‹ AustricheChapitre 88 sur 179 · I. Vionnp, lî^O, T. CCXLIL · texte numérisé non relu

I. Vionnp, lî^O, T. CCXLIL

3. Lu comte, plus tord princô de ICaunitz-Rietberg^, ne ea 1711; pléoipoteDtiaîre au congrus <rAix-l.vChapellc; amSassadeur en Franco de 1751 A 1753, pui« rapp«)» i Vienao ot nomtnii chimoolier de cour «t d'État, place qu'il oocupitit encore

1789. Il mourut en 17ni.

t82 M. BLONDEL, 1749.

doute que sur les premiers avis qu'on en aura eus à Vienne, cette cour n'ait jeté les yeux sur quelque autre sujet pour le charger de ses affaires à Paris jusqu'à l'arrivée de l'ambassadeur impérial. •

Dans ces. circonstances le Roi n'a pas cru devoir différer de faire partir le sieur Blondel, que Sa Majesté a nommé pour aller de sa part à Vienne et y être chargé de ses affaires avec la qtialité de son ministre, jusqu'à l'arrivée de l'ambassadeur que Sa Majesté se propose d'y envoyer. Les connoissances que le sieur Blondel a acquises sur les affaires d' Allemagne pendant qu'il a été chargé des affaires de Sa Maje&té.aux cours Palatine et de Mayence et pendant le séjour qu'il a fait à Francfort à l'occasion des deux dernières diètes d'élection, et la satisfaction que Sa. Majesté a eue de la conduite qu'il y a tenue, l'ont engagée à le préférer pour cette commission, dans la confiance qu'en s'attachant à se conformer à ce qu'elle va lui faire connoitre de ses intentions par cette instruction, il ne lui donnera que de nouveaux sujets d'être de plus en plus contente de ses services.

Sa Majesté lui fait remettre deux lettres de créance, une pour l'Empereur et l'autre pour l'Impératrice son épouse, reine de Hongrie et de Bohème; elles sont l'une et l'autre du cabinet de Sa Majesté et conformes pour le cérémonial à la réponse qu'elle a faite à la lettre de notification de l'Empereur sur son élection à la dignité impériale.

Le sieur Blondel se conformera aux usages de la cour de Vienne tant pour la notification de son arrivée aux ministres de cette cour et à ceux qui s'y trouvent de résidence de la part des princes et États étrangers, que pour la remise de ses lettres de créance et pour ses visites.

En général, il doit s'attacher à faire entendre que la paix qui a été conclue à Aix-la-Chapelle par les soins infatigables du Roi, doit désormais être la base du système que Sa Majesté veut suivre pour entretenir le repos et la tranquillité dans toute l'Europe, et que, dans cette vue. Sa Majesté est disposée, déterminée même, à entretenir l'union la plus cordiale avec la cour de Vienne. Il ne peut porter trop loin les assurances qu'il donnera de l'amitié de Sa Majesté pour l'Empereur et l'Impératrice. Il ne doit pas

RÉTABLISSEMENT DE LA Pi

0 nnlundre que Sa Majesté leur en donnera des preuves dans (oulos los occasions qui pourront s'en présenter, pourvu qu'on no veuille exiger rion d'elle qui soit contraire aux stipulations du Imité d'Aix-la-Chupellc.

. Le sieur Blondel donnera au reste son attention à se rendre Agréable par sa conduite et ses discours à leurs Majestés Impériales, à leurs ministres et aux autres personnes qui paroîlront honorées de leur confiance ou qui par leurs charges ou leurs emplois se trouveront h portée do les approcher et de les entretenir plus ou moins fréquemment; et il sera très réser>'é dans ses conversations avec toutes autres personnes ; ce qu'il devra ' même ohserver dans les lettres et relations qu'il adressera ici au nitûstco des affaires étrangères sur les dispositions personnelles de ceux qui paroissenl avoir le plus de représentation et de crédit dans cette cour, ctsiu'tout lorsqu'il se trouvera obligé de parler de Leurs Majestés Impériales et de ceux qu'elles honorent do leur confiance la plus intime. Cette discrétion n'est nullement incom{>atible avec la fidélité dont il ne doit jamais s'écarter dans les notions qu'il doit donner ici , de ce qui peut faire Juger des dispositions secrètes de cette cour par rapport aux objets qui peuvent intéresser la France. 11 sait qu'uî» do ses principaux devoirs dans la commission que Sa Majesté lui confie est d'exposer et rendre les choses dans la plus exacte vérité; mais qu'il est une façon de le foire plus ou moins ilésobligeanto, c'est à quoi il doit s'attacher lors même qu'il se servira de son chiffre.

