LES INSTRUCTIONS AT XVIT« SIÈCLE
X*inslruction va droit au fait : les numéros des paragraphes
lieimeiit lieu <lo transitions. Lo lien est dans la jH-nséo, qui psl
forte, précise et claire, se suit et embrnsse sans peine tiiul d'oljjrts
divers parce qu'elle les rapparie toutes à un objet supérieur et
parfaitement délerminù : TinlériH bien entendu de la France
en toutes cea affaires. CVsl là tout le système, et comme il est
évident de soi, très fermement conçu dans Fesprit des gouvcr-
uant.H, ils jugent superflu de l'établir et de le dtnelopper «lans
une diftbcrtation savante. C'est le document le plus concret et le
plus nourri des faits qui se trouve dans ce recueil ; en le c;ompa-
it avec ceux qui fn fonnenl la lin, on verra tout ce que IVspril
jvstème et le goût de la dissertation ont gagné en un siècle
i. Celle étude est une des plus intéressantes parmi celles
que peuvent suggérer les pièces contenues daus ce volume.
Si rinstruction de Colbert est précise, elle est aussi 1res explicite ; on ne craint pas de dire les choses pai* le menu et mt^mo de les répéter. Le rédacteur ne se soucie point de cet art subtil et dangereux, qui, sous prétexte d*élégance et de belle littérature, raffine aux dépens de la précision et subtilise au détriment do la clarté. Commt' il sait cv qu'il vrul, il juge expédient de Texposer, éiD façon que nul ne puisse s'y méprendre. Il ne jout* pas au [klus fin avec l'agent qui reçoit riiistniction, il ne négocie pas avec son propre négociateur, et no lui dissimule pas sa propre pensée «ous le prétexte spécieux que l'agent, averti de la sorte, la laissera plus difficilement devin<'r aux autres. Voici, par ^^ exemple, lo paissage de l'instruction relatif h la reconnaissance ^H de l'Empereur. Colbert n'a point de caractère, il n'est qu'un agent ^B officieux; dans quelle mcHiire peut-il voir l'Empereur et ses ^^^MDlistros? On lui explique d'abord où en sont les choses :
^f L'Kmpereur fut conseillé à Francfort par ses ministres, sans doute pour plaire alors h ceux d'Espagne, d'omettre d^ donruT part an Iloi par une iHlre de son élévation à rKmpirn, selon la coulumf! observée de tout lerap», h laquelle aucun de ses prédécesseurs n'avoit e'nr.ore manqutS et celle considératior» a rlp caus»' t[no jusqu'ici on n'a •MJ aucun commerce avec ledit Empereur, ni avec ses ministres, la dignité du Roi ne l'ayant pu permettre. Voire même que, dans loa écriU publiés, Sa Majesté a évité di^ b< qualiUiT Empereur, couimo
INTRODUCTION
si elle no savoit pas qu'il y on eûl un au mondfi, et quand il a fallu n»!'oessairem*'nf en paiior, pII»^ a toujours iis6 de ces termes : la cour de Vienne,..
Ce n'est pas que ni l'une ni l'autre de ces raisons doive retenir le<iit sieur Golbert... de parler et traiter avec les ministres de TEmj)ereiir... Au contraire, on croit important qu'il dispose les choses adroitement à ce.s sortes d'entrevues, avec la dignité du Roi...; alln que lesdils ministres ne puissent pas publier un jour dans TAUemagnc qu'on ne les a informés de rien et que si on leur eût parlé et fait des propositions ^«quitables. la paix auroit été indubilabîemenl conclue; comme, d'autre côté, il nous sera avantageux, quoi qu'il arrive, de pouvoir dire avec fondement de vérité que Ton n'a rien omis pour jjorler les Impi^riaux h tm bon accommodement. Ledit sieur Colbert potirroil aussi, en un besoin, voir l'Empereur même, présupposé qu'on lui eût auparavant mis en main la lettre qu'il doit écrire à Sa Majesté ou qu'il eût certitude, par un duplicata j[u'on lui pourroit donner, qu'elle eût été rnvoyce, et le prétexte de ce duplicata seroit le doute que la première ne se fût égarée.
Toutes les nuances sont ici marquées avec un soin extrême; cepenJimt, à côté de ces prescriptions mînulieuse.s, l'ambaîisadeur reçoit les pouvoirs les plus étendus qui se puissent concevoir. C'est encore un caractère de lu diidomalie du temps, uue conséquence de la fermeté et do la clarLê des vues : on laisse d'autant plus d'initiative aux nég^oeialeurs que les principes de la négociation ont été mieux posés et plus fortement établis.
Le Roi attendra avec impatience de savoir quelle dernière réponse b'dit sieur Colbert aura pu tirer des Impériaux ; si eUe est tout à fait négative et (ju'il ne vuie nulle apparence d'espérer la paix, il pourra la rapporter lui-même ù Sa Majesté en la plus grande diligence qu'il lui sf'rti possible, car, en ce cas-là, le temps nous sera rher et il nous importe d'être tôt avertis : mais si ladite réponse est telle qu'on la peut souhaiter, et que ledit sieur Cdlbert voie jour à un bon et prompt accommodement, Sa Majesté laissii h s;ï prudence et à sa discrétion d<^ résoudre de conccri avi^e. [mlit marquis rie lu Fuente ', ce qu'il devra faire pour avancer cet ouvrage, soit d'aller luî-môme trouver le roi de Suède pour Tin former de ce qui s'est passé et tirer de lui les choses et les ordres dont ou aura besoin, soit d'aller on Prusse...