‹ Authenticité et date des livres du Nouveau TestamentChapitre 65 sur 85 · CONSÉ QUENCES DE L'ADOPTION DE LA DATE INDIQUÉE PAR M. RENAN · texte numérisé non relu

CONSÉ QUENCES DE L'ADOPTION DE LA DATE INDIQUÉE PAR M. RENAN

Nous avons déjà remarqué, en étudiant les épi-

(1) Apoc., 1, 6

(2) — n, ut

(5) — xxn, 12, 13.

(7) — xx, 11-16.

tres à Titus et à Timothée, que la fixation à l’année 69 de la date de lApocalypse ruinait de fond en comble toute la théorie protestante sur la hiérarchie sacerdotale. Il est évident que l’on ne peut plus dire que celle-ci n’est pas d’origine apostolique, puisque S. Jean en parle comme d’une institution existante au moment où, d’après M. Rénan, il écrivait, c’est-à-dire avant la chute de Jérusalem. Tout le système de la formation de la prétendue légende de Jésus tombe de même. On se rappelle que M. Renan affirme, avec les nouveaux exégètes, que la divinité du Christ et son rôle surnaturel n’ont été imaginés qu'après coup et que c’est seulement dans les années qui suivirent la destruction de la ville sainte que les évangiles ont pu être rédigés. Nous avons vu que ces docteurs repoussaient une partie des épîtres de S. Paul uniquement parce que Jésus- Christ y était représenté cumme le Fils de Dieu, vivant dans la gloire de son Père, dominateur de lunivers, à la création et au gouvernement duquel il participait. Il était impossible, suivant eux, qu’un pareil tableau eût pu être tracé entre l’année 50 et l’année 65. Mais, dans lApocalypse, écrite, si l’on en croit M. Renan, quatre ans. après, voici que le Christ nous apparaît sous des traits sinon plus sublimes, du moins plus saisissants et plus merveilleux encore. Cest une figure qui n’a plus rien que de surnaturel et de divin, c’est le Verbe de Dieu, vivant et agissant dans le ciel après sa résurrection, possédant la plénitude de la toute-puissance de Dieu, présidant aux destinées du monde, maître de l'éternité. Il en résulte que toutes les objections accu-

mulées contre l’authenticité des épîtres aux Thessaloniciens, aux Colossiens, aux Philippiens, aux Éphésiens s’évanouissent. Ou bien lApocalypse est postérieure à la destruction de Jérusalem, ou bien tous ces écrits sont antérieurs à l’an 70. Si nous nous proposions seulement de démontrer que l’ensemble des ouvrages attribués aux apôtres Pierre, Paul, Jacques et Jude a réellement été composé par eux moins de quarante ans après la mort de Jésus, nous trouverions dans la nouvelle théorie de M. Renan un argument absolument concluant en faveur de notre thèse.

Mais nous ne pensons pas à faire prévaloir un système, nous ne cherchons que la vérité; et pour être sincère, nous devons avouer que lopinion de M. Renan, toute séduisante qu’elle soit, est loin d’être fondée. :

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