III s'appliquera à démêler le caractère dos principaux ministres de l'Empereur el de l'Impératrice, leur crédit, le système do cette rour, si elle en a embrassé un délcrminémont par rapport à sa conduite el à ses négociations avec les autres principales puissances de l'Europe. Il examinera sur toutes choses de quel œil y seront désormais regardés les ministres des cours do Londres, IjE de Dresde, de Berlin et de Turin, et s'ils sont chargés do suivre H à cotte cour quelque alliance pour seconder les vues de Leurs HBbjeatés Impériales oo pour s'ossurcr de leur concours k des projet* d'union cl de confédération, sous prétexte de consolider la jwix et la tranfpiillité de l'Europe. Enfin le sieur Blondel ne

des accès faciles et

lali

négligera rien pour se ménagor acs accès laciies ei jonrnalieps auprèîs de ceux qui peuvent avoir dans celle cour quelque part au ministère et pour acquérir leur estime et leur confiance?, et il oe sauroit porter trop loin tous les égards pour la principale noblesse, et principalement pour le comte de Kcpnigseck', Ton des ministres de la ermft'rence, et pour le prince de Liehlenstein *, qui étoit ambassadeur de l'empereur Charles VI en France lors do la mort de cet empereur et dont le caractère do noblesse et de vérité a fait une juste impression sur Sa Majesté.

Le sieur lîlondel a connu par lui-même le comie de (joiloredo qui se Irouvo en possession de la cliarge de vice-chancelier de l'Empire à celte cour. Il sait que les fonctions de cet officier regardent principalement le conseil aulique, et qu'elles le mettent dans une sorle de dépendance de l'électeur de Maycnce, grand chancelier de l'Empire en Allemagne; il connolt aussi par luimême quels sont les principes de cet électeur par rapport à l'administration des affaires dans TEmpire, et qu'il no trouve rien de bon et de convenable pour les avantages du Corps geiTnaniquc que ce qui peut être conforme aux intérêts do la cour do Vienne etaccroilre sou autorilé dans l'Empire.

Le comte d'Uhlfeld * comme grand chancelier de Tlmpéralrice en sa qualité de reine de Hongrie et de Bohême» parott avoir actuellement la principale influence dans cette Cour sur les alï'aires politiques; c'est avec lui que traitent les ministres étrangers, et le sieur Blondel sera hienlAt en état de voir et de reconnoître si ses talens et ses qualités personnelles sont également considérés de l'Empereur et de l'Impératrice, et s'il rend une. entière justice aux sentiments de Sa Majesté pour le maintien de la paix, en sorte que Tiimbassadeur qu'elle enverra pour

1. Le comte de Kœaigseok, né eu 1673, (Us du vic«H)h:tnoelit>r àf '{ui mourut en 1691. Entri< dans l'armée, liouttiuaitt géitârnl, il fut nn r ru France en 1718, puis à Varsovie; dt^vint feld-innrécliul, ministre de la cuntcrenwr, vice-prèsideut du cuaâeil de guerre bous Charles VI, puis premier gouverueurdu la cour. Marie-Thérèse le nonuna grand-écujer. Il mourut en 1151.

2. Le prince Charles de Lichtenstein, né en 1696, l\putonant général, ambas«Ad«ur en France de 1738 à 1741, mort en 1772.

3. Le comte d'Uhlfeld succéda, en 1742, nu comte de Zinceadorf dans la ehu^ de chancelier de cour et d'État. Il avait ëtë nmbasendeur en Hollande et h Conitan» tinople.

La col'r de veenne.

r('sideranpres de Leurs Mojeslcs Iinpérialos puisse traiter amiablcmont avrc lui non seulement sur les affaires courantes comme celle» qui remanieront les iulérî^ls mutuels pour Jo commerce et la bonne correspondance entre les sujets do part et d'autre sur la frontiÎTo entre les pays limitro[>hcs, mais aussi sur ce qui pourra contribuer ii affermir et accroître la bonne intelligence et l'amitié entre Sa Majost»' ot Leurs Majestés Impériales, en sorte que celte union entre elles puisse servir à écarter tout ce que les ennemis de la paix pourroient tenter pour exciter do nouveaux troubles dans l'Europe.

