‹ Autels mortsChapitre 41 sur 177 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

triste! Je vous dirai, par un jour clair, ce que fut pour moi l’enchantement grec. Pas ce soir. Le ciel est si sombre ! A peine, sous tous ces nuages, un reste de clarté, comme une flamme qui s’éteint, étouffée par trop de cendres. Mon cœur est ainsi, je crois, navré par tout ce passé. Pourquoi y revenons-nous ? Puis, l’esprit de cette pauvre tante Coralie m’exaspère. Et enfin les dépêches d’aujourd’hui disent qu’on attaque de votre côté!... Je ne sais où appuyer ma pensée. Et pourtant, combien je préfère trembler et souffrir, et que vous soyez là-bas, parce que vous l’avez voulu! Que font celles qui savent à l’abri, toujours, ceux qu’elles aiment? Est-ce qu’elles ne sentent pas qu’ils seront marqués d’un stigmate, après, comme des infirmes... ou pire?...

« N’ayez aucune peine pour ce passé. Il est tellement passé!... Je ne vous quitte pas. Vous êtes brave; ne soyez pas fou. Oh! mais non... Je ne peux pas vous laisser sur un son aussi mélancolique. Quelque chose

passe, quelque chose d’ailé, d’exquis...

Vous m’aimez... Qu’importe le reste?... Je ne suis plus triste.

Ainsi parfois, là-bas, dans les plages Norraines,

A l'heure où le soleil dit son dernier adieu,

La harpe d'un vieux skalde, endormi sous les frênes, Vibre, dans le silence, au passage d’un Dieu...

« Claude. »

Et quelques jours plus tard :

« Merci de ces petites cartes brèves, lorsque vous ne pouvez pas mieux. Elles suffisent pour qu’on respire. Que j’aime que vos hommes vous appellent dans le danger!... Vous n’avez pas encore toutes mes lettres? Quelle douceur de vous les écrire, de penser qu’elles vous portent un peu de force, un peu

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