‹ Autels mortsChapitre 154 sur 177 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

— Monsieur le curé, je suis venue, au nom de mon père, vous annoncer que Georges est retrouvé.

Une force la poussait sur le chemin, lui faisait hâter le pas malgré ses répugnances; elle était entrée tout droit.

L’excellent homme se releva tout d’une pièce radieux, frappant ses mains l’une contre l’autre à petits coups : « C’est ineffable! C’est ineffable... » C’était son habituelle exclamation heureuse, devant le vol d’un insecte, ou la beauté d’une fleur, ou le gain d’une bataille. Sa reconnaissance passionnée et enfantine de l’ineffable bonté de Dieu s’étendait à tout.

— Voulez-vous me donner tous les détails

mademoiselle ? Où est-il ? Qui a écrit ? Est-ce qu’on nous l’enverra bientôt? Pauvre cher Georges !...

Il entremêlait le Court récit de Claude de questions sans nombre; mais* tout de suite, son habitude de traiter avec les âmes suppléant à l’éducation rudimentaire, il songea qu’une grande inquiétude demeurait au Cœur de la jeune fille. Il ajouta :

— Cette joie nous en prépare une autre, nous allons concentrer toutes nos prières sur M. Bonnier.

Claude, assise sur le bord de sa chaise, les mains croisées sur ses genoux, semblait si lasse, si triste, qu’il questionna, hésitant :

— Vous ne savez rien de pénible, de ce côté- là?

— Non! oh! non, au contraire. Georges semble indiquer qu’Àbrham est prisonnier.

Dans cette salle basse, humide, aux meubles misérables, devant ce paysan qu’elle avait surpris bêchant détroit jardin, sà détresse au lieu de diminuer devint si amère

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