CHAPITRE XVI
lier, pour votre incroyance passée, mais votre vie entière ne suffira pas à bénir le Seigneur. Ce qu’il a fait pour vous est ineffable!
Et patiemment, simplement, il lui parlait de foi, de confiance, de soumission à Dieu, et sans crainte de la blesser il lui mit dans les mains un Catéchisme, lui expliquant certains passages, comme à un tout petit enfant.
— Est-ce que déjà je puis vous conseiller de recourir à la Sainte Vierge ?
— Je l’aime, répondit-elle souriante, du même amour dont j’aime la pureté et la beauté.
— Et dont vous aimiez votre mère... Prenez votre temps, conclut-il. Autant que possible, ne blessez pas les vôtres, si bons. Qu’ils sachent que vous n’entendrez sur eux aucune parole amère. Le Bon Pasteur connaît seul le nom de ses brebis... Que Georges va être heureux! Mais ne parlerezvous pas à M. Harteveld? Il le mérite.
— C’est impossible, observa Claude. C’est une douleur pour moi, mais je n’ose le tenter
dans l’état de santé où est mon père. Il a eu déjà trop de secousses. Nous arrangerons cela à Paris, avec Georges. Nous devons aller rejoindre mon frère dans quelques jours... Mais, n’est-ce pas, vous me recevrez ici?
— Il me faut le temps de demander les pouvoirs à l’Évêché, de m’assurer de votre instruction, de vos dispositions. A Paris, avec Georges, ce serait aussi prompt et ce serait mieux pour vous, peut-être. Le Seigneur est le même partout... mais ses temples et ses serviteurs diffèrent.
Déjà le respect de Claude était si grand qu’elle ne dit pas : « Mais vous êtes un saint»; elle expliquait seulement :
— J’aime cette église, c’est là où j’ai compris que Dieu habite au milieu de nous.
— Eh bien, ce sera donc ici! Nous allons beaucoup prier...
Il la reconduisit jusqu’au seuil :
— Courage. Vous aurez des difficultés :
renoncer à soi est dur. Mais vous vous donnez à un bon Maître. Son joug est doux à