‹ Authenticité et date des livres du Nouveau TestamentChapitre 12 sur 85 · DATE DES ACTES DÉS APÔTRES D'APRÈS LA NOUVELLE EXÉGÈSE · texte numérisé non relu

DATE DES ACTES DÉS APÔTRES D'APRÈS LA NOUVELLE EXÉGÈSE

Les exégètes, qui ont imaginé de faire des Actes des apôtres un plaidoyer déguisé en faveur de lunité de l’Église, ont fixé la date de leur composition assez tard dans le premier siècle, « par cette raison générale qu’on ne peut penser à la conciliation que lorsque les partis extrêmes se sont usés par leurs propres excès (1) ». Comme ils ont trouvé, au sein même de leur école, des contradicteurs qui ont remarqué, non sans raison, qu'il suffit d’un coup d'œil sur histoire de toutes les querelles religieuses et politiques pour constater que toujours et partout « les partis moyens ont été contemporains des partis extrêmes (2) », nous ne nous arrêterons pas à discuter cette opinion chronologique.

M. Renan procède autrement : l’auteur des Actes, dit-il, est certainement le même que celui de l’Évangile mis sous le nom de S. Luc. Or il résulte du préambule des Actes qu'ils ont été écrits postérieu rement à l'Évangile. Ce dernier contenant sous forme

(x) Renan. Vie de Jésus, Introduction. — Les Apôtres, Introduction. (2) Nicolas. Etudes criliques, Nouveau Testament, p. 263.

prophétique un tableau de la destruction de Jérusa- .lem, a été nécessairement composé après l'événement. Par conséquent, les deux ouvrages doivent être datés de l’une des années qui suivent d’assez près la prise de la ville sainte par Titus (1). |

La déduction de M. Renan n’est pas rigoureuse ; car, en admettant avec lui que toutes les prédiètions justifiées par l’événement ont été composées après coup, on est autorisé seulement à dire que les manuscrits qui les contiennent sont postérieurs aux faits prédits et réalisés. Mais s’il existe d’autres raisons sérieuses de rapporter la rédaction du corps de l’ouvrage à une époque plus reculée, on doit en conclure seulement qu’il y ainterpolation du fragment prophétique. Chacun sait en effet que les manuscrits ne présentent pas, comme les imprimés, un texte invariable et que les copies d’un même ouvrage offrent souvent des différences, qu’il y a des variantes, des additions, des retranchements, etc.

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