‹ Authenticité et date des livres du Nouveau TestamentChapitre 56 sur 85 · XIX · texte numérisé non relu

XIX

(19) — xxin, 5-12.

(20) — xxrtr, 28-37.

(21) — xxun1, 39-43.

SAINT PIERRE | otO)

sépulcre (1) et l’apparition du Sauveur ressuscité à cet apôtre (2). Ce sont les lacunes principales ; on en pourrait relever d’autres moins importantes et noter des différences dans les détails.

En revanche, S. Marc fournit sur les faits, les. personnes et les lieux quelques renseignements brefs, mais précis, qui manquent dans S. Luc, et il relate certains événements dont ce dernier ne nous donne pas connaissance : la décollation de Jean (3), le miracle de Jésus marchant sur la mer (4), la multiplication des sept pains (5), la guérison à Bethsaïde d’un aveugle par l’imposition des mains (6), la demande de Jacques et de Jean d’être assis dans le royaume de Dieu à droite et à gauche de Jésus (7), la parabole du figuier sans fruits (8), le festin de Béthanie (9), l'ap- -parition du Christ ressuscité à Madeleine (10). Mais ces additions, pas plus que les lacunes signalées plus haut, ne changent le caractère du récit, ni ne permettent de concevoir le personnage de Jésus autrement que nous ne l’avions compris d’après S. Luc.

Si lon voulait tirer de l'Évangile du disciple de S. Pierre une biographie purement humaine du Christ, elle ne différerait en rien de celle que nous avons extraite plus haut de l'Évangile du compagnon de S. Paul. Il en serait de même pour la partie surnatu-

FR DnCi- XXIT, 12.

- (2) — xx1v, 34.

(3) Marc, vi, 17-29.

(4) — vi, 45-52.

(5) — vi, 1-9.

(6) — virr, 22-26.

(9) — xvi, 1-9.

(10) — xVI, 9-11.

relle du livre de S. Marc. Jésus y est présenté comme le Sauveur des hommes : il les délivre de l’obsession du démon, leur rend la vue, l’ouïe, le mouvement, la santé; il leur remet leurs péchés. Sa divinité y est également mise en fumière. Si l'on n’y trouve pas citées ces paroles rapportées par S. Luc: € Tout m'a été livré par mon Père,et personne ne sait quel est le Fils sinon le Père, ni quel est le Père sinon le Fils, » on y relève plusieurs fois l’affirmation que le Christ est le Fils de Dieu ({r), le maître du sabbat (2). Pour S. Marc comme pour $S. Luc, il est le Messie annoncé par les prophètes. C’est la même puissance, le même abaissement, la même volonté de gagner le

cœur de l’homme par la foi et l’amour, le même refus

de l’éblouir et de le terrifier par des prodiges éclatants ; c’est la même mort sur la croix, mort volontaire, prédite à l'avance, subie pour le salut des hommes, et si ses ennemis le condamnent au dernier supplice, c’est parce qu'il s’est dit le Fils de Dieu (3). | Ainsi, le récit que, dans la clientèle de l’apôtre de la circoncis'on, on faisait de la vie et de la mort du fondateur du christianisme ne différait pas du tableau qu'on en traçait dans celle de l’apôtre de la gentilité.

Il émanait, comme l’enseignement dogmatique, d’une même inspiration, et l’observateur indépendant et.

impartial qui, au premier siècle, aurait voulu, d’après les documents, se rendre compte de la religion nou-

velle, n'aurait pu noter la moindre divergence entre

Pévangile de S. Pierre et l’'évangile de S. Paul (4).

(iYMarc erreur, 7122 1x, #0 xiv- Gr, 02;

(4) J'emploie ici le mot d'évangile dans le sens où l’entendait l’auteur de l'épître aux Galates, c’est-à-dire d'enseignement d’un ensemble de faits et de doctrines.

Page 1