CHAPITRE III
de joie sont son œuvre. Je les lui envoie comme un hommage d’un de ces humbles qu’on est forcé d’admirer et d’aimer, parce qu’ils n’auront rien et n’attendent rien, parce qu’ils font silencieusement à chaque heure le geste qu’il faut faire, sans bruit, sans fanfaronnade, le cœur parfois si lourd! Car je lis maintenant au fond de leurs yeux, et aucune de leurs souffrances ne m’échappe. »
— Vous avez des choses si touchantes et vous ne me les disiez pas? reprocha Mlle Coralie en joignant les mains.
— Je portais cette carte pour vous, ma tante, depuis hier. Mais tout de suite, vous êtes partie en guerre!
— Contre ces nonnes? Que voulez-vous?
Toujours des trouble-fête. Ah! il en recevra des paquets, ce cher Abrham! J’y joindrai des Bibles.
Gautrande rentrait avec le courrier. Toute l’attention se porta sur le communiqué.
Claude éparpilla jses lettres autour d’elle, et en mit une de côté.
— La lettre d’Abrham, père, et elle écouta les nouvelles, sans hâte apparente.
— Vous ne la lisez pas ? demanda Mlle Coralie avec sollicitude.
— Je vais la lire, ma tante, dit Claude en se dirigeant vers sa chambre.
— C’est curieux, remarqua la vieille demoiselle, de mon temps les jeunes personnes mettaient plus d’empressement à lire les lettres de leurs fiancés.