CHAPITRE X
mait de lourdes responsabilités vis-à-vis des âmes; quelle action aurait-il, si, près de lui, incapable de feindre, ce libre esprit affirmait son hostilité, ou seulement son indifférence? Et non seulement leurs idées, mais leurs instincts religieux se repoussaient! Il se sentait si faible auprès d’elle, quelle réponse ferait-il à ses objections? L’influence qu’elle exerçait sur lui était si forte! Déjà il se trouvait inconséquent; il se réfugiait dans la pensée que les formes précises d’enseignement religieux sont nécessaires au peuple... Était-ce un pas en avant vers la libération ? ou les premiers compromis d’un esprit qui abdique? Comment résoudre cette question redoutable de la foi, qui, toute subjective qu’elle lui apparût jusqu’ici, pesait sur toutes les vies ?
M. Harteveld l’encourageait et l’apaisait. Les paroles de Claude ? Mais il fallait n’y voir que des paradoxes et des fantaisies, un reste d’atavisme de bravade. Auprès d’un impie elle s’exprimerait tout autrement, sa noblesse
d’âme simplifierait, au contraire, les situations les plus complexes. . .
— Qui, mieux qu’elle, est apte à comprendre une vie toute spirituelle? Son respect et son tact la garderont de troubler les faibles. Qui peut vous aider comme elle dans votre mission de charité? Où trouverez-vous une intelligence plus éprise d’idées générales? Et quel dédain, en elle, pour toute étroitesse!
Et la conscience du pasteur se laissait endormir par ces assurances et s’attachait avec empressement à ce côté pratique de la question. Il est vrai, la pitié l’attirait surtout dans l’apostolat. Son cœur frémissait au cri de souffrance qui lui semblait s’élever de partout, et son propre bonheur, loin de le rendre égoïste, semblait lui imposer un devoir plus impérieux d’aider. Elle, il l’avait vue à l’œuvre, courageuse et simple, aux hôpitaux de Reims; elle continuerait à se dévouer sous quelque forme que ce fût; sans doute elle ne s’étonnerait plus de l’apostolat sans