CHAPITRE VI
— Bon! Bon! dit celle-ci. Il ne s’agit pas de cela. Ouvre un de ces objets. Admets qu’on te le donne au front, que tu es un soldat. Ouvre...
— Bien! Il y a un papier. Laissez-moi mettre mes verres d’abord. Elle s’approcha de la fenêtre. Elle lut lentement :
« Le Seigneur brisera la tête de ton persécuteur », et se retournant l’air joyeux :
— C’est une très bonne idée. S’il le fait, la guerre sera plus tôt finie.
— Cela peut se prendre en ce sens, dit Mlle Coralie, indulgente. Continue.
« Les renards ont dévasté ma vigne. »
— Qu’est-ce que vous leur apprenez là?
Ceux qui ont un bout de bien vont se tourner le sang!
— Ne comprends-tu pas, ignorante, que c’est le péché qui dévaste ton âme? expliqua la vieille demoiselle dédaigneusement.
— Ma foi, non! Et eux non plus ne comprendront pas, vous pouvez en être sûre. Et si ça tombe sur Bec, par exemple, qui déjà
disait que sa vigne ne lui rapportait pas, ça fera du propre... Non. Non, je ne vous conseille pas de mettre ça...
— Prends-en une autre, insista Claude qui dissimulait un rire irrésistible. Il y a mieux.
« Remets ta voie sur l’Éternel. » — C’est l’âme? Ça peut passer... « Que Dieu te garde. » — Mademoiselle, vous ne devriez mettre que celle-là, pour chacun.
— La même chose ? interrogea sa maîtresse avec pitié, pour que cela n’ait aucun effet?
— Ça en aurait un bon, mademoiselle.
— Continue, ordonna Claude lui mettant traîtreusement un papier dans la main.
Gautrande lut tout bas, et laissa tomber ses bras :
« Reviens, reviens, ô Sunamite. »
— Ah! ça, pour le coup, si vous leur faites appeler des dames!... Sa figure joviale s’épanouissait dans un large rire.
— Ignorante!... C’est Salomon qui parle, observa aigrement Mlle Coralie.
— Salomon, ou vous, ou qui vous voudrez,