‹ Autels mortsChapitre 153 sur 177 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

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de souci! Je veille sur vous nuit et jour, sans que vous le sachiez, pour vous garder d’un mauvais pas... C’était trop de peine, la santé de Monsieur, ces Messieurs disparus, et renfermer tout ça en soi, sans rien pour vous aider! Je le sais pour le pauvre Janou ; si je ne passais pas mon chapelet, tout le jour, avec l’ouvrage qui distrait, j’en perdrais la tête. Savez-vous ce que disait la pauvre Dame à la mort de mon mari? « Va un peu prier, ma fille... » Voulez-vous que nous l’écoutions, que nous allions un peu prier ensemble? J’ai affaire à Saint-Gervais, je vous accompagnerais... Nous entrerions à l’église en allant, le temps de réciter un Pater; et puisque Monsieur désire que vous voyiez M. le curé, ce saint homme vous remonterait. Dieu les a mis là pour nous, pour tenir sa place. .. Ça vous vaudra toujours mieux que rester là comme une pierre sur le chemin... Venez, mademoiselle; venez, mon enfant; en marchant je vous dirai encore des paroles de la pauvre Dame, qui a tant souf-

fert qu’elle en est morte... Et il n’y a que moi qui l’ai su.

Claude la regarda de ses yeux noyés d’angoisse. Pourquoi pas, après tout ? Puisqu’elle devait y aller, autant que ce soit tout de suite, pour sortir de là, marcher, se dominer enfin, s’arracher à la tentation qui revenait, lancinante :

— Eh bien ! allons, dit-elle.

Et elle réunit toutes ses forces pour échapper à l’obsession de l’eau qui coulait, là-bas, pour se fuir elle-même...

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