‹ AustricheChapitre 85 sur 179 · Frère cadet de 1 électeur de Bavière Charles-Albert · texte numérisé non relu

Frère cadet de 1 électeur de Bavière Charles-Albert

2. L'arcbevéque-électeur de Mayence était, de droit, archichancelier de l'Empire et préaident de la diète. II y avait auprès de l'Empereur un vice-chancelier.

LE COMTE C0L1.0RKD0. SCS

Tienne a su s'nltm'IuM*. Il est aujourd'hui orriip»^ avec pmi de «ligniU* ol <îe décenro par Je oomle i]i' Moslcli ', homme avaro, Hultour el bas courtisan du baron de Barlenstein qui, sans l'eslimor, lire avantage de sa dépendance j>our !e conduire dans ses tfooclious suivant les intérêts personnels et les volonl6s de TEmjjerour. On lui a donné pour adjoint, qui ne lardera pas à le dépouiller tout à fait, le roml»' (loilorei)o ', qui a eu plusieurs commissions, soit à la diMe, soit auprès de quelques princes de l'Ëmpiro. Il (jtoil destiné h être le premier commissaire de PKmjiereur pour le règlement des limilos el lorres enclavées de la Xorrtiiae. On n'esl jkis insiruil comme il a réussi dans ces divers «mplois ; mais il a une sorte de mérite avec lequel on est actuellement moralement sur de réussir à la cour de Vienne, c'est 4jii*avec un allachemeiil déclaré pour le référendaire, il est gendre <iu eonitr de Stnrhemhery. celui des principaux ministres qui a mi» le baron d«* Barlenslein en place.

L'électeur de Trêves lieuL un ministre à Vienne, nommé Karig, homme fort ordimiire qui se ]irndnit assez, sans avoir beaucoup d'affaires à traiter. Son maîlre, dans la deruitTe guerre, n'a pas donné lieu au Roi de faire ménager son Etat, el lorsqu'on Ira-

!. L« (Hiuilt* Jeau-Adulpbe do Melsch, cuuseiller inliiue aclut;! el vic«>-chauceli»r, fut nn 4|"n |i|éujpoi«>nliairos qui siguèranl lt« tritiu* ile Vienne de 1738.

2. L« cuoi(« RiMlulpbe-Juseph Culluredo, coaseiller à la clinacellerie de Bohême, el raroyé dtf Botiéoio près de la diète, vice-chancelier en i737, prince du Sainl- Rmpire eu 1763, On trouve dans k'S Mémoires d'Autriche, lome III, le portrait «uivbnl de ce pcrsonntigi', composa en 1736 : • Le comte CoUoredo e«l un homme d« treute-deux u trente-quatre »a%. La nature a mis des bornes lrê:t élruites ù M>n içriiie, «nuit il n'en met potol à hou ambition, quoique «an» aucune des qiinliti^s qui la pourroieut faire excuser. Il ne soit que fort peu de chose et cruit lienuroup •avoir; rnlflê a l'excès, suivaut toujours un mauvais conseil quand il te conseille lui-niéni«r. Il n'entre que trè.H Kuporflciellement duns les alTaires. Il ilobite quelques pkroaoa d» droit public «lu'il a mal retenueR o( qu'il placH mal n propos, et re^s'anle comme une oflensi- i|u'oo ose apporter de lueilleure^ raisons que Icn siennes. L« oomtc Culloredo est haut et fier également de sr^ noblesse, qui est une des raeillenrea du F'rioul, et du mérite de set ancêtres, qui ont rendu de (rrnnds services à U maison iœpt^rialo. Il hait les Frnjiçois parce qu'il a plus nouvent entendu dire à Vienne qu'il falloit les haïr que Ich ainu'r, et il port*" In vénération pour la grauileur autrichienne jiuqu'i't l'idoUtrie. Il n du bim, d est furt dissipi^ et aime leA lilaitin ot la mai^aiflaonce. Comme il est d'une assez jobe llpuro, il n donne dan» la g»lajU«rie ; mais le» dame» de Vienne lui ont trouvé si peu de talents que de mnn («mp» on prenoil la llbcrtif d'en rire assoie hauteiiiehl dnita les cou»|>u-

vailloit ù Texéculion dos préliminaires, il y jetoit de rembarras par ses difficultés et ses clameurs fondées sur ce qu'il prétendoit que son pays avoit été trop maltraité. Quoiqu'il eût été de tous les princes de TËmpire celui qui avoit marqué le plus d'animosité contre la France, le sieur marquis de Mire* poix ne marquera point ù son ministre que le Roi se souvienne dé cette conduite, Su Majesté ayant lieu de désirer que Ton pût ramener l'esprit de ce prince avec qui il seroit peut-être plus facile de s'accorder pour es qui lui appartient de contigu ou d'enclavé en Lorraine qu'avec les commissaires de l'Empereur.

