‹ Autels mortsChapitre 71 sur 177 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

« gantesque et détruira les cathédrales go- « thiques »...

« C’est si étrange, n’est-ce pas, si prophétique? Nous l’avons vu à Reims, à Louvain. On dirait que Heine a écrit après... C’est une sensation si nette que cette guerre est une guerre de dieux! Malgré notre gouvernement athée, la France est ici avec ses grands instincts chrétiens, la générosité, la bonté, la pitié! Devant l’adversaire brutal elle garde le caractère chevaleresque que quatorze siècles d’amitié avec le Christ lui ont donné. On sent cela, dans ce corps à corps, comme on sent la vie.

« Aussi je n’imagine pas d’œuvre plus belle qu’étendre la notion du Dieu d’amour et de paix parmi les hommes. Nous le ferons ensemble. Nous y vouerons nos vies. Saurai-je jamais rien faire de noble sans vous?... Mais je vous entends, amie, depuis le début de ma lettre. La charité, oui, c’est l’œuvre civilisatrice et française par essence. Mais quelle foi prêcherai-je si je n’ai pas une foi définie? Ah!

ayez pitié. Je sais bien que c’est illogique. Mon esprit doute, et mon cœur croit. Je cherche à les concilier. Je ne peux pas. Il y a un cri passionné d’Harnack que je « Lui » répétais au plus fort de mes angoisses : « Parle, que je te voie! » Mais maintenant un grand apaisement s’est fait. S’il est un homme, le plus grand et le meilleur de tous, j# rendrai du moins les autres plus heureux gn leur redisant ses paroles. S’il est un Dieu, se riant de nos négations et de nos orgueils. Il ne rejettera pas celui qui va vers Lui. Ah! Claude, je vais sans cesse vers Lui! Je le cherche avec mon âme incertaine, et toujours sous le même symbole, ou à travers la même hallucination. Je ne vois d’autre chemin pour aller vers Lui qu’un sentier escarpé, nu, glacé, battu de vents contraires : et rien ne peut en rendre la désolation infinie, jusqu’à l’heure où Son ombre fugitive y passe... Fatigué, je monte.,. Je l’interroge avant de l’atteindre :

« Qui es-tu ? » L’ombre s’évanouit. Je ne sais plus. Je ne saurai peut-être jamais. Mais l’em-

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