‹ Authenticité et date des livres du Nouveau TestamentChapitre 21 sur 85 · SOUS-ENTENDUS DE CES ÉPÎTRES · texte numérisé non relu

SOUS-ENTENDUS DE CES ÉPÎTRES

Le lecteur remarquera que nous n’avons, dans les pages qui précèdent, qu’un tableau imparfait et incomplet de l’enseignement de l’apôtre. Nous ne trouvons pas, en effet, dans les lettres aux Galates, aux Corinthiens et aux Romains, un exposé de la foi chrétienne

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fait ex professo.S. Paul écrit à propos de circonstances particulières et ne traite que certains points déterminés. Il ne touche qu’en passant au reste et c’est seulement par des allusions éparses que nous parvenons à nous faire une idée de l’ensemble. Il y a des questions de la plus haute importance que l’apôtre n’a pas l’occasion d’effleurer et qu’on pressent. Ainsi, il est clair que le simple énoncé de la filiation divine de Jésus- Christ sous-entend une conception tout à fait nouvelle de Dieu et ajoute quelque chose à la notion de son unité, qui apparaît surtout dans les livres sacrés des

Juifs. — En outre, l'Esprit de Dieu qui se communique aux Chrétiens ne peut s’entendre seulement d’une | influence divine; ce terme paraît désigner quelque chose de plus. L'Esprit Saint est nommé en même temps que le Fils et mis sur le même rang que lui:

(1) I Cor., x1, 23-26. ; (2) Gal., mu, 55 av, 6; = T Cor, 1 9-14; 101, 1066 1, 10 5H, 405 xu, 3-13; — Il Cor., v, 5; xin, 13; — Rom., v, 5; va, 9-11.

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ik « Que la grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ, et la charité de Dieu, et la communication du Saint Esprit soit avec vous tous, » dit l’'apôtre en terminant la deuxième épître aux Corinthiens(r). On ne peut dou- LA ter que les disciples du Christ n’eussent sur la divinité “ une théorie spéciale qui n’est pas développée ic.

5 De même la fraction du pain et la consécration du calice entraînent l’organisation d’un ministère

dont il n’est point parlé et qui existait nécessairement. C'était l’apôtre qui commençait à le remplir

seul dans les églises qu’il avait fondées ; mais, en son absence, ce pouvoir devait être réservé à des délégués choisis; car rien ne laisse supposer que chaque fidèle individuellement eût licence de reproduire l’acte mystérieux que fit le Seigneur à la fin du repas qui précéda sa mort, | :

Enfin, la condition qu’impose S. Paul aux Chrétiens de ne participer à ce banquet sacré que purs de tout péché implique un moyen d’obtenir la rémission des fautes commises. Autrement, la plupart d’entr’eux auraient été exposés à se trouver à tout jamais exclus de la table des fidèles, puisque, dès le premier man- quement grave, ils devaient s’en abstenir d'eux-mêmes, sous peine de répondre devant Dieu de la profanation du corps et du sang du Christ (2). Qui peut en effet être assuré de ne point faillir? Les épîtres aux Corinthiens nous prouvent cependant qu’il n’en était pas ainsi. Il y est question d’un fidèle qui a commis un crime, qui s’en est repenti et qui est rentré en grâce (3).

(1) IL Gor., x, 13, ù (2) ÉCor., xt, 28; 29. s (3) II Cor.,u, 7-10.

Comment ? C’est ce que l’apôtre ne dit pas ; mais on doit forcément en conclure que l'Église pouvait admettre de nouveau à la communion le frère pécheur qui avait mérité d’en être privé (1).

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