‹ Autels mortsChapitre 132 sur 177 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

vous sert de rien quand vous souffrez, et que vous voilà plus pauvre que la bonne femme, près de vous, qui se met à genoux et qui prie... Celle-là a le sens de sa misère aussi, mais avec la richesse qui la comblera : vous n’avez encore que votre misère, et sans vouloir bien en convenir. Quel grand pas, cependant! Vous riez de ma Bible? Je ne sais que cela. Mais j’y trouve tout : Dieu, et puis Notre-Seigneur. Écoutez ce que je lisais, en vous l’appliquant, ces jours-ci : Quand le Seigneur va se manifester sur l’Horeb, il y a d’abord « une grande nuée ». C’était votre état quand je vous ai connue à Reims; quelque chose vous enchaînait à vous-même; quelque chose vous empêchait de voir. Il y a ensuite un tremblement de terre et un vent violent qui bouleverse les montagnes et déchire les rochers. Vous entrez là maintenant. Quels souffles du ciel il faudra pour renverser votre maître, votre unique maître que vous nommez bien : l’orgueil. Pourquoi avez-vous choisi celui-là? Le plus cruel à vous et aux

autres? Et où vous mènerait-il si vous le suiviez jusqu’au bout! Mais déjà vous le reniez en venant à la petite pauvre que je suis; et lorsqu’il sera à terre, alors, écoutez la fin, « alors le Seigneur passe », ou « dans un vent léger », — non, vous n’entendriez pas — ou « dans un tourbillon de feu... »

« Le Seigneur passe!

« Chère mademoiselle Claude, remerciez Dieu de souffrir. Ainsi vous lui tendez les bras. Je sais que vous croyez en Dieu, tout au fond, comme les gens raisonnables ; peu à peu, par expérience, vous viendrez à Lui qui console. Il faut beaucoup prier et que l’on prie pour vous. J’ai bien entendu vos vers, mais je ne les aime pas. Je ne les ferai pas lire à nos hommes. Au contraire, quand ils rencontrent eux aussi sur le chemin la tentation terrible qu’il y a là, je leur dis, comme à vous, que c’est une lâcheté, un acte mauvais. Je ne connais pas vos philosophes, ni leurs raisonnements. Mais à votre place, si tout ce que j’ai dans l’esprit m’acculait à cette fin

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