‹ Autels mortsChapitre 131 sur 177 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

ils me croyaient mort, quoique je sois sorti indemne, et l’un commençait à crier : « Il aurait « pas mieux valu empêcher cette f.. . guerre ! » .. . Un de mes petits l’a arrêté : « Tais-toi, même « mort, il ne veut pas ça »... Vous sentez, Claude? leur avoir mis l’honneur dans le sang?... »

Et parfois les billets brefs éclataient comme un coup de clairon :

« L’heure de la marche en avant, au clair soleil, est venue. Plus de tranchées. Plus de cette vie de taupes. Qui restera ? Qui arrivera? Il n’y a qu’une seule vie nécessaire, celle de la France, et nous l’assurons... Que ces heures sont belles! »

Et ailleurs, comme une plainte :

« Que de morts! Mon pauvre lieutenant, un brave, et mon sous-lieutenant, presque un enfant, qui courait, ganté, à l’assaut... et tant de nos hommes ! Leurs cris vous font froid dans les os. Un est tombé contre moi, les mains jointes, pour une prière suprême sans doute... Que Dieu les garde tous!... »

Entre les cartes et les journaux qu’apportait le facteur, Claude distingua au jour une écriture inconnue, égale, ordonnée. Qui était-ce donc ? Elle eut, en déchirant l’enveloppe, une exclamation de surprise joyeuse :

— Tiens! Sœur Claire!...

Mais elle lut tout bas, avec un regard amusé d’abord, puis étonné :

« Je ne sais comment j’ose vous écrire, mademoiselle Claude. Mais je veux vous féliciter. Vous avez fait un grand pas. J’éprouve le même soulagement que lorsqu’un de nos grands blessés sort de sa torpeur et s’impatiente contre tout le monde : il sent son mal, c’est bon signe. Et vous aussi, vous le sentez ! Vous comprenez que toute votre belle science ne

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