L'ÉQUILIBRE EUROPÉEN
m au maintien do cet équilibre de pouvoir, regardent de Vienne rommo la snule puissance qui, aidée dr leurs mrs, soit en état de contre-balancer les forroH de la maisna Bourbon ; et c'est par cette raison à laquelle les Anglois et les landoiH paroissent attacher leur sûrett'^ personnelle^ qu'ils é\6 depuis si longtemps les alliés conslaiils de la maison Iti'iche et qu'ils le seront également à l'avenir de rhérilière ^«mpereur Charles VI et de la maison de Lorraine qui occupe »urd'hui le trône impérial, et qui possédera, après la mort de |»uiiilrice actuellement régnante, tous les États dont celte meue est en possession. Des circonstances momentanées ont ten 1725 changer à cet égard les dispositions des puissances H maritimes, mais elles ne lardèrent pas à revenir à. leur «n système, et en garantissant en 1731 et en 1732 la Pragmap sanction, elles formèrent des liaisons plus intimes et des agements plus étendus que jamais avec la cour de Vienne, leffûrls immenses que ces dou.x puissances ont faits pendant Hière guerre pour empêcher le démembrement de la suolon aulrichionne. prouvent évidemment quelles sont h cet fd leurs dispositions. Cepend;int. malgré toules h'S dépenses 0 hommes et en argent, elles ont eu le regret de voir passer Sésie eulre les mains du roi de Prusse; et c'est un motif de pour elles de s'attacher encore plus étroitement à la cour tienne, cl de ne rien négliger pour lui conserver au moins litals dont elle jouit et la couronne impériale, et peut-être ( la remettre un jour en possession de ce que les malheurs Lg^Uerre lui ont fail perdre.
pê aeroit a abuser de gaieté de cœur et manquer essentielletde celle prévoyance éclairée qui doit diriger les délihéra- \ et la conduite politique de la Franco , que de se former antre idée de la façon de penser et d*agir de la cour de ne et de ses alliés, et de ne pas apprécier à leur juste valeur uarances qu'ils ne cessent point do donner au Roi de leurs Mitions à donner à la paix heureusement rétablie l'i Aix-lalaUe, toute la consistance dont elle est susceptible. Si leurs tfionft à cet égard éloient aussi sincères et aussi pures que wàt Sa Majesté, elle éprouveroit de leur part plus d'ouver-
ture cl de confiance qu'elles ne lui en manquent, malgré tout ce <jTie le Roi a fait jusqu'à présent pour leur inspirer cessseolimoQts.
C'est dans ces circonstances que Sa Majesté fait partir le marquis d'Hautpfcrl pour sr- rendre h Vienne et y résider en qualité de son ambassadeur auprès do l'Empereur et de llmpératriro reine de Hongrie i«l tlo Boh«''me, L'opinion favorable que le Rni a toujours rue des lalenls du marquis dJiautoforl, de son zèle et de son atlacliemenl pour la personne de Sa Majesté, ont déterminé \v choix que Sa Majesté a fait de lui pour cette commission. Plus plie est importante ei délicate, plus ell<' exi^ dans le ministre qui doit la remplir, une naissance dislitigrui^e. de lu dignité dans la représentation, de la sagesse accompagnée de fermeté dans les discours, enfin beaucoup d'activité et de circonspection dans la conduite. Le marquis d'Haulefort ri-uoil si parfaitement toutes ces qualités, que le Hoi ne doute point qu'il UH justifie k tous éj^ards par son travail et par ses sucscèsU confiance particulière dont Sa Majesté Thonore.
On joint à celle instruction deux lettres de créance, l'oM pour l'Empi-reur et l'autre pour l'Impératrioe-Reiue ; elles sont du cabinet du Roi suivant l'usage et conformes au cérémonial. On y ajoute une troisième lettre pour l'impératrice douairière de Charles YL
L'intention de Sa Majesté est que le marquis d'Hauleforl parle sans délai pour se rendre à sa destination» mais qu'il s'arrête h Strasbourg jusqu'à ce qu'il ait appris par le sieur Blondflf que Je comte de Kaunitz, désigné ambassadeur de Leurs Majesté» Impériales auprès du Roi, s'est de son côté mis en route pour se rendre en France; et si le sieur Blondel marquoitquele comte de Kaunitz a ditîéré son départ, le marquis d'Hauleforl en informera Sa Majesté et lui demandera ses ordres.
Le marquis d'Hauleforl observera dans son voyage ju8<]u'à Vienne Tincognito par rapport au caractère dont il est revêtu, et il n'exigera par conséquent nulle part aucune sorte d'honneurs, mais if se contentera de ne se point refuser à ceux qu'on voudroit lui rendre.
