CHAPITRE V
pre, à visage découvert, à ce stage de pure endurance au froid, à la pluie, au vent, à la neige, et surtout à l’effroyable boue répugnante. Mais ce stage m’a été un bien. Vivant en camaraderie constante avec mes hommes, je les ai dans la main davantage aussi; on est fort quand on sent qu’une unité de combat vous est entièrement dévouée, et je ne saurais pas assez vous dire ce que notre vie de guerre est noble, ce qu’elle révèle de beauté cachée chez mes coloniaux.
« Ce matin, notre régiment a été présenté à l’inspection du général de C...
« Messieurs, nous a-t-il dit, de même que « le 20e corps a pu être nommé « la garde » « de l’armée française, ainsi dans mon armée « c’est vous qui serez la garde. Attendez- « vous donc à ce que je fasse appel à votre « régiment à chaque heure difficile... Je sais « d’ailleurs que vous ne faillirez pas à cet « honneur.. »
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« Si vous aviez pu voir, Claude, ce qui a passé dans tous les yeux, malgré la neige que le vent nous jetait au visage, vous aimeriez mes hommes comme je les aime : mes hommes , car après tout, depuis six mois je commande une fraction de ce régiment. Avec des mots pareils, on se sent près du cœur de la vraie France. Il bat dans les obus qui tombent, dans les balles qui sifflent, dans toute cette mort qui passe en chantant. Et l’on sourit au rêve de mourir pour Elle, même sans aucune gloire, même dans l’horrible boue. Quant à ceux qui tom beront sans avoir connu l’heure où l’on s’en ira enfin de l’avant, debout au clair soleil, il ne faut pas les plaindre. Même ceux-là auront vécu leur rêve. Voyez d’Hotevers! Et vous savez bien que c’est la seule douleur de mon patron Don Quichotte d’avoir été guéri de sa folie pour vivre une réalité si loin de sa chimère ?
« Je suis un peu fou aujourd’hui. Ne m’en veuillez pas. Ces paroles du général