CHAPITRE XVI
sence de Dieu... Je suis venue pour vous le dire, pour que vous m’aidiez si vous pouvez... Vous ne pourrez pas peut-être. C’est un appel au secours. Ce n’est pas la foi.
Il parla d’une voix basse et tremblante, comme celui qui écoute et redit :
— Appelleriez-vous à l’aide quelqu’un qui n’existe pas? Vous n’êtes pas seule. Sans que vous le sachiez, ce que vous prenez pour un appel n’est que la réponse de votre âme à Dieu... Qu’importe le chemin qui vous y mène ? « Je me lèverai et j’irai à mon Père. » Tout est là... Et pourquoi? « Parce que je meurs de faim! » Pendant qu’il se croyait heureux, le prodigue oubliait la maison paternelle. Mon enfant, ne craignez pas... Le Père n’accueille pas le fils qui revient avec des reproches, non, pas même avec des questions, mais il court à lui les bras ouverts; que fera-t-il pour vous qui n’êtes pas le prodigue, mais qui étiez seulement l’absente? Ah! soyez la bienvenue!...
Et ce bon serviteur du Père céleste ne
savait plus s’il riait ou s’il pleurait en accueillant, au seuil du foyer, l’enfant qui cherchait un abri.
Tout de suite il domina cette émotion; il parla en maître, avec une simplicité admirable, et Claude s’étonnait de la grandeur du dogme catholique qui mettait les plus belles des paroles sur ces humbles lèvres,
— Mais qu’alliez-vous faire? Est-ce que la vie et la mort vous appartiennent? Est-ce qu’il y a une douleur qui puisse justifier un acte mauvais? Vous ne le voyiez pas ainsi ; pourtant, de quelque sophisme qu’ils l’environnent, vos sages, vos savants eux-mêmes le condamnent; et pour nous, chrétiens, nous savons qu’il serait horrible de tomber ainsi dans les mains du Dieu vivant,.. Mais ne parlons plus de colère. Il n’y en a plus. Parlons des bénédictions qui vous environnent. Dieu se suffit à lui-même. Nos folies et nos misères ne lui enlèvent rien... Et cependant, Il dit que la conversion d’un de ses enfants met une joie au ciel. Vous lui donnez cette