Arrivé h Vienne, il se conformera pour la première visil*'
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à foire au ^e-chancc*lipr de rKmpirc et au chancelier ie la cour qui soiU les minisires rharg^és par TEmpereur el par rinipér«lrice du déparlemenl des aiïaires étrang^ëres, au nouveau céfémonial que le Roi a bien voulu admettre par complaisance et par aniilié pour Leurs Majestés impériales. On joint ici sous li> n* i une copie «le ci* c.érém<<iiiul 4]ui comprend aussi les iiutres objets dans lesquels le Roi a consenti qu'on fît des innovations. On n'entrera point ici h cet égard dans un détail qui seroild'aulant plus inutile que le marquis dllautefort a eu communication de tous les pa|»iers relatifs à celle matière, et qu'il sera à portée de les consulter encore, s'il est besoin, puisque le sieur Biondel en a des copies. On se borne h observer que les changements en queittion se réduisent à cette première visite à rendre aux deux ministres des affaires étrangères et aux audiences à prendre des princes et princesses de Hongrie, enfjmls de Leurs Majestés Impériales, et qu'à ces deux articles près, l'ancien cérémonial doit rester sur le pied oii il étoit ci-devant et servir de règle tel qu'il est détaillé dans te mémoire ci-Joint sous le n* !2, qui contient la relation de ce qui s'est observé à Vienne en 17âo, par le duc de Richelieu. Ce n'est me^me que sous celle condition que le Roi adonné son consentement aux innovations dont il s'ugtl.
■ Le Roi ne charge point, dans le moment présent, le marquis d'IIaatefort de suivre à la cour de Vienne aucun ubjel iuiporlaut do négociation, et Sa Majesté borne à deux poinls principaux les ordre» dont ellt» lui coufie l'exécution dans les premiers temps
B do son ambassade : l'un est de faire connoitre les véritables dispositions de Sa Majesté par nqijtort aux aiTaires générales do ^ TKurope el ses senliments particuliers pour Leurs Majestés Ini- ^Laériales; l'autre est de se procurer les couuoissances les plus ^Kuctes elles plus précises qu'il sera possible des intentions el
■ des vues politiques de la cour de Vienne et de ses moyens sur tout ce qui concerne le repos public et ses intérêts personnels. Il ne dcvroit pas être difjicîle de persuader que \v Roi désire sincèrement la conservation de la paix. Los démarrlies que Sa Ibjeslé a faites pendant plusieurs années pour mettre fin à la guerre, le désintéressement avec lequel elle a négocié le traité (TAix-la-Chapelle, les facilités qu'elle a apportées depuis pour
accélérer l'exécution prompte el eiilièro des stipulations de ce Irailé, les soins qu'elle s'est donnés pour prévenir les nouveaux ti'oubles dont le iNord est encore menacée; enfui les instructions données à ses ambassadeurs et ministres dans les cours élrangères sont des preuves sensibles qu'elle n'a rien tant à cœur que d'LMilretenir lu tranquillité en Europe. Le Roi sera toujours disposé à concourir dans des vues si salutaires à toutes les mesures que les souverains également animés par l'amour de la paix voudroient prendre avec lui pour assurer la durée ; mais si d'autres .puissances, injustement jalouses de la f^raiideur et du pouvoir de la France, Iravailloienl dans la suite à former quelque ligue ^contre les prétendus projets qu'elles attribueroient gratuitement à09tte couronne ou k ses alliés, le Roi ne craindra pas do rentrer en guerre lorsque sa gloire et la fidélité qu'il doit aux engagements qu'il a solennellement contractés à Aix-la-Chapelle, l'exigeront ; el si l'on forçoit Sa Majesté de reprendre les armes, elle trouveroit dans la justice de &a cause, dans la droiture de ses înlcntioDS, dans la fermeté de son courage, dans la valeur de ses troupes el dans Tamonr di* ses sujets, des ressources assez abondantes pour rendre inutiles les pernicieux desseins qu'on auroil formés contre sa puissance ou contre ses alliés.
Le marquis d'Haulefort jugera aisément que ces sortes de discours ne doivent être tenus qu'à propos, et que loin do los accompagner d'aucune démonstration d'aigreur ou de menaces, il faut au contraire les tempérer par tout ce que l'esprit de conciliation, de douceur et de bonne intention pourra lui suggérer^ sans préjudice du ton fenne et décisif qui convient si bien à Tambas.sadeurduplusgrandetdu [dus puissant monarque de l'Europe, surtout lorsqu'il no purle que le langage de la raison, de l'équité et de la modération.
En mémo temps que le marquis d'Haulefort s'expliquera ainsi sur les dispositions du Roi jjar rapport aux affaires générales, il aura une grande attention à faire connoitre quels sont les sentiments de Sa Majesté pour l'Empereur, pour l'Impératrice-Reino» pour toute leur famille, et pour tout ce qui peut intéresser les avantages de leur maison. Il ne négligera rien pour leur persuader que les circonstancos qui ont interrompu pendant quel-
YtîBS D'ALLIAPICE.