‹ Authenticité et date des livres du Nouveau TestamentChapitre 22 sur 85 · ORGANISATION ET DISCIPLINE DES ÉGLISES D'APRÈS CES ÉPÎTRES · texte numérisé non relu

ORGANISATION ET DISCIPLINE DES ÉGLISES D'APRÈS CES ÉPÎTRES

Je reprends l'étude des « quatre courts morceaux » dont parle M. Havet, et je vais essayer d’en extraire quelques notions sur l’état de la société chrétienne à l’époque où S. Paul écrivait, c’est à-dire au milieu du premier siècle (années 5/4 à 58) et sur la personne même de l’apôtre. La doctrine nouvelle avait sa racine dans la religion juive et elle est présentée dans les épitres qui nous occupent comme l'épanouissement et la perfection de celle-ci. Le salut par elle est offert d’abord aux Israélites, puis aux autres peuples après eux (2). On a vu plus haut l’exposé des difficultés qui s'étaient élevées dans l’Église à propos de la conversion des Gentils et de la place à faire dans le christianisme aux prescriptions de la loi hébraïque. S. Paul ne dit nulle part que les Juifs devenus chrétiens doivent se considérer comme exemptés des formalités rituelles qu’elle prescrit; mais il en dispense catégoriquement les Gentils. Il se borne à leur recommander de s'abstenir de toute viande consacrée aux idoles. Du mosaïsme, il ne retient pour eux qu’une chose : la loi . morale. S'il ne se prononce pas sur les obligations que les Israélites de naissance conservent après leur bap-

(1) Je mentionnerai seulement ici pour mémoire le baptême pour les morts, qui pouvait être une œuvre satisfactoire en faveur des âmes des trépassés. On manque de renseignements précis sur ce point. I Cor, XV, 29. a

(>) Rom., 1, 16.

on 4) ge Le nu

tême envers la religion dans laquelle ils ont été primitivement élevés, on sent que, dans sa pensée, elles. devront un jour être supprimées et que ce qui caractérise le Juif disparaîtra. C’est ce qu’il faut conclure de

la comparaison qu’il établit entre le mosaïsme et le

christianisme, d’une part, et les deux fils d'Abraham, de l’autre. De même que l'enfant de Sarah a supplanté celui d’Agar, de même le Nouveau Testament remplacera l'Ancien (1).

La tête de la religion nouvelle est le Christ. L'Église en est le corps et tous les fidèles en sont partie intégrante (2). L’apôtre n’a pas, dans ses lettres aux Galates, aux Corinthiens et aux Romains, l’occasion de parler avec détail de l’organisation de cette société spirituelle. On voit pourtant que, au sommet, il y avait un collège composé d’un petit nombre de membres et qui existait au moment de la mort de Jésus, car S. Paul dit que, après sa résurrection, le Sauveur apparut aux « Onze (3) ». Aïlleurs, il les appelle les « grands . apôtres (4) ». Illeur fut lui-même affilié : « Je suis le plus petit des apôtres, » dit-il(5). Cependant s’ilse met par modestie au dernier rang, il déclare que son autorité est égale à la leur(6). De ces apôtresil en nomme trois qu'il qualifie de « colonnes de l’Église (7) » : Jacques qui avait avec Jésus un lien de parenté char-

-(1) Gal., 1v, 22-31.

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