 mars 1725.

SUPPLÉMENT A L'INSTRUCTION DU SIEUR DUC DE Rli'HKLIKU-

Deiix circonstances qui sont survenues et qui sont devenu* publiques depuis que le Roi a fait dresser ses premières instni lions, obligent Sa Majesté à faire remettre au sieur duc Richelieu ce nouveau mémoire.

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