‹ Autels mortsChapitre 27 sur 177 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

pendant des mois, si vous aviez vu sœur Claire, je crois que comme lui vous diriez que la sainteté habite l’Église catholique. Vous objecterez nos diaconesses? Mais c’est aussi différent qu’une fleur artificielle d’une fleur naturelle, li faut avoir vécu et travaillé - avec elles, avoir suivi leurs actes dont on voit bien le cours, mais dont on ne saisit pas la source... C’est très étonnant. On en vient à envier leur messe et leur communion du matin, ce qui fait d’elles une pureté vivante et heureuse, et pleine de pitié... Et puis, chez Georges, cela a été seulement la conclusion d’une évolution lente, et non pas un point de départ. J’ai assisté à la plupart des conférences qu’il avait avec l’aumônier et d’autres prêtres, à toutes les instructions qu’on lui donnait. C’est très curieux : le catholicisme n’est pas ce qu’on nous répète, ni ce que certains,catholiques laisseraient croire. C’est un système qui se tient; et même le point de départ une fois admis, c’est un corps de doctrine puissant. Tante Coralie bondirait : mais les

prêtres pensent. Ce n’est pas en rouages aveugles d’une machine fortement construite qu’ils agissent : mais avec des consciences en éveil, en donnant leur assentiment aux vérités qu’ils doivent croire. — Elle répéta : « C’est très curieux », avec son impertinence suprême.

M. Harteveld, pensif, ne répondait pas. Au bout de quelques instants, elle reprit :

— Pour suivre l’évolution de la pensée de Georges, j’ai lu tous les livres qu’on lui donnait. Vous les avez lus aussi, je crois, père : Saint Augustin, Bossuet, — • deux ou trois lettres à Leibnitz très fortes — Pascal, notre passion commune, Newman sous tous ses aspects, dans des discours anglais, non traduits surtout. J’ai suivi dans le détail tout le mouvement d’Oxford. Ils n’avaient pas tout cela à l’hôpital; mais un oratorien très instruit s’en mêlait. Que c’est extraordinaire, père : ce qui achevait de convertir Georges achevait de me démontrer, ce que je savais du reste amplement, que je n’avais aucune religion. Newman le dit avec raison : Il n’y a rien entre

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