‹ Autels mortsChapitre 65 sur 177 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

il y a longtemps, je me sentais tellement à bout que je suis entrée dans une église catholique. Expliquez cela : je ne croyais pas, mais je voulais m’abriter sous la foi des autres. C’était tout à fait tard, à Saint-Germain-l’Auxerrois. La vieille nef obscure semblait vide. Je me suis avancée sous la petite lampe. Mon âme se pénétrait de la pensée du Christ, de ses appels... Je me suis assise. Je recommande à ceux qui passent par mes angoisses cette halte de paix. Peu à peu, un attrait et un effroi grandissaient : si c’était vrai ? Si tout cela était vrai? Si quelqu’un était là? Quelqu’un à qui l’on porterait son âme fatiguée sans aucune parole, parce qu’il irait plus loin que toute parole?... Je tremblais... Des gens entrèrent. On alluma des lampes. Et l’on commença quelque cérémonie bizarre, avec des prêtres vêtus comme sur les vitraux. Je partis... Mon âme demeurait embaumée ainsi qu’un vase où un parfum aurait été versé. Mais je revins aux sources de ma certitude, et cette impression poignante et délicieuse

s’en alla, emportée par ma raison, comme l’arome qu’on livre au vent,,.

« Et pourtant quel besoin j’avais d’un abri, d’un refuge contre moi-même, contre le désir d’en finir avec ces angoisses!

« Alors, vous êtes venu,

« Claude. »

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