CHAPITRE XI
observa Abrham. Ils avaient leurs dogmes précis.
— Nos réformateurs! releva Georges. Mais, par un effort puissant, il se contint et se tut.
— Oui. Nos réformateurs, accentua la vieille demoiselle. Qu’avez-vous à protester ? La Providence assigna à chacun son rôle. A Luther, la guerre...
— Ah! ma tante, je vous en prie, laissez Luther au Kaiser, jeta Claude.
— A Luther la guerre, reprit Mlle de Lourmade, insensible aux interruptions comme aux nuances, à Calvin la maison bâtie sur le roc, à Rome la grande ruine au choc des vents.
— Je ne vois pas encore cette ruine, observa Claude négligemment, et... j’aime Rome.
— Vous aimez Rome! s’écria Mlle de Lourmade indignée... Ainsi ce n’était point assez d’un apostat!
Le mot tomba brutal et lourd. Georges eut un frémissement. Il était un converti. Il n’était pas un saint. L’effort qu’il fit pour se contenir lui mit des gouttes de sueur aux tempes, mais il arrêta d’un geste les protestations de Claude.
— Il valait mieux que ce fût ainsi, dit-il enfin. Je n’ai pu m’expliquer devant mon père, il ne me l’a pas permis, et sa souffrance est mon seul tourment... Vous lui parlerez pour moi : vous lui direz que je suis catholique, par le fait de ma croyance en Dieu. Rien, sauf le sentiment de la vérité et le désir de la vie éternelle, n’aurait pu me déterminer à entrer dans l’Église romaine, en le blessant.
— Et cela vous est apparu dans une salle d’hôpital? persifla la vieille demoiselle, pour