‹ AustricheChapitre 96 sur 179 · CONFLIT D'ÉTIQUETTE AVEC LA RUSSIE · texte numérisé non relu

CONFLIT D'ÉTIQUETTE AVEC LA RUSSIE

mté do ia simple démonstrulion faite par le sieur Panin de TooToir lui fairo visilr. El comme après ce que les ministres de lusîiie ont fuit entendre do l'interruption do commerce qui |>ourroil en résulter entre eux et les minisires du Roi, il ne conrieudroil pas à la dignité de Sa Majesté que les siens par des prévenances h ceux do Russie s'exposassent a quelques mauvais krocédés de leur part, rinteulion du Roi est qu'en attendant u'on puisse voir plus eiair sur les dispositions do la cour de Pélersbourg à cet égard» ceux des ministres do Sa Majesté qui se trouveront soit par leur arrivée dans une cour étrangère ou par quelque autre raison dans le cas dn rendre la première visite à. ceux de Russie, se dispensent de les voir aulremonl qu'on lieu tiers, sans cependant leur marquer à cette occasion de Taigreur, ni m«^me de la froideur : observant lorsqu'ils rencontreront les ministres do cette cour, de leur faire politesse et de leur lémoi- (çncr, en termes gracii-ux et obligeants, que Sa Majesté ne désircroit que les occasions de donner à rimpératrico leur maîtresse des marques do son amitié, et de voir les ministres de part et d'autre commercer ensemble, ainsi qu'il convient entre puissances «mies; mais que dans l'état où les choses se trouvent à Toccasion le la visite que le sieur Paiiiu auroil dû faire îi l'ambassadeur du n h Stockholm, les minisires de Sa Majesté ne pourroient ms imprudence s'exposer à compromettre sa diffuilé lorsqu'ils le scroient pas absolument assurés que les ministres de Russie mr rendroieut politesse pour politesse.

Outre ce qui est contenu dans cotte instruction, l'inlenlion de Sa Majesté est que tous les ministres qui la servent dans les pays étrangers lui rapportent à leur retour auprès d'elle une relation exacte de tout ce qui sera arrivé de plus important dans les négociations dont ils auront été chargés; de l'état oîi ils auront laissé les cours et les pays où ils auront servi; des cérémo- Ûcsqui s'y observent; du génie et des inclinations des princes de leurs ministres; en un mot de tout ce qui peut donner me coimoissance exacte do la cour et du pays où ils auront \Xé employés et des personnes avec lesquelles ils auront néûé.

Son intention est pareillcmonl qu'en arrivant des paya où ils

308 M. BLONDEL, i749.

ont été envoyés, ils remettent en originaux les instrucUons, chiffres et papiers de leur correspondance avec les ministres du Roi, le tout avec un inventaire exact sur la vérification duquel il leur sera donné décharge.

Fait à Versailles, le 25 mars 1749.

M. Blondel conserva sa mission à Vienne jusqu'au mois d'octobre i750. A cette époque, on y envoya M. le marquis d'Hautefort, en qualité d'ambassadeur. Il reçut l'instruction suivante, M. de Puysieux étant ministre des affaires étrangères.

MÉMOIRE POUR SERVIR D^INSTRUCTION AU SIEUR MARQUIS D*HAUTKF0RT MARÉCHAL DES CAMPS ET ARMÉES DU ROI, ALLANT A VIENNE POUR* Y RÉSIDER EN QUALrTÉ d' AMBASSADEUR DE SA MAJESTÉ AUPRÈS DE l'empereur ET DE l'iMPÉRATRICB REINE DE HONGRIE ET DE BOHÈME. 14 SEPTEMBRE 17S0^

Quand le Roi s'est porté avec autant d'empressement qu'il l'a fait au rétablissement de la paix conclue par le traité d'Aixla-Chapelle, l'intention de Sa Majesté n'a point été de procurer à ses peuples un repos passager, dans la vue de profiter de cet

f. VieuM, 1750. T. CCXLVII.

intei-valle do calme pour 8C préparer à recommencer dons pea une nouvelle guerre. Le Roi a désiré sincèrrmenl et désire encore avec la même ardeur d'affermir la lranqujlli(é publique, et deU rendre solide et durable. Il seroit à souhaiter, pour le bonheur — de toutes les nations, que les autres grandes puissances de ^ l'Europe fussent animées des mêmes sentiments de justice, de -^=2 modération et d'humanité ; mais pour peu qu'on réfléchisse sur le système politique de plusieurs des cours qui jouent un rôlft principal dans les affaires générales, on peut conjecturer, sans crainte de se méprendre, que leur concours à la paix d'Aix-la- Chapelle n'a élé que l'effet de l'impossibilité où elles se Irouvoient de continuer la guerre avec quelque apparence de succès et qu'elles profiteront des premières circonstances qui leur fourniront dans lu suite une occasion favorable de reprendre le= armes pour faire valoir leurs prétentions et parvenir au bu li qu'elles se proposent.

Les négociations entamées et conclues en Allemagne depuic=^ 1 748 ', les déclarations et les démarches de la Russie avec laquplli les cours de Vienne et de Londres sont étroitement liées, le= propos et la conduite des mînîslres autrichiens et anglois dan^ les différents pays où ils résident, enfin l'inutilité des soins qu« le Roi s'est donnés pour établir la confiance entre Sa Majesté e '^^ les puissances avec lesquelles elle s'étoit réconciliée de bonn^^ ^ foi, sont autant d'indices qui ne laissent guère aucun doute su»- ^ les véritables inlenlions de ci^s puissances. L'équilibre de pouvoir" ^' en Europe est le mot de ralliement qui réunit dans un mémts-** * concert de mesures, quoique par des motifs fort différents, le^s^* cours de Vienne et de Londres, les Ktats généraux des Provinces——"*' Unies et la plupart des princes d'Allemagne. Quoique cet équilibr^^^^ soit, à dire vrai, une chose de pure opinion que chacun inler^ — ^B prête suivant ses vues et ses intérêts particuliers, il a cependan^^ ' toujours servi de prétexte et de mobile aux ligues qui, depuis près de quatre-vingts ans, se sont formées et renouvelées contre h France. LVVugleterre et la Uolkuide, qui se croient spécialeinea«-jji

1. Il s',ng:it de la néfociation qui aboutit à l'acte d'acc«sfiion de rÂDgleterre t'.alltitiicfî (le 1746 entre l'Autriche et la Russie, 30 octobre IT.'iO.

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