L'ambassadeur du Roi entendra plus parler à Vienne du roi de Prusse que de tous les autres électeurs. On ne pourroit le défmir ni comme favorable, ni comme opposé à la cour de Vienne, si la discussion de Berg et Juliers, dans laquelle il doit présentement avoir reconnu que l'Empereur ne le favorisera pas dans toute l'étendue de ses vœux, ne le tenoit pas, pour la conjonction présente, aussi aliéné de la cour de Vienne qu'il Test sans doute de celle de France; peut-être avant que le sieur marquis de Mirepoix pût commencer l'exercice de son ministère, ce prince auroil-il varié plusieurs fois dans ses sentiments et dispositions à l'égard de l'Empereur. Toute l'instruction qu'il est possible de donner sur ce qui a rapport à lui à un ambassadeur du Roi allant à Vienne se réduit donc à le charger, comme sa Majesté fait, de tâcher de pénétrer si le ministère de Vienne ne s'étudie point à faire tomber entièrement sur Sa Majesté le démérite qu'elle et l'Empereur ont à partager également auprès du roi de Prusse, en conséquence de ce qui se projette sur Berg et Juliers. Il n'en doit pas résulter plus contre la cour de France que contre celle de Vienne, car si la première trouve en cela la satisfaction de remplir une sorte d'engagement qu'elle avoit contracté avec la maison palatine, celle de Vienne y trouvera ravantage]de s'assurer pour la pragmatique la garantie de cette maison. Le sieur marquis de Mirepoix sera exposé à des entretiens fastidieux du sieur de Brandt, envoyé de Prusse à Vienne, qui ne cessera de lui répéter que toute la succession de Berg et Juliers appartient à son maître. L'ambassadeur n'entrera avec

LE ROI DE PHUSHKv »7

w»t enYoyé ffans auruiif Hisciisaion Hii fond, et an renfermera à faire onteiidri'. s'il est possible, h ocl envoyé (|u*> le prince de Salzlmch étant héritier de l'éleotour palatin , la possession provi»oirp ne peut lui Aire disputée, et que d'ailleurs celte possession efit nrpotnpag^n^e de tant de "niodifirations, qu'elle ne peut faire aucnii tort aux droits du roi de Prusse.

Lu conduite des ministres du roi d'Angleterre, en mémo temps électeur de Hanovre, mérite Tnltention de l'ambassadeur de Sa Majesté. Si l'on ne consulte que les propos et les inspirations qui parlent tant de plusieurs ministres de l'Empereur à Vienne que du sieur dt> Schoierliiii; ici, ou devroit croire que l'Empereur et ce priuce ne sont pas unis de cœur ni d'intérêts. Il sembleroil que Sa Majesté Impériale n'a rien aujourd'hui plus à cœur que de mettre le Roi en g-arde contre le dessein qu'il attribue aux Ang^lois d'empêcher Tunion de Leurs Majestés et contre tous les eflets que peut avoir le dépit où les jette la perte qu'ils viennent de faire de Finfluence et du crédit qu'ils ont eu alternativement et souvent loul k h fois, dans les cours de Fronce et de Vienne.

En elfel, on ne peut guère ne pas reconnoUre que la cour de Londres et le gouvernement des IVovinces-Unies ne sont pas conletils, en premier lieu, d'avoir vu les préliminaires arrêtés entre le Roi et l'Empereur sans leur parlicipation; en second lieu de ce que ces jiri'mii>res condllions de ta paix qui souÛVoient tant de difficultés el par leur nature et par leur défaut d'approbation de la part des deux couronnes alliées de la Francis aient été portées à leur parfait accomplissement par une négociation qui n'a eu d'autres inlervi'uuuts que Sa Majesté et Sa Majesté Impériale. Le roi «l'Angleterre et les Etats généraux ne sont pas accoutumés k voir de si grands intérêts su traiter et se concilier ftuns leur entremise. Ces deux puissances nuroient vu avec plaisir renaître des occasions de reprendre la balance des affaires de l'Europe.

Le R<ii n'a pas plus d'envie que l'Empereur n'en témoigne de leur ouvrir, ni même de leur laisser le champ libre h cet égard. Cependant Su Majesté croit imp*trtanl de s'assurer s'il n'y a point à Vienne quelque reste de pencliaut pour l'union avec ces doux

LK MARQUIS DE MIHEPOIX. I7:r

iniiss.ineos, si lo langage quo tient ici Je sieur SohmerlinjÊ rf'lui dv tous les ministres dr coite cour, enfin quelle confiaï ou y ilfiil -'ivoir. Le comte de ZinzendorlT, pendcial hi plus «.Tundo puilio du temps qu'u duré la négociation pour l'accomplissemeat des préliminaires et pour le traité détinilif, s'est expliqué si souvent df ta nécessité qu'il jugeoit à ne pas faire co traité sans rinlervenlion dos .Vnglois cl des lloilandois et sans leur y [ifisenler des articles ([ui assurassent leur» intéréte, qu'il peut rester quelque doute sur sa conversion personnelle en ce point. Il esl à la lêle du minislèro, et celui <jui conduit les uéjociîitioiis et les exjtéditions. Si ses sentiments n'avoienl jwinl changé, il pourrnit arriver que, malgré le crédit supérieur du sieur do liartenstein , le chancelier alToibliroit raltenlion de l'Empereur aux sujets que les Anglois et les ÎTolIandoii* lui ont donnés de s'éloigner d'eux et qu'il l'en rappnxhoroit peu h peu.

