‹ Autels mortsChapitre 155 sur 177 · Chapitre xvi 31s · texte numérisé non relu

Chapitre xvi 31s

que, malgré tous ses efforts pour së contraindre, ses larmes recommencèrent à couler. Il y eut un silence. Le tic tac de l’horloge passait lent et lourd.

Le vieux prêtre regardait devant lui tristement. Il murmura enfin : « Tant de secousses, tant d’émotions... Je comprends bien... » Mais il ne là pressa de s’oüvrir ni par un mot, ni par un geste. Il joignit seulement les mains; elle crut comprendre qu’il priait. Elle lui sut gré de sa discrétion, du respect qu’ il témoignait à son âme, et elle ne le trouva plus ni vulgaire, ni inférieur. Meme, à mesure que le silence së prolongeait, et ses larmes, et aussi la prière du vieillard la prière des humbles qui perce les cieux! — il se faisait en elle un calme étrange. Elle sentait que si elle laissait passer cette minute unique elle ne la trouverait peut-être plus... Et elle puisa le courage d’un effort suprême dans les vieilles mains tremblantes, dans la tête blanche qui quelquefois, elle le savait, se joignaient, s’inclinait pour elle devant Dieu. Elle répéta :

— Monsieur le curé, je suis venue...

Elle essaya en vain de poursuivre. Toute secouée par les sanglots, la tête dans ses mains, elle perçut qu’il traçait un signe de croix au-dessus d’elle avec des mots de bénédiction.

— Vous pouvez parler librement, ajoutat-il. Quoi que vous ayez à dire, je puis tout entendre et je suis prêt à vous aider. Ce n’est pas moi qui vous écoute. C’est Celui dont je tiens la place.

Alors elle dit, comme quelqu’un qui se jette dans le vide :

— Je suis venue vous demander de me sauver, de me recevoir dans l’Église catholique.

Ce fut un silence de stupeur... Elle ne lui laissa pas le temps de le rompre :

— Comprenez-moi bien, monsieur le curé.

Je ne puis plus porter l’horrible vide de mon âme. J’ai souvent l’idée — la tentation — d’en finir et de me tuer... et le seul refuge qui s’ouvre à moi, c’est votre Église, avec la pré-

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