RP PNR ES APS PRET ON PES DE DR
scruter les desseins qu'il laisse entrevoir, on n’y trouve rien que le désir de remplir, fût-ce au prix de toutes les souffrances et de l’anéantissement même de
son être (1), la mission qu’il a reçue du Christ pour
la gloire de Dieu et le salut des hommes. Son désin-. téressement est tel que, tout en affirmant que l’Église a le devoir de subvenir aux besoins de l’apôtre, il ne veut pas être à charge aux fidèles et il travaille de ses mains pour gagner sa vie (2).
Quelest donc l’état d'esprit de cet homme extraordinaire ? « Les Juifs, dit-il dans la première lettre aux Corinthiens, demandent des miracles, les Grecs recherchent la sagesse; quant à nous, nous prêchons le Christ crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les Gentils (3). » S. Paul connaît la philosophie des Grecs et il ne repousse point les Iumières de la raison. Elle est capable de nous élever à la notion de Dieu et.de nous éclairer sur nos devoirs (4). Il ne nie pas davantage da liberté humaine ni l’action de notre volonté. Seulement celle-ci est impuissante, et il dit, comme le poète païen : « je ne fais pas le bien que je veux, et Je fais le mal que je ne veux pas (5). » Nous avons remarqué plus haut combien les conseils qu’il donne aux fidèles, pour leur conduite dans la famille et la société, sont sages, modérés, pratiques. Ils émanent certainement d’un esprit droit, judicieux et qui a l'expérience de la vie.
Mais S. Paul ne s’en tient pas à la sagesse, à la
{1)} Cor, xv, 31; —:Rom.;1x,' à, CT COS AT ta ET ES
(4) Rom., 1, 18-32.
(5) — vu, 19-23.
puissance humaines ni à l'ordre de la nature. Il admet lintervention directe de la divinité dans le monde par des révélations et des miracles.Et pour lui, il n’y a pas là seulement une question de croyance, c’est un fait: des révélations, il en a eului-même (1); et des miracles, ilen a accompli (2). Jésus ressuscité, ill’a vu de ses yeux, il l’a entendu, il lui a parlé (3). II a reçu des ordres directs de Dieu (4). Il a été, dans l’extase, ravi jusqu’au ciel et il y a entendu des paroles mystérieuses qu'il n’est pas permis à l’homme de répéter (5).
Ce n’est cependant ni dans ces visions ni dans ces miracles qu’il met la perfection de la religion; c’est, je le répète, uniquement dans Îa foi à Jésus, Fils de Dieu, mort sur un gibet pour nous sauver (6). Cet abaissement de la divinité, ce sacrifice volontaire, cette charité infinie, voilà ce qui le transporte, l'enflamme, ce qui fait sa force, son espoir, sa joie. Le fond du cœur de S. Paul comme de sa doctrine, c’est l’amour de Jésus crucifié, un amour ardent, sans bornes, sans mesure (7).