Le Roi souhaite fortement que la connoissance que le sicar marquis de Mirepoix lui donnera des véritables sentiments de U rour de Vienne sur n- qui viont d'être exposé, après qu'il ourîi apporté tous les soins dont il t-st capable aies découvrir, puisse bieulCit fixer la conduite de Sa Majesté avec les Anglois et les lloilandois, puisqu'il ne convicndroit pas à ses intérêts qu'cli*' leur minquAl plus d'indifférence que l'Empereur ne leur eli témoigneroit.

On peut croire jusqu'à présent que le sieur Robinson ' roloo*^ nera à Vienne reprendre les fonctions de ministre du roi d'A**" gleterre auprès de l'Empereur. C'est un homme qui a beauco^*! de connoissance des affaires générales, mais qui, dans la p**^ qu'il peut y avoir, ri'gk* sa conduite moins sur celle crjuiioissui**^ que sur les idées noires qu'il se forme, et qu'il voudroil înspîr^ à loul le monde ; mystérieux h l'exlrême. plutôt par hauleur <J^ par prudence, même avec les parties inléressét's dans les afTaii" où il a une part principale; ne pouvant soulîrir qu'il s'en ti"»-*'

I- M. Rubirison, «.'cuver, ruetiilipe du Pnrlemenl, aecrélaire (l'uru)>ii«$nd< Fr.'iDce, fut envoyé à Vieaiip, en la même qualité, pour y suivre les aifffociiLUi* coiDiuencées par lord \V:iltî}rrave. 11 j signa, en qualité de ministre d'Anglett"? le troilii du 22 juillel Hlit pntre TEniper^'ur et rKsiifigne.

M. IIOUINSDN.

witiH qu'on lui ni «Imiiii' ronimiinicalioii ; T'itiiisaiil loiilrs l<\s manœuvres de ri'sjiit>imag<' auprès soil des niinisUes de lu cour où il réside, soit de ceux de.s autres puissances qui s'y trouvimt; eulin nourrissant en lui une aversion d'e.spril el de cœur pour In France, quoiqu'il n'ait {mis eu lieu de s'en plaindre, lorsqu'il y éloit chargé des aii'aircs de sa cnur. Avec celle définition du sieur Hol»inson et l'exposition précédente «les seutinieiiLs du Uoi sur l'Angleterre, lo sieur mai'quis do Mirepoix so trouvera &ans doute assez instruit pour régler sa conduite avec co ministre do la Grande-Brcla^'^ue.

Celui des Etats généraux, le sieur Uamel Bruyniux, résident k Vienne depuis 11*0016 à trente-cinq ans, est d'un àg;o et d'uuc santé fort caducs ; il n'agit plus guère que [»our les choses les plus simples el les plus couranles. Supposant que le sieur Rohinson une fois revenu, el qui? les gouveniemenls d'Angleterre et de Hollande jugent avoir à produire en commun «les mémoires à lu cour de Vienne, TAnglois dirigera toujours le Hnllaudois, qui néanmoins est d'un caractère hieii iliiïérenl

Il semble aimer la paix el désirer conciliation el coin orde iMilre tout le monde «M sur toutes choses. A la vérilé, c'i'sL avec quelipie sensibilité qu'il voit ses maîtres écartés depuis deux ans de ce qui s'est traité entre le Roi el l'Empereur; mais il sera aisé h l'ambassadeur du Roi de rempérlierde moirrirpar ses rcltilions ramerlume qu'il peut y avoir là-dessus à la Haye. Vn procédé de politesse el d'atlontion avec ce vieillard, le soin de lui faire parvenir la connoissance de quelque chose qui se sera conclu, et de le melire en élat d'en informer sa ré[fublique un ordinaire plus tôl qu'il no feroit si on le lut laissoit apprtnïdre ou par le ininiHtère de l'ICnqM'reiir ou p:ir la vi»te publique, ie charuieront, pt il se fera un plaisir d'informer les Klals généraux des égards qu'on aura pour lui. H a été accoutumé h. une considération personnelle par le sieur duc de Rithelien. el conséquenimeriL il seroil plus mortifié si le sieur marquis de Mirepoix ne lui en luai'quoil pas. Les minisires de FEmpereur lui en conservent assez, el tout ce qu'il y a de ministres étrangers à Vienne de sa sphère ont pour lui une sorlc de vénération.

Ou n'a point eutendu dire que depuis te départ du comte de

LE MAHOl 1^ in: MIHEPOIX, I

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