‹ AustricheChapitre 91 sur 179 · LA PRUSSE · texte numérisé non relu

LA PRUSSE

qu'il a faite de la Silésie et du comté de Glatz, conformément h Ift ^'aranlie qu'elle a fait stipuler dans le traité do paix; il le rassurera sur les inquiétudes outrées qu'il pourra peol-élre avoir prises sur les troubles dont le Nord paroît menacé depuis quelque temps ; il ne lui dissimulera point qu'il y a plus d'un an que le Roi y a fait la plus sérieuse attention, et que Sa Majesté a pris des mesures en conséquence, étant déterminée, au cas que ces troubles viennent à éclater, à mettre la Suède en état de se défendre ou de faire une diversion en faveur du roi de Prusse si ce prince étoit attaqué dans ses États ; mais il lui fera en même temps sentir que c'est à ce prince à prévenir cet orage, et qu'il le peut par une contenance et des discours qui soient capables d*en imposer.

C'est le sieur Keith\ qui est présentement chargé des affaires de lu cour de Londres à Vienne. Il a été secrétaire de légation du comte de Sandwich ù In Haye et à Rreda, d'où il a été envoyé à. la cour impériale; il prétond être de la même maison que le général Keith, frère du lord Maréchal*; il est assez franc; il a de l'esprit et du sens, et les façons assez nobles. Le sieur Blondel examinera quel degré de considération et de confiance on aura pour ce ministre à Vienne, et lui marquera toutes sortes d'attentions cl de politesses; il l'assurera que le Roi est très disposé à entretenir la plus parfaite union avec le roi de la Grande- Bretagne; il lui fera sentir que le ministère de Sa Majesté est convaincu que les intérêts dos deux nations, quoique différents, no sont pas incompatibles et que si le ministère de Londres n'a d'autres vues que d'entretenir la paix dans TRuropc, il lui sera facile de s'entendre avec le ministère de Sa Majesté.

Il y a longtemps que le comte de Canale réside h Vienne de de la part du Roi de Sardaigne; il y a épousé une dame de la maison de Paliî, et le sieur Bfondel peul, sans rien risquer, le (garder comme étant attaché par intérêt et par inclination à la

1. Sir Robert Keith, qui Tut plas tard envoyé en Russie, et revint à Vi«DQe ea !TTÎ.

S. 1.^ i;i<aifr.al James Keitb, né en 1696, 8«rvil en Eipftgoe et en Russie, puis en I Tt, tMi nSO, Md-niaroch;il prussirn ; frère de QfortftfM Kûith, mnrëctuil

II- ' d'ICcoase, ounnu sous lo nom d« milard Mnr^ehnl, ijui servit é(fAleateDl

h PruMO et fut mmiatrc de Fréd«ric II en France, en lliM,

H. BLONDEL, I74î>.

cour de Vienne; il a do l'esprit, mais on le croit pei la vérité et commo allant à ses fins par do» voies p< h la droiture; son avarice no contribue pas & le faire «stTiwr. Le sieur Blondel ne doit cependant pas éviter de lier avec lui un commerce de polilesse, et il peut même lui faire entendre, dans les occasions qu'il aura de Je voir, que le Roi a mi avec ao extrême déplaisir que la derniëre g'ucrre ail mis pendant s& durée une opposition d'intérêts entre Sa Majesté et le roi de Sardjûg-ne, par la protection que Sa Majesté étoit obligée d'accorder à ses alliés, et qu'elle est sincèrement disposée, depuis la conclusion de la paix, h s'intéresser à ses avantages, et à lui donner lieu de prendre, comme ci-devant une entière confiaace, dans l'amitié qu'elle a toujours conservée pour lui personnellement.

Le sieur Blondel est instruit du peu do satisfaction que Sa Majesté n eue de la conduite de la cour do Pélersbourç pendant la durée de la guerre, et il peut bien juger que tout ce qui se pasM actuellement de la part de cette cour pour inquiéter, de concert avec le Danemark, les Suédois, est un nouveau motif de refroidissement entre Sa Majesté et la Czarine. Sa Majesté est cependant persuadée que celle princesse conserve toujours de boiB sentiments pour la France nonobstant ja partialité que le chancelier Bestouchef •, son ministre de confiance Va engagée h, montrer contre Sa Majesté et ses alliés. Ainsi le sieur Blondel vivra poliment, mais très froidement avec le ministre de Russie h Vienne.

Il se conduira à l'égard de tous les autres ministres étrangers avec la polilesse et les égards que des personnes chargées de* afTaircs publiques se doivent mutuellement; il distinguera, ainsi qu'il est convenable, le nonce d« Pape et saura lui faire connoîlre par ses prévenances et ses atlentions que le Roi ne désire rien davantage que do contribuer h la satisfaction persouiifl"" de Sa Sainteté dans les choses qui pourront riutércsser et princi-

^ , Le comte Bestouchef, clianc«Uer de I'einpir« de Russie, |>artisiui de ]'AUi^<^ autrichienne. C'est Itii qui fit, en i7ii, renvoyer le marquis de la Chétardie, ci-d***"' ministre de Louis XV, qui revenait & Péterebourg poiu* j négocier un nfpTOOi^ ment.

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