CHAPITRE XV
évoluaient, dans un délaissement absolu.
— Je vais écrire à nos parents de Paris. Voudrais-tu avertir M. le curé ? disait M. Harteveld. Il s’est montré bienveillant. J’irai certainement moi-même; mais aujourd’hui je suis si étourdi par le choc que mes pas ne sont plus assurés. Et pourtant il faudra que nous partions bientôt pour l’hôpital de ton frère, fillette; nous retrouverons du même coup les traces d’Abrham. Nous causerons de tout cela. Va chez M. Bonnal, d’abord.
— Rien ne presse, observa Mlle de Lourmade, Gautrande ira...
— Eh! mais ce n’est pas bien appris, observa Gautrande, qui plaçait toujours son mot. Il vaut mieux Mademoiselle.
— J’irai, père, répondit Claude.
Elle saisit ce prétexte pour s’éloigner; et une fois dans sa chambre, à l’abri de tous les regards, son cœur oppressé éclata. Elle cacha sa tête dans son oreiller et pleura, pleura désespérément, écrasée par tout ce qu’une vision nette ajoute à la douleur. Elle voyait
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cet arbre; et Àbrham adossé contre lui, et la lutte suprême... et puis l'ombre cachait la vie ou la mort... Et elle voyait aussi ce regard du départ, ce regard de l’holocausté, t| si beau, si douloureux:
« Oh! Àbrham... »
— Mademoiselle Claude... Ma petite, on vous oublie, Monsieur dans sa joie, et la pauvre demoiselle dans ses histoires a dormir debout, et moi dans ma joie et danshna peine ! | C’est toujoürs comme ça. Mais nous serions tous là que vous seriez aussi seule, ma pauvrette, vous surtout! La pauvre Dame le disait : vous serez toujours dépareillée... et depuis tous ces joürs, vous avez la même figure qu’à sa mort... Mais il faut se remonter, j
S’il plaît à Dieu, l’un se retrouvera comme j
l’autre.
Claude se sentait si lassé qu’eile laissait lés bras robustes de sa nourrice la bercer comme : quand elle était petite, murmurant seulement : | « Î1 y a autre chose... Tu ne sais pas. »
— Pardi ! si je sais! Voiis me donnez assez ;