‹ Authenticité et date des livres du Nouveau TestamentChapitre 11 sur 85 · MÉTHODE DE LA NOUVELLE ÉCOLE EXÉGÉTIQUE · texte numérisé non relu

MÉTHODE DE LA NOUVELLE ÉCOLE EXÉGÉTIQUE

Pour en revenir à l’épître de S. Jacques, il faut reconnaître, à l’honneur de M. Renan, qu'il ne s’en est pas trop servi pour mettre en lumière la rivalité de cet apôtre et de S. Paul. C’est surtout la prétendue contradiction entre les Actes des apôtres et l’épître aux Galates qu’il a fait valoir en faveur de sa thèse. L’argument tiré de la formule du salut par les œuvres appartient à l’école protestante de Tubingue. Nous avons vu qu'il n’y avait pas lieu de l’opposer au principe du salut par la foi sans les œuvres,émis par S. Paul, puisque ce n'étaient pas les mêmes œuvres que les deux apôtres avaient en vue. La chose est si claire qu’on serait tenté de soupçonner quelque mauvaise foi de la part des écrivains quiont fait de cette opposition la base de leur système. Je suis d’avis cependant qu'un pareil soupçon doit être écarté. Les nouveaux exégètes, je ne parle pas ici de M. Renan, avant de devenir historiens, ont tous été plus ou moins théologiens ou prédicateurs. Il reste toujours quelque chose du vieil homme. Or on sait ce qu’un prédicateur peut tirer d’un texte isolé. Habitués à voir dans les deux

pa. Se Se CT Es RÉ T rx 7 EE, HP ee

formules de S. Paul et de S. Jacques les mots d’ordre des deux camps ennemis dans les luttes entre catholiques et protestants, ils sont partis de cette idée pour reviser l’histoire de la période apostolique. À cette époque comme au temps de la Réforme, la foi

sans les œuvres et la foi par les œuvres ne pouvaient,

à leur avis, être que des cris de guerre opposés l’un à l’autre, et ceux quiles proféraient, des ennemis. « Fermez les yeux sur cette lutte, dit M. Michel Nicolas, et les écrits de ce temps deviennent tout à fait incompréhensibles (1). » Nous tenons la clef de la méthode: il faut admettre la lutte d’abord, et l’on explique tout ensuite. C’est à la lumière des deux propositions énoncées dès le principe qu’on examinera les faits; c’est d’après cette donnée première que les choses prendront signification et couleur. Voilà un procédé de théologien, non d'historien; il s’agit de la soutenance d’une thèse, non de la constatation pure et simple de la réalité; la synthèse a précédé l'analyse. Gette dernière, nous l’avons vu par la discussion qui précède, conduit à des résultats bien différents et ne laisse rien subsister du roman qu'on voulait nous faire passer pour de l’histoire. | #

Il est possible qu’on trouve incomplet et insuffisant le tableau que celle-ci nous présente des origines du christianisme, mais la querelle de la circoncision et les écrits qui s’y rattachent ne fournissent pas, quand on les étudiesans parti pris d’avance, le moindre motif plausible de le changer. Il ÿ a eu un désaccord, mais pas entre apôtres, et S. Luc n’avait que faire de

(1) Michel Nicolas. Ætudes critiques, Nouveau Testament, p. 225,

ne Fe FRA 0

US

la main en signe d’ due Mais puis qu’o on a re

mé l’annaliste qui nous a laissé les Actes des apôtres en avocat et sa chronique en factum, examinons den

plus près cet ouvrage et voyons ce qu’il faut penser de sa composition, de sa date et de l “esprit qui a pes sa rédaction. He |

mi MA

Page 1