LA CROIX
Avant d'examiner ce que l’on doit lirer de ces constatations pour le sujet traité ici, qu’on me permette encore deux remarqués. Quand j'ai vu que, au début de ses études sur les origines du christianisme, M. Havet prenait soin de rechercher quels étaient les textes authentiques, incontestés, datés et rédigés par un écrivain de l’époque apostolique digne de faire autorité, j'ai espéré qu’il allait enfin nous tirer
des hypothèses, des systèmes, des subtilités, des rêveries de l’exégèse allemande, s’établir sur un terrain solide et renouveler la discussion par une méthode véritablement scientifique, en procédant du connu à l'inconnu, du certain à l’incertain. Ce n’est malheureusement pas la marche qu’a suivie M. Havet : son livre est un composé de suppositions, tout comme les travaux germaniques, avec des négations plus nombreuses et plus radicales.
Il semble même, et c’est ma seconde observation, que, tout en proclamant la valeur des épîtres aux Galates, aux Corinthiens et aux Romains, il ait jugé inutile de les étudier avec attention; car s’il les avait lues, se serait-il arrêté à démontrer par de savants arguments que le Christ avait dû être lapidé? C'est une simple question de fait, sur laquelle S. Paul ne laisse aucun doute : à Damas, à Antioche, devant des Juifs qui étaient en continuelles relations avec Jérusalem et qui pouvaient contrôler son dire, il affirme que Jésus a été crucifié; il le répète aux Galates et aux Corinthiens jusqu’à onge fois (1).