‹ Authenticité et date des livres du Nouveau TestamentChapitre 36 sur 85 · PARTIE SURNATURELLE DES ACTES DES APÔTRES · texte numérisé non relu

PARTIE SURNATURELLE DES ACTES DES APÔTRES

Les Actes prennent le récit au point où l'Évangile s’est arrêté et nous montrent la réalisation de la pro messe de Jésus-Christ par la descente de l'Esprit Saint (2). Nous nous trouvons de nouveau ici en pré-

sence de l’objection faite par M. Renan contre la valeur historique des premiers chapitres des Actes des apô- tres. La venue du Saint Esprit est, selon lui, accom- .. pagnée ét suivie de miracles qui doivent enlever toute

croyance à la relation deS. Luc. Entendons-nous sur ce point une dernière fois : autre chose est d'accepter comme vraie toute cette première partie de l’histoire de

l'Église, et autre chose de constater si, réelle ou sup-

" . (1) Luc, xxiv, 50, 51.

Re: bris). AGE, 1,

posée, elle a pu être racontée ainsi avant l’année 63. M. Renan s’appuie sur le caractère légendaire du récit pour reporter sa date après l’an 70. Mais, si on le juge en tenant compte des quatre épîtres de S. Paul que nous avons analysées, on sera d’un avis différent. Dans ces lettres en effet, il est sans cesse question du Saint Esprit et de son action toute puissante, et il se produit encore sous les yeux de l'apôtre des phénomènes ayant de l’analogie avec le miracle des langues (1). Et quant aux prodiges attribués aux personnages apostoliques, ils sont du même ordre que

ceux qui sont cités dans l’Zvangile et, que nous les

acceplions ou non, rien ne s'oppose à ce que du temps de S. Paul on ait raconté des faits semblables. Ses propres écrits détruisent d'avance toutes les diffi-

cultés qu’on serait tenté d'élever à ce sujet. N’af-.

firme-t-il pas(qu’il soit ou non de bonne foi, peu importe) qu’il fait lui-même des miracles (2) ?

Les premiers chapitres des Acles mettent surtout en scène S. Pierre, auquel ils attribuent une situation prépondérante dans l'Église (3). Déjà, l’Ævangile de S. Luc lui faisait parmi les apôtres une place à

part (4). I en est de même dans les épiîtres de S.

Paul que nous avons précédemment étudiées. Dans la

lettre aux Galates, il raconte que c’était pour voir Pierre qu’il s'était rendu à Jérusalem, trois ans après

sa conversion. Il ajoute qu’il à fait avec Pierre le partage du monde, laissant à celui-ci les fidèles de la circoncision et prenant pour lui-même les Chrétiens de

1) I Cor, XIV.

2) Rom., xv, 18, 193 — Il Cor., x, 12.

3) Act., 1,15:92 $ 11, 14-395 LI, IV; V,-etc:

4) Luc, 1x, 18-20, 33 ; XU, 41; XVIN, 28; XXIV, 12.

la gentilité (1) ct, pour démontrer que son autorité est égale à celle des Douze, il ne trouve pas de meilleure preuve à alléguer que l’audace qu’il a eue de tenir tête à Pierre même (2).

On le voit: tout concorde, dans l’ouvrage de S.

Luc et dans les écrits de S. Paul. Ceux-ci sousentendent une série de faits et d'enseignements que nous trouvons exposés dans le premier. La lecture des épiîtres conduisait à cette conclusion que, au moment où l'apôtre écrivait, il se transmettait dans l’Église une forme de doctrine et une notion du fondateur de la religion nouvelle assez déterminées pour

que les apôtres pussent constater qu'ils avaient le même évangile (3). Nous avons l'expression de l’une et de l’autre dans les deux livres de $S. Luc, et cette expression est contemporaine de $S. Paul, dont elle reflète toutes les idées.

ct PROPHÉTIE DE LA DESTRUCTION DE LA VILLE ET DU er TEMPLE

. Une seule réserve, disions-nous en commençant cette étude, pourrait être faite par les incrédules sur un point de détail : nous voulions parler de la pro- -phétie relative à la destruction de Jérusalem (4) et du temple (5); elle est formulée dans l'Évangile et dans les Actes.

S. Luc relate plusieurs prédictions : les unes ont eu leur accomplissement avant la ‘mort du Christ (6);

(1) Gal., 1, 185 NH, 7-9.

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