‹ Authenticité et date des livres du Nouveau TestamentChapitre 23 sur 85 · ROM RU 4 D · texte numérisé non relu

ROM RU 4 D

(AY L'O0PS-XY, 53 (4) I Cor., x1, 5.

Co} ECor. FAT, 9:

(ON IL COR RT I IXe (7) Gal., 11, 9.

nelle (1), Pierre et Jean. Parmi eux, Pierre semble avoir une place à part et prépondérante. Lorsque, trois ans après sa conversion, Paul veut entrer en relations avec les autorités de l’Église, c’est Pierre qu’il pense à voir el qu'il nomme seul : « Je vins à Jérusalem pour voir Pierre et je demeurai auprès de lui quinze jours (2). »

Plus tard, quand il se retrouve à Jérusalem avec plusieurs des apôtres, 1l reconnaît encore à Pierre la supériorité (3). Comment s’exerçait-elle? C’est ce qu'il n'indique nulle part. Nous constaterons plus loin, en parlant de S. Paul, qu’il parcourut la Syrie, l’Asie- Mineure, la Macédoine, la Grèce pour prêcher l’évangile. S. Pierre faisait de même, car S. Paul signale sa présence à Antioche (4) et à Corinthe(5).Jacques paraît fixé à Jérusalem dans un milieu exclusivement juif. S. Paul parle avec une grande vénération de cette église de Jérusalem et il appelle ses membres : « les Saints (6). » II fait des quêtes pour elle dans les églises qu’il a fondées (7), mais il n’indique point qu’elle exerçât une autorité supérieure dans la société chrétienne. On ne voit là rien de semblable aux liens qui rattachaient au temple et à son grandprêtre les Juifs de tout l'univers. Pas un mot, dans ces épîtres, ne justifie le système imaginé par M. Renan, d’après lequel S. Jacques aurait eu, en qualité de

(3) D'après I Cor., 1x. 5, Jacques n’était pas le seul qui eût ce priyilège "5,

(23 Gal, Tr as:

(5)4A)Cor, 1; 12 51,92.

(6) — xvi, 1.

(D H'Cor an, 14e Il Cor., vin, 2-7, 10 14, 19; 20; IX, 2-7.

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chef de l’Église mère, une sorte de suprématie. À l’égard des fidèles, S. Paul parle et agit comme ayant autorité ; c’est en vertu d’une délégation divine qu'il leur distribue ses enseignements et qu'il leur trace des règles de conduite (r). Aun moment donné, il a un collègue dans l’apostolat, Barnabé, qu’il place, dans l’épitre aux Galates, sur le même rang que lui (2). Dans les épîtres aux Corinthiens (3), il se montre accompagné d’auxiliaires d’un ordre inférieur auxquels il donne des missions.

Les quatre épîtres dont il est question ici nous fournissent de précieux détails sur la vie intime des églises chrétiennes à leur berceau. Les fidèles se réunissaient pour prier ensemble, pour entendre expliquer les Écritures, pour manger en commun, pour participer au pain et au vin consacrés. Il semble que tous les frères aient eu le droit de prendre successivement la parole dans ces assemblées (4), les femmes exceptées. Elles y assistaient voilées, tandis que les hommes avaient la tête découverte (5). Les femmes ne sont cependant pas exclues de toute coopération à l’œuvre des apôtres. Ceux-ci sont suivis dans leurs pérégrinations parune compagne qui les assiste, comme ferait une sœur, mulierem sororem circumducendi (6). I

(OM Gor"E

(2) Gal., x, 9.

(3) u,1;— I Cor., xvi, 10. — Il Cor., 11, 19 ; vu, 6; vin, 18, 23; xu, 18. — Je ne tire aucune indication du chapitre xv1 de l’épître aux Romains sur lequel on a élevé: des doutes, injustifiés d’ailleurs.

(4) Gal., nu, 12; — I Cor., x1, xu, x1v. — Je ne dis rien des exercices que M. Renan appelle glossolalie et qui, suivant les théologiens, se rapportent au: don des langues. Bien que $S. Paul en parle assez longuement, on n’en conçoit pas une idée très nette.

(5) I Cor., x1, 4-16; xiv, 34, 35. pe

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n’est pas téméraire d’en conclure que les femmes exerçaient dans l’Église un ministère de charité.

S. Paul prêche aux fidèles Le culte de toutes les vertus ; la perfection morale doit être le but de leurs efforts. Il ne leur suffira pas d’accomplir envers le prochain la justice; — l’aumône, le pardon des injures le dévouement patient, prévenant et affectueux sont des devoirs (1). Il leur recommande la chasteté, sans les astreindre toutefois au célibat et sans les détourner du mariage, s’ils se sentent incapables de supporter la continence. Les conseils qu’il leur donne à ce sujet sont un modèle de sagesse et de mesure. En toutes choses d’ailleurs, il veut que le chrétien apporte un esprit de prudence et de modération. S'il préfère le célibat parce qu’il laisse plus de liberté pour vaquer au service de Dieu, ce n’est pas qu’il méprise le mariage : le mariage est à ses yeux un état saint, quand on en pratique fidèlement les devoirs (2).

Ainsi, la religion qu’annonce l’apôtre ne détruit pas l’ordre de la nature : elle le spiritualise et le grandit. De même, elle ne change pas celui de la société : elle laisse chacun à son rang, dans sa nationalité, dans sa classe, dans sa profession, riche ou pauvre, maître ou serviteur, libre ou esclave (3). Elle respecte les pouvoirs établis et commande aux fidèles de leur obéir (4). Elle ne leur permet pas la révolte quand on les persécute; aux outrages et aux tourments ils

(1) Gal., \a, 13, rh, 16:99; 23 VI, 4,2, 0; 10. —1"Cor., 4, 00 ui, 17% x, 5, 13, xIV, 405 xv1, 14; — Il Cor. ivi, 16; vu, 1, 1x, 8; 11,:18 591, 8x, 1, 7, 115" ROM., I, Tran 0: V1, /19,:10, 18-20, XII; XII, 8-10; XIV, 17, 19.

(2) I Cor., var.

(3) — vu, 21-23; xn1, 13.

(4) Rom., x, 1-7.

ne doivent opposer que la patience et la prière (1). Qu'importe la souffrance en cette vie d’épreuves (2)? L’espérance du chrétien est au ciel. La pensée du supplice que le Fils de Dieu à subi sur la croix pour la rédemption de l’humanité est là pour le réconforter et lui adoucir toute amertume (3). Jésus crucifié par amour pour les hommes, c’est toute la religion de S. Paul, dont l’amour est le dernier mot (4), amour qui de Dieu descend à la créature, qui de la créature remonte à Dieu et qui unit entre eux tous les hommes

en Jésus-Christ (5), plenitudo leqis dilectio (6).

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