CHAPITRE XVI
ceux qui l’aiment. Je suis bien vieux. Mon service auprès de Lui a été un service de paix. J’aurais pu, j’aurais dû faire plus pour élever ces pauvres gens que la vie matérielle absorbe. J’aurais dû me sanctifier pour eux. Mais Lui, il ne m’a pas trompé. Chaque jour de ma vie il m’a fait du bien et jamais de mal... Et maintenant ces grandes joies que je n’attendais pas!... Il m’a comblé! Que mon exemple vous aide, et aussi celui des religieuses dont vous avez le bonheur d’habiter la maison. Interrogez, dans une heure de recueillement, celles qui ont aimé Jésus- Christ de tout leur cœur. Elles vous diront comme moi : « C’est un bon Maître! »
Jusqu’à ce que je vous revoie, priez, comme vous voudrez, à votre manière, mais priez; et puis votre Catéchisme, votre Evangile, votre Abbaye... Vous êtes bien gardée!
Il ouvrit la porte basse. Gautrande et la sœur du curé causaient sur le seuil. La carrure massive de l’une et le profil de sorcière de l’autre se dessinaient sur un admirable
couchant. Des flammes mordaient les nuages sombres, gagnaient en hauteur d’instant en instant, s’épanouissaient en gerbes sur le ciel obscur : tandis que l’énorme globe rouge, sans rayons, s’abîmait dans une fournaise, sombrait en un gigantesque incendie :
— Voyez ses œuvres, dit-il! Le ciel, et les âmes... C’est ineffable!
Oui. Georges n’exagérait rien. Claude connaissait parfaitement la doctrine catholique, sinon quant à la lettre et dans les détails, au moins dans les grandes lignes et dans son esprit. A mesure que la préparation avançait, le prêtre s’étonnait qu’elle ne soulevât ni difficultés, ni objections; elle ne manifestait aucune répugnance. Elle disait bien : dans