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CHAPITRE III

ecclésiastiques. Au fond, les paysans nous tiennent pour des sortes de diables.

— Ils ont la mémoire tenace, vous savez, observa Claude négligemment. Et s’ils nous personnifient dans les hordes de calvinistes qui, par deux fois, ont pillé et brûlé l’Abbaye, cela se comprend.

— Si tu crois que je ne t’entends pas rire, ma fille, dit Mlle de Lourmade se retournant tout d’une pièce vers Gautrande dont la grosse personne était secouée, malgré des efforts impuissants; je ne suis pas encore sourde!

Gautrande dégringola vers sa cuisine, faisant retentir l’escalier de son rire sonore. M. Harteveld se mordit les lèvres, tandis que Mlle Coralie poursuivait, très digne :

— Piller? Brûler une abbaye? Après tout, c’était un remède radical.

— Ma tante, protesta Claude, qui subitement ne rit plus, vous rendez-vous compte que c’est un raisonnement allemand? De grâce! Ne leur empruntez pas leurs arguments.

— Cela n’a aucun rapport, rectifia Mlle de Lourmade. Lorsqu’il s’agit de vérité...

— Cela a un rapport, dit M. Harteveld, de ce ton devant lequel tous, instinctivement, se taisaient. Les courriers arrivaient-ils bien à Reims, Claude ?

— Oh! oui, avec un retard sans doute, mais ils arrivaient, père.

— Et mes paquets ? interrogea Mlle Coralie, placide.

— Vos paquets ont fait la joie de mon hôpital. Et justement, hier, Abrham avait tout un paragraphe pour vous, ma tante Voulez- | vous que je vous le lise ?

— Certes, approuva la vieille demoiselle, en repoussant sa chaise, je suis tout oreilles, j mon enfant.

— Voici :

« Merci mille fois à Mlle de Lourmade pour ses envois. Le dernier a mis aux yeux d’un enfant trouvé, Barrot, un regard de gratitude et un « oh! merci » à peine balbutié sur ses lèvres. Ce merci timide et ce regard

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