‹ Autels mortsChapitre 111 sur 177 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Il allait et venait, nerveusement, près de la porte extérieure de l’église. Un lierre épais tapissait le petit escalier qui y conduisait, recouvrait les rampes, gagnait les murailles d’une vieille tour branlante en arrière et s’accrochait aux branches des arbres en un fond mélancolique et charmant. Dès qu’elle le vit, dans sa pâleur et dans son angoisse, le cœur de Claude se fondit de pitié. Elle se hâta vers lui, multipliant les assurances de tendresse; il lui répondait à sa douce et profonde manière, sans parvenir à sourire. Il avait été atteint jusqu’aux fibres les plus sensibles, et il essayait en vain de voiler sa blessure. Les mots s’échangèrent entre eux comme un bruit vain; puis ils s’espacèrent. Dans les intervalles de silence quelque chose

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passa comme un chant triste, comme les strophes mornes de quelque Di es irœ sans fin. L’autre soir le vent préludait à ce chant lointain que l’on n’entendait pas encore. Il n’y avait plus de vent, dans ce jour tranquille; ce n’était plus le soir, mais la splendeur écrasante de midi; et l’on eût dit, dans le désarroi plus poignant de leurs âmes, que les strophes lentes qui accompagnent et pleurent les deuils s’égrenaient autour d’eux...

Cela devenait intolérable. L’orgueil de Claude ploya dans une prière, celle que son cœur jugeait la plus profonde et la plus tendre.

— Renvoyons toutes les pensées hors de nous, Abrham, dit-elle; ne perdons pas ces dernières minutes. Je vous ai blessé tout à l’heure. J’ai besoin de braver, de dominer. Cette pauvre tante m’exaspère. Il fallait défendre Georges...

— J’ai bien compris, interrompit-il, dans son désir délicat de lui épargner des excuses.

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