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Chapitre îx

— Écoutez encore, dit-elle. Si je comprends mal vos pensées, j’admire votre désir d’employer votre vie le plus noblement possible. Vous êtes un si beau soldat que, même après la guerre, j’aurais préféré que vous demeuriez un soldat. Je vous sais un gré infini de servir comme lieutenant, et non comme aumônier ou infirmier. Mais, après, vous serez ce que vous voudrez. Je mets si haut votre conscience que si, pour lui obéir, vous voulez être pasteur, je m’inclinerai.

— Merci, chère, dit-il avec effort. Je suis faible et je ne sais pas bien... Je rêvais que la lumière me viendrait par vous.

— Qui sait ce que nous réserve la vie ? ditelle souriante. Cela sera peut-être! Nous trouverons peut-être la lumière dans la joie.

Et elle joignit les mains d’un geste charmant, ses mains toutes blanches, dans le crépuscule, comme de grandes fleurs... L’angoisse de cette âme, pour un désaccord qui lui semblait si léger, montait vers elle comme une nouvelle preuve d’amour, en flots d’encens...

Et tandis qu’ils se taisaient, l’ombre noyait le faite des collines. Un à un les oiseaux rentrèrent au nid. De grands souffles passaient courbaient les branches, avec des bruits de harpes... Et cétait comme un prélude lointain à un chant triste que l’on n’entendait pas.

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