‹ Authenticité et date des livres du Nouveau TestamentChapitre 67 sur 85 · MOTIFS TIRÉS DES ALLUSIONS À JÉRUSALEM, AU TEMPLE ET AU CULTE JUIFS · texte numérisé non relu

MOTIFS TIRÉS DES ALLUSIONS À JÉRUSALEM, AU TEMPLE ET AU CULTE JUIFS

Sentant du reste la fragilité de la base sur laquelle il bâtissait son édifice, M. Renan a essayé de l’étayer de quelques appuis plus solides. Il a relevé les nom-

breuses allusions de S. Jean au culte juif etilen a

(1) Apoc., xiu, 1-3.

; É ne ns

AN. te UE fo Drutottf dant. doter

7 gù

LV; 1 # "A i + 4 T r ‘£ LAN A Saeé : LEA sr” : à a AR Cl Fe Pre AN ré” = + SET TER: ENS A Lea. DA RAT psc dde à J St TE re TT PT AMD NS D OM NE A PRO ASE SO TE NA RE VER LR LUE APP OT PORN AT PE à

conclu que le temple était encore debout au moment de la vision de l’apôtre.

S. Jean, à la vérité, nous montre un autel dressé dans le ciel (1); mais cet autel n’est desservi ni par des prêtres juifs ni par des lévites, et l’on n’y offre point le sacrifice mosaïque. Près de lui, se trouve seulement l’agneau, immolé et pourtant debout, symbole du Christ mort et ressuscité. C’est la mise en action de cette parole de l’épître aux Hébreux: « Nous autres Chrétiens, nous avons un autel auquel ne participent point ceux qui servent le tabernacle. » La présence de l’arche d’alliance dans le ciel (2) ne peut être invoquée comme un argument en faveur de existence du temple, puisqu'elle était perdue depuis la destruction de l'édifice de Salomon et qu’elle manquait dans le nouveau sanctuaire. Et quant à l’ordre donné par Dieu à $S. Jean : « Lève-toi et mesure le temple (3), » il est la reproduction d’un passage d’Ézéchiel auquel Dieu avait parlé de même (4). Or pour Ézéchiel, il ne s’agissait pas de mesurer en réalité le temple qui venait d’être détruit ; le prophète avait en vue le temple futur. C’est de même pour S. Jean une action symbolique qui se passe en esprit et dont on ne saurait conclure que le monument bâtx par Hérode subsistait à l'heure où l’apôtre écrivait.

M. Renan affecte de croire que la Jérusalem céleste, décrite dans les deux derniers chapitres de lApocalypse (5), représente l’apothéose de la cité, dela nation,

(1) Apoc., vis 9 ; viu, 3-5.

(2) — xL, 19.

(3) — xt, 1, 2.

(4) Esech., x1, xu.

(5) Apoc., xx1, xxu.

de l'idéal juifs. Singulier triomphe où tout ce qui fai-

sait le propre du Juif a disparu, où l’on ne retrouve ni

son temple, ni son sacerdoce, ni sa loi, auquel toutes les Nations prennent part au même titre que lui, sans se soumettre à aucune des conditions exigées par le

formalisme mosaïque ; il leur a suffi d’être marquées

du sang de l’agneau. Mais n’est-ce pas la doctrine même de S. Paul? Et ne reconnaît-on point dans la Jérusalem céleste de S. Jean celle dont parlait Pépiître aux Hébreux en ces termes : « Nous n'avons pas ici de cité permanente, nous cherchons une cité fu-

ture (x). » {lla quae sursum est Jerusalem, dit la let-.

tre aux Galates(2). Les nouveaux exégètes parlent à

tout propos de contradictions, d’oppositions chez les

apôtres. On voit qu’il suffit d'examiner les textes sans

parti pris d’avance pour trouver entre eux et sur tous.

les points l’accord de plus complet. En mêlant ensemble les figures tirées des livres hébreux avec les

images qui expriment les choses de la religion nou-

velle,S. Jean ne fait que traduire en un tableau animé l’idée qui est le fond de tout l’enseignement de l’apôtre des Gentils : l'Ancien Testament est la préparation du

Nouveau, le Nouveau Testament est la consommation de l'Ancien. re

Page 1