‹ Autels mortsChapitre 57 sur 177 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

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Claude attira quelques banderoles soigneusement écrites, et lut tout bas.

— Je n’ai pas voulu de choses trop mystiques, expliqua la vieille demoiselle, l’observant du coin de l’œil. Cependant, si quelque prédestiné se trouve là, il faut qu’il puisse s’asseoir à une table servie pour lui.

— Matante, dit Claude l’air soucieux, vous ne voudriez pas que nous essayions d’une épreuve ? Si nous faisions monter Gautrande ? Elle est très intelligente, au-dessus de la portée moyenne, et elle n’a pas l’habitude de dissimuler sa pensée.

— Nous la mêlons à trop de choses. Cette femme se croit tout permis parce qu’elle se sait indispensable. Et c’est un mélange d’ignorance crasse et de préjugés...

— D’un grand bon sens aussi. Et puis, elle représente bien la classe à laquelle vous vous adressez.

— Au fait, vous dites vrai, concéda Mlle Coralie frappée par cette dernière réflexion. Comment nous mettre à leur place et comprendre

non seulement cette classe mais les préjugés et la honteuse ignorance que je disais? Appelons-la.

Lorsque la carrure massive de Gautrande barra le seuil :

— Gautrande, approche, ma fille. Si tu étais un soldat et que ton capitaine te donnât une de ces blagues à tabac...

— Eh! je serais bien contente, interrompit la bonne femme. On dit qu’il faut fumer toujours, là-bas, pour les mauvaises odeurs. Il n’y a pas la pareille de Mademoiselle pour les bonnes idées. Avoir tiré tout ça de nos peaux de mouton ! M. Georges le disait toujours : « Il n’y a pas comme elle »...

La bonne créature mêlait toujours le transfuge à ses compliments, sincères d'ailleurs, pour adoucir la terrible vieille fille.

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