‹ Autels mortsChapitre 134 sur 177 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

faites la prière si pauvre, mais si puissante du père du possédé au bas de la montagne. Dites à Notre-Seigneur avec lui : « Si tu « peux quelque chose »... à Lui qui peut tout !

« Je vous en prie, pardonnez-moi; mais vous voulez bien que je reste, dans le Cœur de Notre-Seigneur, votre humble amie et sœur et servante,

« Sœur Claire, »

Claude tournait et retournait cette lettre dans ses mains avec une sorte de crainte superstitieuse. Comment sœur Claire, si simple, — si pauvre d’esprit ! — avait-elle démêlé et combattu ainsi cette pensée du suicide que les vers indiquaient à peine ? Comment surtout s’y arrêtait-elle comme au danger présent et pressant? Comment osait-elle pénétrer ainsi les tendances secrètes de l’âme et leurs mobiles, et les blâmer... et puis se réjouir avec cela! L’étrange lettre, enfantine, avec des éclairs. La jeune fille n’avait éprouvé

à la lire aucune des impressions douces que, sans se l’avouer, elle attendait. Le ton lui en déplaisait, et les conseils, et cette sorte d’assurance tranquille. Cependant, il s’en dégageait une force. Mais elle n’eut pas le temps de s’attarder à ces reflexions. Des exclamations de Mlle de Lourmade lui firent tourner la tête..,

— Oh! Jean Bousquet est mort! Et Joseph Vialla... Pauvres gens!...

— Mais ils ne sont pas morts tous les deux! s’écria Claude.

— Morts ou disparus.

— Pauvres gens! C’est horrible, dit M. Harteveld. Tous y viendront. Écoutez cette lettre de Georges! Grâce à Dieu ils sont indemnes, cependant, et ils tiennent :

« Je viens de passer six jours et six nuits effroyables, sous un bombardement tel que jamais, depuis les attaques boches, il n’y en avait eu de pareil. Plus de tranchées, plus de boyaux, plus d’abris : tout bouleversé, des

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