Il s'en faut beaucoup que le baron de Bartenslein, qui avoil la coniiance do l'Empereur Charles YI pour la conduite de ses principales affaires soit dans l'Empire, soit avec les grandes puis-

ices de l'Europe, ait conservé le mémo crédit depuis la mort !e cet empereur; il paroît cependant qu'il a toujours continué d'être chargé dos principales expéditions en sa qualité de référendaire, et plusieurs écrits qui ont été répandus dans le public de la pari de la cour de Munich et de ses alliés dans l'Empire, tant avant que depuis l'élévation de Tépoux d<' la reine de Ilcmi^rie au trAne impérial, ont même attribué à ce référoudairo les résolutions ot les démarches de la cour de Vienne dans des circon-

ice» où l'on devoit croire que celle princesse ne hasardoit rien légèrement, et qu'elle se conduisoît par les avis de ceux de jes ministres qu'elle jugeoit avoir le plus d'expérience et de

jesttc. Le sieur Bloudel verra bierUôt par lui-même de quelle inffuence peuvent être présentement sur les alFaires dans cette cour les dispositions personnelles du baron de Barlenstein, et il se conduira en conséquence, ne perdant cependant aucune oecasion de lui marquer de restiiiio cl de la considération quand même il le Irouvcroit entièrement subordonné au comte d'Uhlfeld.

Il examinera quels sont les autres ministres le plus en faveur

en crédit, et s'ils sont accessililes à l'argent; et il n'omettra lint lie remarquer si la mAme jalousie subsiste toujours entre le RODscil de l'Empereur et celui de l'Impératrice; mais un des prcmiers soins du sieur Blondcl doit être de s'informer de l'état des troupes et des linances de celte cour.

M. BLONDEL, I74'j.

Il lAchera do pûnélrer, soit par lui-raêmt't soil jiar f^w dos minisLiBS élruiigui-s en qui il croira devoir pnjndre coofiance, quel est lanibassHdcur que la cour de Vienne duslioià rhonnourde rési^idcr auprès du Roi, et aussi dans quel temps cet ambassadeur se pro^K^sera de pailir pour se rendre ici:ol il n'omettra rien pour avoir, autant qu'il lui sera possible, de» notions exactes sur le caractère et les qualités personnelles du ministre que eette cour fera passer, en attendant, auprès de S« Majesté pour y suivre les alTaires jusqu'à l'arrivée de cet Amlw^sadenr.

Cuninio cet intérim ne sera vraisemblablement pas long» les affaires principales à Imiter entre Sa Majesté et Lcars Majestés Impériales pourront, selon toute apparence, être suspcaducs sans de grands inconvénients jusqu'à ce que l'arrivée des deux ambassadeurs à l*aris et à Vienne les mette eu étal de les Inùler par eux-mêmes. Ainsi le sieur Bioudel peul »e dispenser de prendre sur lui de faire aucune proposition ni ouverture par rapport à des objets sur lesquels il n'auroil pas été expressément autoiisé par des ordres du lloi, et il pourra, surtout dans les comraeneenents, se borner à recevoir les ouvertures qui pourrroîentloi èlît faites et à en rendre compte : ayant toujours devajU les yeui qu'il ne peut trop répéter aux ministres de la Cour de Vienne, et de même aux ministres étrangers de résidence à celte cour, qun le Roi n'ayant pour but que la tranquillité de l'Europe sur le foii' dément du traité de paix conclu à Aix-la-Chapelle, ne désire que de cimenter et perfectionner cet ouvrage en prévenant et écarUiut. de concert avec les autres grandes puissances, tout ce qui pourroit allumer de nouveau le feu de la guerre, et étant par cx)nséqueiil bien éloigTié de vouloir admellre aucune proposition qui pûl éU** contraire aux stipulations de ce traité, ou qui, sans s^en écarta directement, auroit néanmoins pour but quelque objet auqU il ne seroit guère possible «le parvenir autrement qu'en y el^ ployant la voie des armes. Sa Majesté n a pas jugé devoir ajoutfoi jusqu'à présent aux avis qui sont vt'uus de divers côtés d' traité conclu ou projeté à Hanovn- pendant le mois d'octobre d nier pour une aîlîance entre les cours de Londres, de Vienne de Pétersbourg, sous prétexte de maintenir la tranquillité dan

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