LA PERSONNE DE L'APÔTRE
Quant à la personne de l'apôtre, nous savons déjà, par le récit de sa conversion que nous avons reproduit plus haut, qu’il était de la race d'Abraham, de la tribu de Benjamin, qu'il avait été l'adversaire de Jésus- Christ avant d’en devenir le fervent disciple; qu’il avait annoncé l’évangile pendant trois ans dans le Hauran et que là il avait été l’objet de la haine de ses anciens coreligionnaires, auxquels il n’avait échappé qu’en se faisant descendre dans une corbeille du haut des murailles de Damas. C'est alors seulement qu’il était entré, à Jérusalem, en relation avec les apôtres. Il s'était ensuite retiré en Syrie et en Cilicie. Quatorze ans après, c’est-à-dire vers l’an 52, il se trouvait à Antioche où éclata la querelle de la circoncision qui
(1) Rom., x11, 14.
(2) IT Cor., 1v, 173 x1, 19, 20 ; — Rom., v, 3; vin, 18; x11, 12.
(3) Gal., u, 19.
(4) 1 Cor., À, 25-XVr, 99;
(5) Gal,, un, 20; — I Cor., xu, 27; x; xvi, 24 3 — II Cor., v,
14; — Rom., v, 5, 8; vin, 34-39.
(6) Rom., xim, 10.
le fit retourner à Jérusalem. Il revint alors à Antioche.
Nous avons dit qu’il écrivit successivement, entre les années 54 et 58, aux Galates, aux Corinthiens et aux Romains. Il résulte de ces lettres, qu’il avait évangélisé l'Asie Mineure et tous les pays riverains de la Méditerranée jusqu’à l’Illyrie, à une époque qu'il
n'indique pas, mais qui paraît antérieure à l’année 51.
En terminant l’épître aux Romains qu'il écrit de Corinthe, il annonce l’intention de se rendre de nouveau à Jérusalem et de porter ensuite l’évangile dans l’Espagne en passant par Rome (r).
Il accomplit ces voyages au milieu de persécutions, de fatigues et de dangers de toutes sortes, plusieurs fois emprisonné, fouetté cinq fois par les Juifs, trois fois
déchiré de verges sur l’ordre des autorités romaines,
lapidé une fois, naufragé trois fois, exposé à périr sur les fleuves, dans les déserts, sur la mer, en butte aux attaques des voleurs dans ses pérégrinations, aux excès des séditieux dans les villes, aux embüûches des Juifs, aux violences des Gentils, aux trahisons des faux frères, dans le travail et les soucis, les veilles, la faim, la soif, les jeûnes, le froid et le dénuement, sans compter une perpétuelle sollicitude pour les églises qu'il a fondées (2). Et pourquoi supporte-t-il un poids si lourd pour des épaules humaines ? Est-ce pour la gloire? Est-ce pour la richesse? Est-ce pour la jouissance? Non, on a beau disséquer ses discours,
(1) Rom., xv, 19, 24, 28. — Je ne m’arrête pas à discuter l’opinion qui refuse l'authenticité aux chapitres x1v, xv et xvi1 de l’épitreaux Romains. M, Renan l’admet, en faisant d'assez subtiles observations sur les salutations de la fin. Je ne me suis point d’ailleurs servi de ces chapitres dans l’exposé doctrinal qui précède. Je n’en extrais que la men-
tion du voyage en Illyrie et du projet d'aller en Espagne. (2) I Cor., x1, 24-31.
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